Guerres de clans, plainte pé­nale et peur de nou­velles me­naces agitent en­core la sta­tion

Le Matin Dimanche - - SUISSE - JULIEN WICKY

À Crans-mon­ta­na, un par­king de plus de 200 places au pied des ins­tal­la­tions ap­par­te­nant aux re­mon­tées mé­ca­niques doit être ra­pi­de­ment ré­no­vé. Le mon­tant pré­cis n’est pas connu mais on parle de 5 à 6 mil­lions de francs, et ce se­rait aux col­lec­ti­vi­tés pu­bliques d’avan­cer la somme. Le bruit a suf­fi pour que de nom­breuses per­sonnes voient dé­jà poindre un nou­vel épi­sode du wes­tern qui agite la sta­tion de­puis une an­née et la fer­me­ture in­tem­pes­tive du do­maine.

Phi­lippe Ma­gis­tret­ti, pré­sident des re­mon­tées mé­ca­niques et bras droit du mul­ti­mil­liar­daire tchèque et ac­tion­naire ma­jo­ri­taire Ra­do­van Vi­tek, calme les rumeurs. Il confirme au «Ma­tin Di­manche» avoir écrit une lettre à la Com­mune de Crans-mon­ta­na pour de­man­der que cette der­nière joue le rôle de la banque, faute de liquidités suf­fi­santes. Et ajoute que sans ce coup de pouce, le par­king pour­rait res­ter fermé jus­qu’à ce que les fonds né­ces­saires soient réu­nis puis­qu’il fau­drait que la so­cié­té les pro­vi­sionne. À la com­mune, le pré­sident Nicolas Fé­raud as­sure avoir bien re­çu ce cour­rier mais confie qu’il est à ce stade tou­jours à l’étude, sans da­van­tage de com­men­taires.

Une né­go­cia­tion «nor­male»

Dans la sta­tion, cette de­mande donne lieu à de mul­tiples spé­cu­la­tions sur la san­té fi­nan­cière des re­mon­tées mé­ca­niques et, sur­tout, le spectre de nou­velles me­naces re­fait sur­face. Plu­sieurs per­sonnes nous ont ain­si fait part de leur in­quié­tude. La fer­me­ture des re­mon­tées mé­ca­niques en avril 2018 en rai­son d’un conflit fi­nan­cier avec les au­to­ri­tés lo­cales a vi­si­ble­ment lais­sé des traces. Deux dis­cours se des­sinent. Pour cer­tains, la Com­mune est de­ve­nue trop mé­fiante et ce­la nuit aux re­la­tions. Pour d’autres, les mêmes mé­thodes agres­sives res­sur­gissent.

Mais aux yeux de Phi­lippe Ma­gis­tret­ti, les per­cep­tions sont en­core biai­sées par le pas­sé. «Nous devons al­ler de l’avant. Dans le cas pré­cis, ce n’est parce que je pré­sente deux op­tions qu’il s’agit d’une me­nace. C’est une dis­cus­sion nor­male. Je sais que j’ai pu par­fois être cas­sant ou cli­vant mais j’ai mis de l’eau dans mon vin», nous pro­met-il. On s’en sou­vient, il avait no­tam­ment fait trem­bler une bonne par­tie des ac­teurs tou­ris­tiques de Crans­mon­ta­na cet hi­ver en évo­quant la pos­si­bi­li­té de quit­ter le Ma­gic Pass, cet abon­ne­ment à bas prix com­mun à une tren­taine de sta­tions. Il s’était en­suite ra­vi­sé.

«Je vais t’ar­ra­cher la tête»

Signe tou­te­fois d’un cli­mat pas aus­si se­rein qu’at­ten­du, la ba­taille s’est dé­pla­cée dans le champ de l’im­mo­bi­lier. De­puis qu’une im­por­tante ré­gie de la place a été ra­che­tée par le groupe de Ra­do­van Vi­tek, une di­zaine de co­pro­prié­tés au­raient dé­ci­dé de quit­ter le na­vire pour re­joindre d’autres agences. Se­lon le pro­prié­taire de l’une d’elles, Da­vid Cret­tol, il s’agit d’une crise de confiance. D’après lui, les pro­prié­taires ne vou­draient plus tra­vailler avec le mil­liar­daire tchèque, échau­dés par les mul­tiples af­faires. Dans «Le Nou­vel­liste» qui re­late cet épi­sode, il ex­plique même avoir été pris à par­tie par un em­ployé de Ra­do­van Vi­tek à l’is­sue d’une as­sem­blée. L’homme l’au­rait me­na­cé de vou­loir «lui ar­ra­cher la tête» avant de l’at­tra­per par le cou. Une plainte a été dé­po­sée.

Pour le pré­sident des re­mon­tées mé­ca­niques, cette af­faire a pris une trop grande pro­por­tion. Il re­la­ti­vise l’in­ci­dent et as­sure que l’em­ployé a été pro­vo­qué. Les mau­vaises langues di­ront que du mau­vais wes­tern à la querelle de cour d’école, la li­mite est par­fois té­nue. Plu­sieurs té­moins, dont la di­rec­tion de la ré­gie, nous évoquent en fi­li­grane «une guerre de clans, entre des fa

La confiance peut-elle re­ve­nir du­ra­ble­ment sur le Haut­pla­teau? Tous les ac­teurs tentent de jouer la carte de l’apai­se­ment mais de ré­cents évé­ne­ments in­quiètent.

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