L’as­su­reur Hel­sa­na étend son offre contro­ver­sée de bo­nus pour ceux qui adoptent une vie saine

Le Matin Dimanche - - SUISSE - CA­RO­LINE ZUERCHER

Adop­tez une vie saine et vous ga­gne­rez de l’ar­gent. De­puis un an et de­mi, Hel­sa­na offre un bo­nus à ses clients qui, par exemple, font du sport ou mangent bien. Le pro­gramme compte dé­sor­mais plus de 95 000 uti­li­sa­teurs. Il sus­cite aus­si des cri­tiques et le Tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif fé­dé­ral, sai­si de l’af­faire par le pré­po­sé fé­dé­ral à la pro­tec­tion des don­nées, a ren­du un ar­rêt à fin mars. Les juges adressent des re­proches sur la mé­thode qui était uti­li­sée pour au­to­ri­ser l’iden­ti­fi­ca­tion lors de l’ins­crip­tion. Mais sur le fond, ils ne bran­dissent pas le car­ton rouge. Hel­sa­na, qui as­sure avoir dé­jà re­vu sa pro­cé­dure de fa­çon à res­pec­ter la loi, étend ce dé­but de se­maine son pro­gramme avec de nou­velles ré­com­penses pour les per­sonnes ver­tueuses. De quoi re­lan­cer le dé­bat.

Ces pro­grammes passent par une ap­pli­ca­tion. Jus­qu’à pré­sent, les par­ti­ci­pants peuvent rem­plir des dé­fis – comme cui­si­ner un plat sain ou adhé­rer à un fit­ness. S’ils pré­sentent les pièces jus­ti­fi­ca­tives (comme la fac­ture du fit­ness ou la pho­to du re­pas), ils gagnent des points. Cette offre est dé­sor­mais étayée par un pro­gramme nom­mé «Hel­sa­na Coach». Ce­lui qui suit des vi­déos ou écoute des pré­sen­ta­tions d’exer­cices de re­laxa­tion ou de sport re­çoit là aus­si des points, qui peuvent en­suite être conver­tis en ver­se­ments en es­pèces, en bons pour des entreprises par­te­naires ou en dons pour des or­ga­ni­sa­tions. Les per­sonnes qui ont une as­su­rance de base chez Hel­sa­na peuvent ain­si recevoir jus­qu’à 75 francs, et les autres jus­qu’à 350 francs.

Plu­sieurs as­su­reurs pro­posent des sys­tèmes de bo­ni­fi­ca­tion. La par­ti­cu­la­ri­té, chez Hel­sa­na, est que l’offre s’adresse aus­si à ceux qui n’ont qu’une as­su­rance de base (sans com­plé­men­taire). Ce point sus­cite des cri­tiques, car la loi sur l’as­su­rance ma­la­die (LAMAL) in­ter­dit aux caisses d’ac­cor­der des ra­bais dans l’as­su­rance obli­ga­toire. Pour res­ter dans les plots, Hel­sa­na pro­pose un ver­se­ment en es­pèces «sans rap­port avec les primes». Son pro­gramme est en outre gé­ré et fi­nan­cé par l’as­su­rance com­plé­men­taire. Dans ces condi­tions, l’of­fice fé­dé­ral de la san­té pu­blique n’y est pas op­po­sé. Le TAF, qui se concentre dans son ar­rêt sur la pro­tec­tion des don­nées, four­nit un avis «au pas­sage» sur ce point. «Les juges sou­lignent que le pro­gramme est gé­ré et fi­nan­cé par les as­su­rances com­plé­men­taires. Du point de vue ju­ri­dique, il ne contre­vient pro­ba­ble­ment pas à la loi sur l’as­su­rance ma­la­die (LAMAL)», ré­sume Roc­co Ma­glio, at­ta­ché de presse.

Craintes pour la so­li­da­ri­té

La caisse ré­com­pense de­puis un an et de­mi les as­su­rés ver­tueux. Suite à un ar­rêt du Tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif fé­dé­ral, son offre est élar­gie dès cette se­maine.

À Berne, la conseillère na­tio­nale Ruth Hum­bel (PDC/AG) a dé­po­sé l’au­tomne der­nier une mo­tion de­man­dant d’au­to­ri­ser dans la loi un sys­tème de ré­com­pense dans l’as­su­rance de base. Pour elle comme pour

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