Au dé­but de mes va­cances, j’avoue que j’ai un peu culpa­bi­li­sé

Le Matin Dimanche - - MORCEAUX CHOISIS -

ar­rive au bout d’un mois de va­cances in­ten­sives. Pour les skieurs, la pé­riode entre mia­vril et mi-mai est la seule qui per­mette de vrai­ment dé­con­nec­ter, et cette an­née j’en avais vrai­ment be­soin. Sur­tout après trois sai­sons où j’ai en­chaî­né Mon­diaux et Jeux olym­piques. Je n’étais ja­mais par­tie aus­si long­temps: un mois en Asie, ça fait un mo­ment que j’en rêvais, et là je me suis dit que je l’avais pour une fois mé­ri­té.

L’asie c’est as­sez vite im­po­sé comme une des­ti­na­tion in­con­tour­nable. D’abord parce que mon grand frère Steve vit à Hong­kong et que je vou­lais lui rendre vi­site, en­suite parce que j’ai re­çu une in­vi­ta­tion de Head Ja­pan pour al­ler skier au Ja­pon. J’ai donc pas­sé la pre­mière se­maine à skier dans les Alpes ja­po­naises, et je dois avouer que c’était plu­tôt dé­pay­sant car j’ai ren­con­tré des ath­lètes avec une autre ap­proche de la com­pé­ti­tion. En­suite j’ai fait une se­maine de va­cances bal­néaires en Thaï­lande qui m’a vrai­ment per­mis de re­char­ger mes bat­te­ries. C’était aus­si l’oc­ca­sion de nous réunir avec mes deux frères, Ke­vin et Steve, ce qui n’était plus ar­ri­vé de­puis très long­temps.

Pour fi­nir, j’ai pas­sé deux se­maines en Chine, avec mon co­pain Ni­co. C’était la troi­sième fois seu­le­ment que nous pas­sions au­tant de temps en­semble, qui plus est à bou­ger de ville en ville presque tous les deux jours, ça a vrai­ment ren­for­cé nos liens. Je vou­lais de­puis un mo­ment m’im­pré­gner de la culture chi­noise que je trouve fas­ci­nante, aus­si parce que les Jeux olym­piques au­ront lieu à Pé­kin en 2022. J’ai no­tam­ment vi­si­té Shan­ghai, Xi’an ou en­core la Grande Mu­raille.

Ce voyage m’a épui­sée, mais dans le bon sens du terme. Nous avons beau­coup bou­gé, beau­coup marché, il y avait tout le temps des nou­veau­tés à di­gé­rer, des décisions à prendre. J’ai l’ha­bi­tude de voya­ger du­rant la sai­son de ski, mais tout est pré­vu à l’avance par la fé­dé­ra­tion, je n’ai pour ain­si dire qu’à pen­ser à mes performances. Là, il fal­lait tout or­ga­ni­ser d’un jour à l’autre, ré­ser­ver des hô­tels, pré­voir des plans B en cas de mau­vaise mé­téo, c’était in­tense et en­ri­chis­sant.

Au dé­but, je dois avouer que je culpa­bi­li­sais un peu. Sur les ré­seaux so­ciaux, je voyais mes concur­rentes qui conti­nuaient à s’en­traî­ner alors que moi je voya­geais. Ce n’était pas fa­cile de dé­con­nec­ter. Et puis je me suis dit que j’avais eu le cou­rage de dire stop au bon mo­ment car je sen­tais que j’en avais vrai­ment be­soin. Par­fois il faut mettre ses prio­ri­tés entre pa­ren­thèses pour re­par­tir de plus belle. Je suis cer­taine que c’était la bonne dé­ci­sion.

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