Le SUV ul­time de Porsche unit per­for­mance et confort

Le Cayenne tur­bo pos­sède des qua­li­tés que Porsche a dé­ve­lop­pées pour son mo­dèle ico­nique 911. No­tam­ment, outre sa puis­sance, une agi­li­té in­croyable.

Le Matin Dimanche - - AUTO - GIL EGGER

La mo­no­cul­ture, en­ten­dez la fo­ca­li­sa­tion sur les spor­tives comme la 911 et la Boxs­ter, ne pou­vait durer. Elle a même failli coû­ter la perte de Porsche. La bonne idée? Sur la base exis­tante du VW Toua­reg, in­ven­ter une «Porsche des fa­milles». Bin­go! De­puis 2003, et en quelques an­nées, le Cayenne a pris la tête des ventes. Il est dé­sor­mais dé­trô­né par son pe­tit frère (pas si pe­tit, d’ailleurs) le Ma­can. Dé­cli­né en de mul­tiples va­riantes, dont une die­sel contro­ver­sée par les por­schistes purs et durs et qui va être aban­don­née, le Cayenne pousse loin, très loin, les limites de l’exer­cice SUV. Preuve en est sa ver­sion tur­bo. Un monstre, peut-être, mais très ci­vi­li­sé. Sa sil­houette af­fi­née et dou­ce­ment re­des­si­née se rap­proche du Ma­can et de la 911, avec no­tam­ment sa ligne de LED re­joi­gnant les feux ar­rière du plus bel ef­fet.

Le pa­ri spor­tif

On n’aborde pas le Cayenne tur­bo comme n’im­porte quel SUV. Le nom de Porsche si­gni­fie spor­ti­vi­té et la pre­mière chose à faire est de le vé­ri­fier. C’est sans pro­blème, puisque les com­mandes com­prennent une dé­cli­nai­son très va­riée des modes, dont Sport + ré­ser­vé au cir­cuit pour cause de mé­chan­ce­té avé­rée. Le V8 gronde et ce n’est pas pour faire le ma­lin. La ges­tion de la trac­tion et des tra­jec­toires n’in­ter­vient qua­si plus et le pi­lote peut se concen­trer sur ses sen­sa­tions au vo­lant. Avec ses roues ar­rière di­rec­trices (une des nom­breuses op­tions), le Cayenne tur­bo offre un com­por­te­ment éblouis­sant en courbe. On com­prend alors l’ef­fort des in­gé­nieurs, qui avaient pa­rié qu’ils don­ne­raient à leur SUV un tem­pé­ra­ment spor­tif af­fir­mé. Le pa­ri était que, si un père ou une mère de fa­mille ac­cro à la 911 de­vait en chan­ger pour cause de be­soin d’em­me­ner des pas­sa­gers et des ba­gages, sa frus­tra­tion ne se­rait que de courte du­rée une fois au vo­lant d’un Cayenne, en par­ti­cu­lier le tur­bo. Le V8 sur­ali­men­té pos­sède plu­sieurs ca­rac­tères. Lors de dé­pla­ce­ments quo­ti­diens, il avance tran­quille­ment, per­met­tant de ma­ni­fes­ter les qua­li­tés pra­tiques du Cayenne, comme de pou­voir abais­ser élec­tri­que­ment son ar­rière pour fa­ci­li­ter le chargement, ex­traire tout aus­si élec­tri­que­ment son cro­chet de re­mor­quage et autres com­mo­di­tés ap­pré­ciables. À l’op­po­sé, son tem­pé­ra­ment spor­tif se ré­vèle aux ac­cé­lé­ra­tions fou­droyantes et à une maî­trise par­faite des si­nuo­si­tés les plus pié­geuses. À haute vi­tesse, le spoi­ler de toit se dé­ploie pour aug­men­ter l’ap­pui. Il s’adapte aux cir­cons­tances et peut se relever presque ver­ti­ca­le­ment en po­si­tion Air­brake: en cas de frei­nage to­tal de­puis 250 km/h, il ré­duit la dis­tance de deux mètres. Il convient de pré­ci­ser que le V8 af­fiche dé­sor­mais 550 ch (404 kw), soit 30 de plus que son pré­dé­ces­seur et que la nou­velle boîte Tip­tro­nic à huit rap­ports les trans­met aux quatre roues avec l’intelligence qu’il faut se­lon la mo­tri­ci­té. Les tur­bos ont pris place à l’in­té­rieur du V, ren­dant les tra­jets des gaz plus courts pour fa­vo­ri­ser la spon­ta­néi­té des ré­ac­tions. Une ar­chi­tec­ture qui abaisse éga­le­ment le centre de gra­vi­té, en­core un point po­si­tif pour le com­por­te­ment rou­tier.

Trois vo­ca­tions co­ha­bitent

Le tem­pé­ra­ment spor­tif, c’est ga­gné, on le sent, on l’ex­pé­ri­mente, on se ré­jouit de sa pré­ci­sion. Mais un SUV se doit de ré­pondre à d’autres exi­gences. Le confort n’a rien à en­vier à ce­lui d’une ber­line. La cli­ma­ti­sa­tion à quatre zones, les sièges sa­vam­ment en­ve­lop­pants, l’ins­tal­la­tion au­dio Bose font par­tie d’une do­ta­tion haut de gamme. Outre le ca­rac­tère spor­tif et le confort d’une ber­line, la troi­sième exi­gence concerne les ap­ti­tudes au tout-ter­rain. La sus­pen­sion pneu­ma­tique à trois chambres mo­di­fie la rai­deur se­lon le ter­rain. Le conduc­teur peut choisir six hau­teurs en fonc­tion des fran­chis­se­ments à opé­rer. Il y a fort à pa­rier que peu de pro­prié­taires d’un Cayenne tur­bo ex­ploi­te­ront à fond toutes ces pos­si­bi­li­tés, mais les in­gé­nieurs ont con­çu le vé­hi­cule le plus abou­ti dans ces trois do­maines. Ils pro­posent cinq pro­grammes de conduite pour les dif­fé­rentes routes et ter­rains.

Après quelques jours, le Cayenne tur­bo s’ap­pri­voise na­tu­rel­le­ment. Il de­vient fa­cile de jon­gler avec les choix qu’il offre. Et on se dit qu’il fau­drait ra­pi­de­ment cé­der à la ten­ta­tion: un week-end sur un cir­cuit éva­cue­ra la frus­tra­tion res­sen­tie sur des routes ma foi par­ti­cu­liè­re­ment bien sur­veillées… À ce pro­pos, le ré­gu­la­teur de vi­tesse lit les pan­neaux de si­gna­li­sa­tion pour évi­ter des sur­prises désa­gréables. Fas­ci­nant et com­plet, le Porsche Cayenne tur­bo!

Photos: G. Egger – Porsche-dr

Agres­sive, mais ren­due plus fluide, la ligne du Porsche Cayenne tur­bo trompe sur la taille réelle de l’en­gin.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.