Le Da­vos «des puis­sances moyennes» re­vient au bord du Léman à Mon­treux

La réunion née à Evian en 2008 re­fait sur­face ce week-end à Mon­treux. Les at­ten­tats de Pa­ris se­ront l ’ob­jet de toutes les at­ten­tions

Tribune de Geneve - - ECONOMIE - Jean-Marc Cor­set

La pre­mière édi­tion de la World Po­li­cy Con­fe­rence (WPC), qua­li­fiée de «Da­vos po­li­tique des puis­sances moyennes», s’est dé­rou­lée à Evian en 2008, quelques jours après la faillite de la banque Leh­man Bro­thers qui a plon­gé le monde dans la crise. Ce week- end, la confé­rence re­vient sur les bords du Léman, à Mon­treux. Elle est mar­quée par un évé­ne­ment fort, sé­cu­ri­taire et géo­po­li­tique.

L’am­biance de la WPC 2015 est dès lors pe­sante bien que le ser­vice de sécurité reste dis­cret au­tour du Mon­treux- Pa­lace où sont ve­nus hier plu­sieurs chefs d’Etat – dont le pre­mier mi­nistre du Bé­nin Lio­nel Zin­sou et le mi­nistre des Af­faires étran­gères du Qa­tar, Kha­lid Bin Mo­ham­med Al At­tiyah – des per­son­na­li­tés de la po­li­tique et de l’éco­no­mie et des di­ri­geants de mul­ti­na­tio­nales.

Des dé­sis­te­ments

Des in­vi­tés se sont dé­sis­tés, dont une par­tie de la dé­lé­ga­tion fran­çaise ve­nue sans Ro­bert Ba­din­ter, l’ex-mi­nistre de la Jus­tice. In­vi­té d’hon­neur, le pré­sident de la Mon­go­lie, Tsa­khia­giin Elbegdorj, qui de­vait faire le voyage de Pa­ris avant de ve­nir sur la Ri­vie­ra vau­doise, y a éga­le­ment re­non­cé.

Le conseiller fé­dé­ral Di­dier Bur­khal­ter, qui a ou­vert la réunion hier, a rap­pe­lé le rôle de l’arc lé­ma­nique comme lieu d’ac­cueil de confé­rences di­plo­ma­tiques, comme ré­cem­ment «Ge­nève 2» sur la Syrie, dans le même hô­tel, et la réunion sur le dos­sier nu­cléaire ira­nien.

Fon­da­teur de la ma­ni­fes­ta­tion, le pré­sident de l’Ins­ti­tut fran­çais des re­la­tions i nter­na­tio­nales, Thier­ry de Mont­brial, a pui­sé dans ces évé­ne­ments pour lé­gi­ti­mer les am­bi­tions de la WPC, dont le but est de «contri­buer à amé­lio­rer la gou­ver­nance dans tous ses as­pects pour pro­mou­voir un monde plus ou­vert, plus pros­père, plus juste et res­pec­tueux de la di­ver­si­té des Etats et des na­tions».

Co­opé­ra­tion éco­no­mique

Si la crise des ré­fu­giés et la né­ces­si­té d’un nou­vel ordre au MoyenO­rient sont au centre des dé­bats du week-end à Mon­treux, les thèmes éco­no­miques gardent leur per­ti­nence, se­lon Thier­ry de Mont­brial: « Avec l’in­ter­dé­pen­dance crois­sante, la po­li­tique et l’éco­no­mie in­ter­na­tio­nales sont de plus en plus en­che­vê­trées. Les ques­tions clas­siques de co­opé­ra­tion éco­no­mique et mo­né­taire conservent leur im­por­tance, d’au­tant plus que mal­gré les pro­grès ac­com­plis, les in­sta­bi­li­tés hé­ri­tées de la crise de 20072008 sont loin d’avoir dis­pa­ru.»

Un constat confir­mé hier à l’écoute des di­ri­geants des banques cen­trales de Po­logne – avec son pré­sident Ma­rek Bel­ka – de Rou­ma­nie, Mu­gur Isa­res­cu, an­cien pre­mier mi­nistre du­rant un an, de Jean-Claude Tri­chet, an­cien pré­sident de la Banque cen­trale eu­ro­péenne et Ja­cob Fren­kel, pré­sident du Groupe des Trente (G-30), un groupe de per­son­na­li­tés éco­no­miques et fi­nan­cières très in­fluent.

Jean-Claude Tri­chet a dé­fen­du la mon­naie unique, en rap­pe­lant qu’avant sa créa­tion beau­coup pré­di­saient que des pays n’y ré­sis­te­raient pas. Même la Grèce, a- t- il dit, est dans la zone eu­ro. Il a sou­li­gné l ’ énorme ca­pa­ci­té d’in­ter­ven­tion des au­to­ri­tés mo­né­taires eu­ro­péennes après la crise pour re­mettre l’éco­no­mie sur les rails, en ajou­tant que c’est aux forces po­li­tiques, aux gou­ver­ne­ments, à prendre le re­lais pour don­ner un cadre qui per­met la crois­sance et la créa­tion d’em­plois.

EPA

Hier à Mon­treux, le conseiller fé­dé­ral Di­dier Bur­khal­ter n’a pas man­qué de faire du mar­ke­ting pour nos ser­vices di­plo­ma­tiques.

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