Après avoir tou­ché le fond, So­phie Tur­ner voit la vie en rose

L’ac­trice de «Game of Th­rones» avoue avoir souf­fert de dépression du­rant des an­nées et pen­sé au sui­cide. Au­jourd’hui, son ché­ri, le chan­teur Joe Jo­nas, l’aide à re­mon­ter la pente.

Le Matin Dimanche - - PEOPLE - CHRISTOPHE PINOL [email protected]­ma­tin­di­manche.ch

Qui au­rait pu ima­gi­ner que l’in­ter­prète de San­sa Stark, dans «Game of Th­rones» – femme de pou­voir à la force de ca­rac­tère in­ouïe, qui lui a per­mis de tra­ver­ser des épreuves d’une in­di­cible vio­lence – puisse ca­cher une telle fra­gi­li­té? In­vi­tée sur le pod­cast amé­ri­cain de Dr Phil, «Phil in the Blanks», mar­di der­nier, So­phie Tur­ner y a ré­vé­lé avoir énor­mé­ment souf­fert des com­men­taires hai­neux qui l’ont ac­com­pa­gnée du­rant les tour­nages de la sé­rie, au point d’avoir «sou­vent pen­sé au sui­cide».

Pour­tant, sa car­rière a dé­bu­té comme dans un rêve. À 11 ans, jeune dan­seuse clas­sique pro­met­teuse, So­phie se paie le luxe de re­fu­ser une place dans la pres­ti­gieuse Royal Bal­let School de Londres, pré­fé­rant pri­vi­lé­gier les cours de co­mé­die qu’elle suit en pa­ral­lèle. Une dé­ci­sion qui lui ouvre les portes de «Game of Th­rones», où elle est engagée trois ans plus tard. De 14 à 23 ans, elle gran­dit ain­si sur les pla­teaux de tour­nage de la sé­rie.

C’est à 17 ans, en pleine pu­ber­té, que les choses se gâtent pour l’ac­trice, quand elle com­mence à prendre du poids. «Chaque se­maine, di­sait-elle ré­cem­ment, je li­sais des com­men­taires sur les ré­seaux so­ciaux à pro­pos de mon per­son­nage: «Oh, San­sa a en­core pris 5 ki­los». On a beau lire dix mes­sages po­si­tifs, il suf­fit qu’un soit né­ga­tif pour que tout s’écroule. Il y était ques­tion de mon poids, de ma peau ou de mon manque de ta­lent. Et j’y croyais. Sur le tour­nage, je fai­sais res­ser­rer mon cor­set et j’ai com­men­cé à me sou­cier des angles de ca­mé­ras à cause de mon gros nez. À un mo­ment, je ne pouvais plus être dans le per­son­nage tel­le­ment j’étais concer­née par So­phie. Je fai­sais du moins bon tra­vail.» Au­jourd’hui, elle confie al­ler beau­coup mieux. Par­ti­cu­liè­re­ment de­puis que son che­min a croi­sé ce­lui de Joe Jo­nas, des Jo­nas Bro­thers, qui l’a ai­dée à re­prendre confiance en elle. L’an pas­sé, ils ont an­non­cé leurs fian­çailles et l’on parle de ma­riage.

Comme tous bons mil­len­nials, les deux se sont ren­con­trés sur les ré­seaux so­ciaux, sur Ins­ta­gram, où ils se sui­vaient de­puis un mo­ment. C’est Joe qui a fait le pre­mier pas en lui en­voyant des mots doux. «Mes fans lui écrivent dé­sor­mais des mes­sages me­na­çant du style: «Si ja­mais tu lui fais quelque chose, si tu lui brises le coeur…» Je trouve ça trop mi­gnon!» ra­con­tait la co­mé­dienne, le mois pas­sé, dans la ver­sion an­glaise d’«har­per’s Ba­zaar».

