Cara De­le­vingne est la muse mo­derne que tous s’ar­rachent

Le Matin Dimanche - - PEOPLE - ANNE-CATHERINE RENAUD

À 26 ans, Cara De­le­vingne in­carne une fé­mi­ni­té en constante mu­ta­tion. Aty­pique avec sa paire de sour­cils brous­sailleux – dont la den­si­té est de­ve­nue l’un des ca­nons de beau­té des an­nées 2010 – sa moue an­gé­lique au ric­tus dia­blo­tin et son look an­dro­gyne, elle est dé­sor­mais l’em­blème de la gé­né­ra­tion mil­len­nials. De­puis qu’elle s’est illus­trée au cinéma dans le space opéra «Valérian et la ci­té des mille pla­nètes», de Luc Bes­son, on ju­re­rait qu’elle est in­ter­stel­laire! Cette fille-là vient d’ailleurs.

Contre vents et cli­chés

Sa beau­té a quelque chose d’incontrôlable, de mou­vant. Che­veux ra­sés, courts ou longs, d’un blond ca­mé­léon, par­fois tres­sés en half-mo­hawk, elle a joué avec les normes de la fé­mi­ni­té. C’est son vi­sage, ovale de ché­ru­bin, illu­mi­né par des yeux de chat vert cé­la­don, dont chaque paillette est une énigme, qui est une source d’ins­pi­ra­tion pour les pho­to­graphes de mode, les mar­chands de beau­té, la culture pop et les réa­li­sa­teurs de cinéma. C’est sûr, il y a un «mys­tère Cara».

Dé­cou­verte à l’âge de 15 ans par la fon­da­trice de l’agence de man­ne­quins lon­do­nienne Storm, Sa­rah Dou­kas, Miss De­le­vingne ne res­semble à per­sonne. De ses ra­cines aris­to­crates – elle a été éle­vée dans les quar­tiers co­quets de Bel­gra­via, à Londres – elle al­lie un port al­tier à une dé­marche non­cha­lante de bad boy qu’elle as­sume to­ta­le­ment. Elle se dé­fi­nit el­le­même comme un «gar­çon man­qué», s’af­fi­chant sou­vent en de­hors des dé­fi­lés en to­tal look sportswear, bas­kets aux pieds et ca­pu­chon sur la tête.

On ne peut pas l’en­fer­mer dans des cli­chés: elle leur tord le cou. «Je vois Cara de fa­çon plu­rielle, il est im­pos­sible de la mettre dans une cage», confie son ami, le mu­si­cien et sty­liste Phar­rell Williams, au ma­ga­zine «Ma­dame Fi­ga­ro». «Dans un clip, à l’écran ou sur un cat­walk, elle a cette ca­pa­ci­té de plon­ger dans un per­son­nage dif­fé­rent à chaque fois», af­firme-t-il. D’où sa car­rière très éclec­tique. Quand, en 2015, elle dé­cide de s’éloi­gner des po­diums, ju­geant le monde de la mode trop «ca­pri­cieux», et se confie dans un ro­man «Mir­ror, mir­ror» où elle dé­cor­tique les an­goisses ado­les­centes, elle s’es­saie avec suc­cès au cinéma. Là aus­si, celle qui a pris des cours de théâtre quand elle n’était qu’une en­fant ne joue pas les po­tiches: d’un double rôle de si­rènes ju­melles dans le fée­rique

«Pan», elle passe al­lè­gre­ment à ce­lui d’une sor­cière en­chan­te­resse dans «Sui­cide Squad», puis de­vient agente spa­tio-tem­po­relle dans «Valérian».

Même si elle est de plus en plus de­man­dée sur tous les écrans – elle in­ter­prète une fée dans la sé­rie «Car­ni­val Row» pour Ama­zon – Cara n’a pas dé­lais­sé le cat­walk. Le 21 fé­vrier, deux jours après la mort de son cher Karl La­ger­feld, elle dé­fi­lait pour Pra­da à la Fa­shion Week à Milan. De­puis 2017, elle a conquis la mai­son de haute cou­ture Dior avec sa beau­té mo­derne. Cette an­née, la voi­là donc nou­velle égé­rie de sa pa­lette de rouges à lèvres, d’un car­min à la fois sensuel et in­so­lent.

Sexuel­le­ment fluide et sans ta­bou

En fille bien an­crée dans son temps, Cara De­le­vingne pro­meut la confiance en soi: une self-se­duc­tion, comme elle af­firme dans «Gra­zia». D’ailleurs l’«em­po­we­ring», le fait d’aug­men­ter son pou­voir en tant que femme, est une no­tion qui lui tient à coeur. Pas de doute, la top mo­del in­cen­diaire sait qu’en tant qu’in­fluen­ceuse, sa voix compte double. Et elle ne manque pas d’au­dace pour par­ler sexe. Celle qui sort de­puis mai 2018 avec l’ac­trice Ash­ley Ben­son, héroïne de la sé­rie «Pret­ty Lit­tle Liars», se dé­fi­nit comme «sexuel­le­ment fluide», c’est-à-dire bi. «C’est drôle, je suis très sou­mise avec les hommes, mais avec les femmes, je suis tout le contraire», a-t-elle dé­cla­ré jeu­di der­nier dans le pod­cast «What’s The Tee». «En fait, je suis très bonne pour don­ner de l’amour et pas pour en re­ce­voir. Alors j’aime pro­cu­rer du plai­sir à ma par­te­naire.» Pour elle, les re­la­tions entre les sexes sont pas­sion­nantes: «C’est simple, au­jourd’hui je pré­fère ne plus al­ler en boîte de nuit et avoir des re­la­tions sexuelles.» Cara De­le­vingne est-elle ar­ri­vée à un cer­tain âge de rai­son?

Man­ne­quin, ac­trice, au­teure, icône, in­fluen­ceuse: elle est tout à la fois et ne se re­fuse au­cun dé­fi. Bien­tôt dans une sé­rie sur Ama­zon et nou­velle égé­rie Dior, la pe­tite An­glaise a ga­gné en ma­tu­ri­té.

Ste­phane Car­di­nale/cor­bis/get­ty Images La­ve­nia/get­ty Images

TOURBILLONNANTE Cara De­le­vingne, 26 ans, s’af­firme comme une per­son­na­li­té à part dans le monde de la mode. SON COEUR EST PRIS Cara De­le­vingne est en couple de­puis mai 2018 avec Ash­ley Ben­son (à g.), 29 ans, ac­trice dans la sé­rie «Pret­ty Lit­tle Liars».clau­dio

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