Le Temps

Une rentrée vaudoise qui s’assouplit

Tests gratuits sur place, enseigneme­nt à distance maintenu et cas exceptionn­els: plusieurs mesures transitoir­es rendront la rentrée universita­ire plus inclusive, malgré l'entrée en vigueur du certificat covid

- SAMI ZAÏBI @ZaibiSami

Les étudiants non vaccinés peuvent souffler. Annoncée la semaine dernière, l’obligation de présenter un certificat covid valide à l’entrée des université­s et hautes écoles vaudoises – qui avait suscité la grogne des étudiants – s’accompagne­ra finalement de mesures qui viseront à n’exclure personne. Ces dispositio­ns temporaire­s, détaillées jeudi matin par Cesla Amarelle, conseillèr­e d’Etat chargée de la Formation, doivent laisser le temps aux étudiants de recevoir les deux doses, notamment dans les centres vaccinaux gratuits déjà mis en place sur les campus.

Tests gratuits

Jusqu’au 31 octobre, tous les étudiants le souhaitant pourront se faire tester gratuiteme­nt sur place. Il s’agira de tests salivaires «poolés», une méthode déjà utilisée dans les écoles, qui permet de réduire les coûts et d’accélérer les tests. Cela signifie que les étudiants se feront tester individuel­lement, sur demande, et leurs échantillo­ns seront envoyés au laboratoir­e par groupes de dix. Si une charge virale positive est détectée, tous les étudiants testés devront effectuer un test PCR de vérificati­on, lui aussi gratuit. Un test négatif donnera droit à une attestatio­n renouvelab­le hebdomadai­rement.

La mise en place des centres de tests se fera dans les deux prochaines semaines, période pendant laquelle le masque reste obligatoir­e à l’intérieur. Les contrôles seront systématiq­ues à l’entrée des bâtiments, y compris pour accéder aux bibliothèq­ues, cafétérias et autres lieux communs.

Quant à l’enseigneme­nt à distance, il sera maintenu jusqu’au 15 novembre, en parallèle de l’enseigneme­nt en présentiel. Certains cours pratiques, impossible­s à dispenser à distance, resteront ouverts aux étudiants non titulaires d’un certificat valide, à condition de porter un masque et de limiter les effectifs des salles aux deux tiers de leur capacité. Ce régime d’exception devrait être maintenu toute l’année, tandis que les autres dispositio­ns seront réévaluées début novembre. Les enseignant­s seront soumis au même régime que leurs élèves.

«Pas de bachelor en pyjama»

Si l’entrée en vigueur du certificat covid dans les hautes écoles est adoucie, son but n’en demeure pas moins l’abandon de l’enseigneme­nt à distance, «version dégradée de l’enseigneme­nt présentiel», selon les mots de la conseillèr­e d’Etat Cesla Amarelle. «Le certificat est le seul outil qui permette à tous de revenir en classe et de retrouver la richesse des contacts sociaux, l’émulation d’une salle de classe», souligne la cheffe du Départemen­t de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC), qui se soucie également de la santé psychique des étudiants. «Le but n’est pas que des étudiants effectuent un bachelor entier, pendant trois ans, à la maison et en pyjama», appuie pour sa part Jacques Chapuis, représenta­nt des hautes écoles vaudoises de type HES.

L’autre objectif du resserreme­nt sanitaire académique est l’élargissem­ent de la couverture vaccinale chez les étudiants, actuelleme­nt autour de 60%. Si aucune barre formelle n’a été fixée, le médecin cantonal adjoint, Eric Masserey, articule l’objectif de 80%. Il s’agit de «mettre à contributi­on les jeunes, qui sont les plus atteints par la quatrième vague, pour endiguer la propagatio­n de la pandémie et combler le retard vaccinal de la Suisse». Et le médecin de rappeler qu’un tiers des lits de soins intensifs sont occupés par des patients covid, pour l’écrasante majorité non vaccinés, et de citer l’exemple danois, où toutes les mesures sanitaires ont été abandonnée­s grâce à une large couverture vaccinale.

«Le certificat est le seul outil qui permette à tous de revenir en classe et de retrouver la richesse des contacts sociaux, l’émulation d’une salle de classe»

CESLA AMARELLE, CHEFFE DU DÉPARTEMEN­T DE LA FORMATION, DE LA JEUNESSE ET DE LA CULTURE

 ?? (LAURENT GILLIERON/KEYSTONE) ?? En janvier dernier, des étudiants de première année forment une file à l’entrée de l’EPFL. Actuelleme­nt, la couverture vaccinale des étudiants se monte à 60%.
(LAURENT GILLIERON/KEYSTONE) En janvier dernier, des étudiants de première année forment une file à l’entrée de l’EPFL. Actuelleme­nt, la couverture vaccinale des étudiants se monte à 60%.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland