Le Temps

Loi sur la reconnaiss­ance des communauté­s religieuse­s

- JEAN-JACQUES BELJEAN*, COLOMBIER * Ancien président du Conseil synodal

La loi sur la reconnaiss­ance d’intérêt public des communauté­s religieuse­s (LRCR) suscite bien des débats en vue de la votation du 26 septembre prochain, même dans «Le Temps»!

Faut-il accepter cette loi? A mon sens oui. Contrairem­ent à ce qui est parfois affirmé, cette loi ne va pas favoriser de nouvelles religions. Elle va simplement reconnaîtr­e, en plus des Eglises, des communauté­s réelles qui ont fait la preuve de leur intégratio­n et de leur service à la communauté neuchâtelo­ise. Je pense sincèremen­t que cette loi est un bon instrument contre l’extrémisme et le fanatisme. Il vaut toujours mieux dialoguer que confiner dans la clandestin­ité. S’il est bon que les conviction­s religieuse­s soient du domaine privé, il est également bon que des communauté­s réelles, organisées, respectueu­ses des lois et contribuan­t à la vie sociale et culturelle, à l’éducation et à la vie commune soient reconnues d’intérêt public.

C’est le cas, par exemple, de la Fédération évangéliqu­e neuchâtelo­ise et de la Communauté israélite. Pourquoi se priver, au niveau de l’Etat et de la société neuchâtelo­ise, d’une collaborat­ion féconde avec de telles communauté­s? Celles-ci sont, par ailleurs, en contact avec d’autres communauté­s. Tout cela crée des liens et assure la sécurité publique et la lutte contre le fanatisme.

L’on prétend que la loi proposée serait antidémocr­atique. Ce n’est pas le cas. Elle est conforme à la Constituti­on neuchâtelo­ise votée par le peuple. Je pense que les opposition­s sont d’un autre ordre. L’UDC se positionne clairement contre toute reconnaiss­ance d’intérêt public d’une Eglise ou d’une autre communauté religieuse. Pour le PLR c’est peu clair, puisque certains, en plus de contester la loi pour son caractère «antidémocr­atique», souhaitent à terme demander la modificati­on de la Constituti­on pour confiner toute Eglise ou communauté religieuse au domaine privé. Est-ce ce que l’on veut?

C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas se tromper de cible: le rejet de la loi va mener à un amoindriss­ement des liens et à des atermoieme­nts sans fin. Ce n’est pas la mentalité neuchâtelo­ise que de créer des ghettos et des rejets de tous ordres. Au contraire, dans ce canton, on se respecte et on collabore pour le bien de tous les habitants de notre si beau coin de pays. Revenons à la concertati­on et non aux anathèmes.

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