La pres­sion sur Michael Lau­ber met les en­quêtes FIFA en dan­ger

Le Matin Dimanche - - SUISSE -

MA­RIO STÄUBLE ET SYL­VAIN BES­SON La pres­sion conti­nue de mon­ter sur le pro­cu­reur gé­né­ral de la Con­fé­dé­ra­tion, Michael Lau­ber, dans l’une des en­quêtes cri­mi­nelles les plus sen­sibles confiées à la jus­tice suisse.

De­puis quatre ans, les pro­cu­reurs fé­dé­raux exa­minent les pratiques de cor­rup­tion pré­su­mées au sein de l’or­gane su­prême du foot­ball mon­dial, la FIFA, ba­sée à Zu­rich. Des per­son­na­li­tés al­lant de son ex-pa­tron Sepp Blat­ter à l’an­cien cham­pion du monde al­le­mand Franz Be­cken­bauer sont mises en cause.

Mais au­jourd’hui, l’heure de la contreat­taque a son­né. Comme on l’a ap­pris, au moins quatre des per­sonnes vi­sées de­mandent que les dos­siers FIFA soient re­ti­rés à Michael Lau­ber et aux pro­cu­reurs qui ont tra­vaillé sous ses ordres. «Nous vous confir­mons le dé­pôt le 6 no­vembre 2018 d’une de­mande de ré­cu­sa­tion du pro­cu­reur gé­né­ral Michael Lau­ber, de l’an­cien chef de la di­vi­sion cri­mi­na­li­té éco­no­mique Oli­vier Thor­mann et des pro­cu­reurs fé­dé­raux im­pli­qués», in­diquent ain­si les avo­cats ge­ne­vois Pa­trick Hun­zi­ker et Elisa Bian­chet­ti, qui dé­fendent l’an­cien se­cré­taire gé­né­ral de la FIFA Jé­rôme Valcke.

Motif de ces de­mandes: les rencontres in­for­melles de Michael Lau­ber et de ses ser­vices avec la FIFA et no­tam­ment son nou­veau pa­tron Gian­ni In­fan­ti­no. À au moins trois re­prises, en 2016 et 2017, les deux hommes se sont vus à l’hô­tel Sch­wei­ze­rhof de Berne et dans un res­tau­rant de Zu­rich. On ignore ce qu’ils se sont dit car ces rencontres n’ont pas été pro­to­co­lées. Or elles au­raient dû l’être, comme l’a consta­té l’au­to­ri­té de sur­veillance du Mi­nis­tère pu­blic de la Con­fé­dé­ra­tion, car la FIFA est plai­gnante dans plu­sieurs dos­siers ins­truits par les pro­cu­reurs fé­dé­raux. Pour les avo­cats de cer­tains pré­ve­nus, ces rencontres in­for­melles consti­tuent une fa­veur in­ac­cep­table et com­pro­mettent l’im­par­tia­li­té des en­quê­teurs.

Si les de­mandes de ré­cu­sa­tion sont ac­cep­tées par le Tri­bu­nal pé­nal fé­dé­ral de Bel­lin­zone (TPF), de nou­veaux pro­cu­reurs de­vraient être nom­més, ce qui pour­rait re­tar­der les pro­cé­dures de plu­sieurs mois et conduire cer­tains vo­lets à la pres­crip­tion.

C’est no­tam­ment le cas des en­quêtes vi­sant l’at­tri­bu­tion à l’al­le­magne de la Coupe du monde de foot­ball 2006. Un ju­ge­ment de pre­mière ins­tance doit être ren­du d’ici à avril 2020, si­non les faits se­ront pres­crits, c’est-à-dire trop vieux pour être ju­gés. Se­lon nos in­for­ma­tions, au moins trois de­mandes de ré­cu­sa­tion ont été dé­po­sées dans ce dos­sier. L’une émane de Na­than Land­shut, avo­cat de l’an­cien se­cré­taire gé­né­ral de la Fé­dé­ra­tion du foot­ball al­le­mand, la DFB, Horst Sch­midt. Une autre de Bern­hard Isen­ring,

Quatre ex-di­gni­taires du foot­ball mon­dial de­mandent la ré­cu­sa­tion du pro­cu­reur de la Con­fé­dé­ra­tion à cause de ses tête-à-tête avec Gian­ni In­fan­ti­no.

Thomas Ho­del/keys­tone

Michael Lau­ber voit ses chances de ré­élec­tion com­pro­mises par les re­bon­dis­se­ments du dos­sier FIFA.

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