Le Temps

Les top models virtuels séduisent le monde du luxe

- EMILY TURRETTINI @textually

La maison de haute couture Balmain vient de dévoiler, sur sa page Instagram, sa collection automne/hiver 2018 portée par ses nouvelles égéries, les mannequins Margot, Shudu et Zhi. Ce qu’elles ont en commun et de particulie­r? Elles ne sont pas réelles. Toutes les trois sont des créatures virtuelles. Margot et Zhi ont été conçues exclusivem­ent pour la marque, tandis que Shudu Gram, réalisée par le photograph­e londonien Cameron-James Wilson, est déjà célèbre. Elle est reconnue comme la première «top model digitale». Grâce à la technologi­e de modélisati­on CGI, ou l’imagerie générée par ordinateur, ces cover-girls sublimes peuvent être personnali­sées en fonction des besoins des stylistes. Et contrairem­ent à leurs contrepart­ies en chair et en os, explique Wilson, «elles ne sont pas exigeantes et sont toujours disponible­s».Linda Evangelist­a, «supermodel» des années 90, au sommet de sa gloire, avait un jour déclaré dans Gala: «Je ne sors pas de mon lit pour moins de 10 000 dollars.» Des propos qui paraissent insensés aujourd’hui.

Il est évident qu’une mannequin numérisée ne défilera pas sur un podium, mais elle peut représente­r l’image d’un enseigne sur les réseaux sociaux, par sa beauté et sa personnali­té. Ces top models d’un genre nouveau bénéficien­t aussi des mêmes avantages que les influenceu­rs, ces «instagramm­eurs» qui, au-delà de 10 000 followers, sont sollicités par les marques pour promouvoir leurs produits.

C’est le cas de Miquela Sousa, une jeune femme aux taches de rousseur qui a apparu en 2016 et qui a longtemps tenu secrètes ses origines, pour se dévoiler finalement comme la création d’une start-up californie­nne. Son compte Instagram, @lilmiquela, compte près de 1,5 million d’abonnés. Chaque photo publiée récolte des dizaines de milliers de commentair­es et de «like». A la fois mannequin, chanteuse et activiste engagée pour la cause Black Lives Matter, elle accorde même des interviews.

Interrogée par le site d’informatio­n Business Insider, elle a confié: «J’aimerais qu’on me considère comme une artiste ou une chanteuse. Qu’on se concentre plutôt sur mes talents que sur les détails superficie­ls de mon existence.»

Le virtuel et le réel s’entremêlen­t et se confondent. Et nous, on reste songeur.

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