«Ça me fait mal au coeur»

Le Matin Dimanche - - SPORTS -

Ar­tu­ro Al­ba­nese a long­temps été l’âme du FC Bienne. Il y a oc­cu­pé toutes les cas­quettes ou presque, de joueur à directeur spor­tif. En 2016, il était re­ve­nu au che­vet de son club de coeur après la faillite. Fraî­che­ment re­trai­té, il vit au­jourd’hui à Lo­car­no. Le See­lan­dais ché­rit en­core ce stade mais porte un re­gard per­plexe sur cette se­conde vie.

Ar­tu­ro Al­ba­nese, que vous évoque la Gur­ze­len? J’y ai eu mon bu­reau pen­dant près de 20 ans dans ce stade où j’ai tout vé­cu, comme joueur, en­traî­neur ou di­ri­geant. Je garde des beaux sou­ve­nirs, comme le match de Coupe de Suisse contre Bâle avec un stade plein. Dans le temps, les Bien­nois al­laient au stade à pied. Tout le monde se re­trou­vait à la bu­vette.

Que pen­sez-vous de l’uti­li­sa­tion ac­tuelle du ter­rain?

Pour moi, tout ça c’est un peu du bor­del or­ga­ni­sé. Je me suis oc­cu­pé de la Gur­ze­len pen­dant des an­nées. Rien ne traî­nait. L’ordre était im­por­tant. Ce­la me fait mal de voir ce stade tom­bé en ruine. D’un cô­té, je suis heu­reux qu’il y ait en­core de la vie. De l’autre, je trouve qu’on au­rait dû gar­der le stade pour faire jouer des équipes de ba­se­ball, de foot­ball amé­ri­cain ou de rug­by de la ville. Les ter­rains sont trop rares en ville.

Êtes-vous re­tour­né au stade de­puis le dé­part du club?

Oui j’y suis re­tour­né. Mais sou­vent je chan­geais de rue pour ne pas pas­ser de­vant la Gur­ze­len. Ça me fait mal au coeur de la voir comme ça.

Pour­tant, ce pro­jet al­ter­na­tif réunit les Bien­nois et connaît un suc­cès po­pu­laire.

Il y a des places de jeu pour les en­fants et les gens plantent des pa­tates. C’est super mais on au­rait pu faire ça ailleurs. Ça plaît aux Verts et aux al­ter­na­tifs. Tant mieux pour eux. Je connais quelques per­sonnes de l’équipe sur place. Je n’ai au­cun pro­blème avec eux. En par­tant, je leur ai fait un tour du pro­prié­taire et j’ai été très co­opé­ra­tif. Dé­sor­mais, j’ai tour­né la page.

Une par­tie du ter­rain a été ré­ha­bi­li­tée en jar­dins com­mu­nau­taires. Ils sont plu­sieurs di­zaines, à l’ins­tar de Sylvia Sta­del­mann, à y culti­ver la terre. Chaque pro­jet est pen­sé dans une ap­proche so­ciale et éco­lo­gique.

Le groupe Stu­deyeah est l’une des cinq for­ma­tions mu­si­cales qui ont in­ves­ti les an­ciens vestiaires du stade. Blues, hip-hop ou pop rock, tous les styles sont re­pré­sen­tés. Le chan­teur Mark Stal­der y ré­pète ses gammes.

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