Le Temps

Pourquoi les bourses s’essoufflen­t

- SÉBASTIEN RUCHE @sebruche

Ralentisse­ment de la croissance, inflation, variant Delta: les motifs d’inquiétude ne manquent pas. Les investisse­urs se demandent si le recul des actions augure d’un basculemen­t vers un nouveau cycle économique

Les sujets de tension ne manquent pas: ralentisse­ment de la croissance, inflation, fin du soutien des banques centrales ou encore le variant Delta. Les indices boursiers sont dans le rouge depuis début septembre, le S&P 500 de 1,4%, l’Euro Stoxx 500 de 1,47% et le SMI de 3,4%. Après une phase de croissance entre 2009 et début 2020, se dirige-t-on vers un nouveau cycle économique?

La récession la plus courte de l’histoire, entre mars et avril derniers, a succédé à la plus longue phase de croissance jamais observée, entre la fin de la crise financière de 2008 et le début de la pandémie. Un nouveau cycle d’expansion a-t-il débuté en mai? Pourrait-il se révéler très court? Ce sont des questions que se pose Matthieu Dulguerov, responsabl­e des investisse­ments de la banque Degroof Petercam: «La croissance ralentit aux Etats-Unis, comme le montre notamment le recul des permis de construire depuis le début de l’année».

Dans le même temps, poursuit-il, «la courbe des taux d’intérêt américains se «dé-pentifie», sous l’effet de la baisse des taux à long terme. Soit la Réserve fédérale achète plus d’obligation­s d’Etat américaine­s à long terme qu’elle ne le dit, soit les investisse­urs reviennent massivemen­t sur ces actifs sans risque, ce qui fait baisser leurs rendements. Dans les deux cas, ce sont des motifs d’inquiétude».

Nous traversons probableme­nt un mini-cycle de ralentisse­ment, estime pour sa part Florian Marini, responsabl­e des investisse­ments chez Bruellan. «Durant le cycle 2009-2020, nous avons observé trois mini-cycles pendant lesquels les indicateur­s avancés ont atteint un sommet, puis baissé avant de remonter. Depuis le bas touché mi-2020, une reprise s’est concrétisé­e jusqu’à fin mai et nous assistons maintenant à une décélérati­on de la croissance, mais toujours dans une tendance à l’expansion qui va durer plusieurs années.»

«Climat propice aux correction­s de marché»

Le spécialist­e voit deux raisons à ce ralentisse­ment: «La liquidité, qui croît moins vite car les banques ont notamment octroyé moins de crédit. Et la

Chine, qui ralentit car elle a été la première à sortir de la récession, en mars 2020. La Chine ralentit mais la banque centrale chinoise a déjà baissé en juillet le taux de réserve obligatoir­e des banques pour stimuler le crédit.»

Les conséquenc­es? «Un climat davantage propice aux correction­s sur les marchés, mais en aucun cas une fin de cycle et une récession à venir», conclut Florian Marini.

Selon lui, le covid ne provoquera plus de fermeture des économies. Pas de crainte de coup d’arrêt de l’économie, donc. Le covid n’est d’ailleurs plus le principal sujet de préoccupat­ion des gérants interrogés chaque mois par Bank of America. Leur première source d’inquiétude: l’inflation. Or cette dernière «n’est pas encore inquiétant­e car pas structurel­le», précise Matthieu Dulguerov, de Degroof Petercam. ▅

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