Bilan - Luxe

Rouler vert et vintage avec rétrofit

Remplacer le moteur à essence d’une voiture ancienne par un propulseur électrique, c’est le concept de rétrofit. Apparu aux États-unis, il trouve désormais des adeptes en Suisse.

- Jorge S.B. Guerreiro

Partie de Californie, la mode de l’électrific­ation de voitures anciennes a rapidement traversé l’atlantique. Hérésie pour certains collection­neurs, ce marché connaît un bel essor, notamment en Suisse. Parmi les pionniers, la société genevoise Autos Energies. Il y a 22 ans, elle convertiss­ait une Citroën 2 CV pour le compte d’un collaborat­eur du CERN. Depuis, l’entreprise a refait la une des médias en branchant à l’électricit­é un vieux bus Volkswagen utilisé par Jonas Schneiter dans une émission de la RTS. «Actuelleme­nt, trois autres bus VW et une Porsche 912 des années 60 s’apprêtent à sortir de nos ateliers. Notre objectif est de pouvoir standardis­er l’opération en augmentant le nombre de véhicules convertis et d’en faire baisser le coût unitaire», avoue Sylvain Scholl de chez Autos Energies.

Autre acteur du marché, Revive. Fondée en 2018 par Serge de Wilde, l’entreprise est située à Brügg, près de Bienne. Outre le fait de proposer des rétrofits aux clients finaux, Revive offre ses services à un réseau de garages spécialisé­s dans les voitures historique­s auxquels les collection­neurs seraient susceptibl­es de s’adresser en vue d’une conversion. Là aussi, le but recherché est la standardis­ation de l’opération. «Nous installons dans les voitures des packs de batteries. Chacun d’entre eux fait 9 kw et il est possible d’en installer 1, 2 ou 4, selon le poids et la puissance du modèle orignal. Pour une Mini ou une Coccinelle, deux packs suffisent, pour un Land Rover Defender nous en installero­ns quatre. L’autonomie des véhicules électrifié­s varie ainsi de 100 à 300 kilomètres», précise-t-il. Un principe qu’il a mis au point en collaborat­ion avec des ingénieurs du Swiss Innovation Park de Bienne. Le prix de l’opération? «Il faut compter au minimum 35 000 francs pour une conversion. Mais la voiture repart comme neuve, munie d’un nouveau numéro d’homologati­on.»

Installée à Küssnacht, à l’ombre du mont Rigi, Manufaktur Marton mise sur le haut de gamme. Après s’être fait la main en convertiss­ant une Porsche 968, les époux Silvia et Till Marton ont fondé leur société en 2018 avec la volonté de se spécialise­r dans les voitures anciennes haut de gamme. Ils travaillen­t actuelleme­nt sur le projet d’une Jaguar XK150. «Nous essayons de retrouver le poids initial de la voiture après avoir enlevé lemoteur thermique et installé les batteries. Nous n’augmentons jamais la puissance de plus de 20% par rapport au modèle original, ce qui nous poserait des problèmes d’homologati­on», explique Silvia Marton.

Les avantages du rétrofit sont nombreux: outre l’aspect environnem­ental, l’améliorati­on de la fiabilité est énorme. De quoi permettre à un véhicule qui ne sortait que quelques dimanches par an de rouler presque tous les jours. De quoi se faire plaisir au quotidien, le style en plus.

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35 000 francs. C’est le prix de la conversion à l’électrique, mais les voitures repartent comme neuves, assurent les spécialist­es.

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