Deux gra­phistes ro­mands «ba­dass» versent dans la ro­mance

Ar­tistes convoi­tés, Jes­si­ca Ros­sier et Bas­tien Gri­vet oeu­vraient jus­qu’ici au mi­lieu des monstres et mondes SF. Leur pre­mière pro­duc­tion, un jeu pour smart­phone, est pour­tant une his­toire d’amour.

Le Matin Dimanche - - MULTIMÉDIA -

l’at­tente est forte. Ça doit être cultu­rel… Mais on les com­prend: ce sont des fans pas­sion­nées, elles veulent re­trou­ver leurs per­son­nages pré­fé­rés. C’est comme «Game of Th­rones»: on veut la fin! Pour­tant, ça n’em­pêche pas HBO de pro­duire d’autres sé­ries.

Bas­tien, comment vous êtes­vous fon­du dans cet uni­vers ex­clu­si­ve­ment fé­mi­nin?

B. G.: J’ai tou­jours ado­ré ça, les femmes dans les jeux vi­déo, sur­tout celles au ca­rac­tère bien trem­pé. Peut-être parce que j’ai été éle­vé par une ma­man seule, qui te­nait sa famille à bout de bras. On a d’ailleurs aus­si créé un couple de les­biennes char­gé d’épau­ler notre per­son­nage prin­ci­pal dans le jeu… Mais même dans mon tra­vail d’il­lus­tra­teur, les femmes tiennent une place pré­pon­dé­rante. C’est le des­sin d’une na­na sur un mu­ret en train de ma­ni­pu­ler un pe­tit ro­bot vo­lant qui nous a per­mis de dé­cro­cher «Spi­der-man»…

Votre tra­vail sur ce film, ain­si que sur la sé­rie «Love, Death Ro­bots» (lire en­ca­dré), a dû vous ou­vrir plein de portes… J. R.: Le té­lé­phone n’ar­rête pas de son­ner mais on n’est pas dis­po­nibles avant un an. Les frères Rus­so, les réa­li­sa­teurs d’«aven­gers: End­game», nous ont par exemple contac­tés… On peut main­te­nant se lan­cer dans des pro­duc­tions plus im­por­tantes, en­ga­ger des ar­tistes et gé­rer des pro­jets plus consé­quents.

B. G.: Là, on tra­vaille no­tam­ment avec Bad Ro­bot, la com­pa­gnie de J.J. Abrams, le réa­li­sa­teur des der­niers «Star Wars», pour dé­ve­lop­per leur pre­mier jeu vi­déo. On est dans une phase ex­tra­or­di­naire où le jeu n’a pas en­core trou­vé son uni­vers et où on peut pro­po­ser n’im­porte quelle idée sans la moindre contrainte. Nos des­sins vont ins­pi­rer des scé­na­ristes, qui vont nous ins­pi­rer à leur tour, et on re­pro­po­se­ra des idées…

Vous faites tout de­puis votre vil­lage de Mont­ba­zin, dans l’hé­rault. Pour­quoi être par­tis de Suisse? B. G.: Pour le confort. En

Suisse, on au­rait tri­mé dix ans dans un stu­dio de 15 m2 à bouf­fer des pâtes. Ici, on a pu s’of­frir une mai­son au tiers du ta­rif suisse et on se dé­ve­loppe ar­tis­ti­que­ment dans un su­perbe cadre: le so­leil est ma­gni­fique, le vin top et pas cher et on a des os­tréi­cul­teurs à 5 mi­nutes. La Suisse, on adore y re­tour­ner pour une bonne fon­due, la famille et les co­pains, mais Mont­ba­zin nous a ac­cueillis à bras ou­verts alors qu’aux Arts dé­co, à Ge­nève, c’était: «Bar­rez-vous, vous n’au­rez ja­mais de tra­vail ici.» Le doyen m’avait conseillé de chan­ger de mé­tier alors que mon rêve, c’était de bos­ser sur «Star Wars». Au­jourd’hui je peux prendre mon té­lé­phone et ap­pe­ler le gars qui gère la nou­velle tri­lo­gie…

DR

Un des dé­cors mi­nu­tieux de pré­ci­sion éla­bo­ré par les deux Ro­mands pour le jeu «Fal­len Road».

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