La ren­contre avec «la bonne per­sonne»

À vrai dire, avant de ren­con­trer son cher et tendre, la Bri­tan­nique s’ima­gi­nait ba­ti­fo­ler à gauche et à droite en­core quelques an­nées avant de se ca­ser. «Mais je pense qu’une fois que vous avez ren­con­tré la bonne per­sonne, vous le sa­vez, pré­ci­sai­telle au ma­ga­zine «Rol­ling Stone», il y a quelques se­maines. Je crois avoir vé­cu suf­fi­sam­ment de choses dans ma vie pour sa­voir ce que je veux. J’ai ren­con­tré as­sez de filles, as­sez de gar­çons… Tout le monde fait ses propres ex­pé­riences. C’est nor­mal quand on gran­dit. Moi, j’aime une âme, pas un genre.»

C’est d’ailleurs Joe, son âme soeur, qui a ré­vé­lé, sur le pla­teau du «Zach Sang Show», le lieu où au­ra lieu le ma­riage – la France – confir­mant, du moins en par­tie, les rumeurs d’une cé­ré­mo­nie cen­sée se dé­rou­ler, cet été, dans le sud du pays. Et de­vi­nez qui se­ra la de­moi­selle d’hon­neur? Mai­sie Williams, alias Arya dans «Game of Th­rones». Rien d’éton­nant à ce­la: après avoir gran­di en­semble du­rant huit sai­sons, les soeurs Stark sont de­ve­nues très proches. «On tra­ver­sait la même chose, ajou­tait So­phie Tur­ner au mi­cro de Dr Phil, et, entre deux tour­nages, on s’en­fer­mait en­semble. Pen­dant deux ans, on n’a vu per­sonne d’autre.»

À la lu­mière de ces dé­cla­ra­tions, on com­prend mieux les pro­pos te­nus par l’ac­trice dans «Har­per’s Ba­zaar» à pro­pos de son nou­veau film, «X-men: Dark Phoe­nix». Elle y avoue avoir ex­plo­ré sa «propre san­té men­tale» pour abor­der le cô­té schi­zo­phrène de Jean Grey, su­per­hé­roïne con­fron­tée à la ges­tion de puis­sants pou­voirs. «Beau­coup de proches ont eu des sou­cis avec leur san­té men­tale, y dé­voi­lait-elle, c’est un su­jet qui me pas­sionne. Je connais beau­coup de gens qui ont tou­ché le fond.»

Peut-être que So­phie Tur­ner ne fai­sait qu’évo­quer ses propres dou­leurs? Tou­jours est-il qu’elle a main­te­nant pré­vu de faire une pause dans sa car­rière pour se consa­crer à sa vie pri­vée et à sa san­té. Pour elle, en tout cas, la fin de «Game of Th­rones» ne tombe peut-être pas si mal…

«J’ai ren­con­tré as­sez de filles, as­sez de gar­çons… Tout le monde fait ses propres ex­pé­riences. C’est nor­mal quand on gran­dit. Moi, j’aime une âme, pas un genre» So­phie Tur­ner au ma­ga­zine «Rol­ling Stone»

Weiss/afp

Pause Au­jourd’hui, alors que l’aven­ture «Game of Th­rones» se ter­mine, l’ac­trice va prendre du temps pour elle.an­ge­la

Dia Di­pa­su­pil/getty Images

Amours Joe Jo­nas et So­phie Tur­ner ne se quittent plus. Le chan­teur était la plu­part du temps avec elle sur le tour­nage de l’ul­time sai­son de «GOT».

Ala­my

«Game of Th­rones» Le 1er épi­sode de la sai­son 8 a bat­tu le re­cord d’au­dience de la sé­rie avec 17,4 mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs amé­ri­cains. 60 000 Ro­mands l’ont regardé sur la RTS.

DR

«X-men» Dans «X-men: Dark Phoe­nix», qui sort en salle le 5 juin, So­phie Tur­ner re­prend le rôle de Jean Grey, l’un des mu­tants les plus puis­sants, qu’elle te­nait dans «X-men: Apo­ca­lypse».

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