Il bat­tra la me­sure à Shan­ghai

Tribune de Geneve - - SIGNATURES - Cé­line Gar­cin

Franz Jo­se­fovs­ki, c’est un peu l’in­car­na­tion hu­maine de l’an­ti­dé­pres­seur. De­puis une ving­taine d’an­nées, ce dy­na­mique chef de choeur aux pe­tites lu­nettes rondes agite sa ba­guette aux quatre coins du canton. Mais dans quatre jours, c’est à plu­sieurs mil­liers de ki­lo­mètres de sa Ge­nève na­tale qu’il bat­tra la me­sure. Le mu­si­cien di­ri­ge­ra di­manche la messe de Pâques à Shan­ghai ac­com­pa­gné de 60 cho­ristes et treize mu­si­ciens d’ici. Une pre­mière pour le Ge­ne­vois.

«Quand on m’a pro­po­sé ce pro­jet en sep­tembre, j’ai d’abord cru qu’on par­lait du res­tau­rant chi­nois à Nyon, confie-t-il avec humour. Mais non, en fait c’était bien de la ville de Shan­ghai dont on me par­lait!» En­thou­siaste de na­ture et voya­geur dans l’âme, le chef de choeur se lance sans hé­si­ta­tion dans l’aven­ture. «Mais avant de m’en­ga­ger of­fi­ciel­le­ment, il fal­lait quand même que je m’as­sure d’avoir des cho­ristes.»

Il sonde alors «sans trop d’illu­sion» les membres des quatre cho­rales qu’il anime à Ge­nève. Sur les 210 chan­teurs, 60 se disent par­tants. «C’est énorme! s’ex­clame Franz Jo­se­fovs­ki. Il y a vrai­ment eu une éner­gie spé­ciale au­tour de ce pro­jet.»

«Ti­rer le meilleur de cha­cun»

Les ré­pé­ti­tions com­mencent en jan­vier. Quatre pièces sont au pro­gramme du concert: l’Ave ve­rum cor­pus de Mo­zart, l’Al­le­luia de Ma­nuel, l’Hal­le­lu­ja de Haen­del et la Messe en sol de Schu­bert. Am­bi­tieux pour des cho­ristes ama­teurs? Franz Jo­se­fovs­ki a sa re­cette. Ce­lui qui se dé­crit comme «une main de fer dans un gant de ve­lours» confie «ne ja­mais lâ­cher avant d’avoir ti­ré le meilleur de cha­cun».

Et pour y par­ve­nir, il ne mé­nage pas ses ef­forts. En pré­vi­sion de chaque re­pré­sen­ta­tion, le chef de choeur pré­pare des «par­ti­tions li­sibles», un CD pour s’exer­cer à la mai­son, des sa­me­dis de ré­pé­ti­tion sup­plé­men­taires et un grand week-end de tra­vail. Et lors­qu’un pas­sage d’une oeuvre se ré­vèle trop dif­fi­cile pour ses chan­teurs, il n’hé­site pas à com­po­ser un ar­ran­ge­ment – le soir après man­ger – pour leur fa­ci­li­ter la tâche. «Si­non les cho­ristes se dé­cou­ragent ou le ré­sul­tat n’est pas à la hau­teur de leurs at­tentes, c’est dom­mage et ça ne sert à rien», ex­plique-t-il, pé­da­gogue.

Dès son plus jeune âge, Franz Jo­se­fovs­ki se sou­vient avoir été at­ti­ré par la

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