Tribune de Geneve

La Saint-Valentin, une fête à réinventer

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UAvec son dernier livre, Saint-Valentin mon amour, Jean-Claude Kaufmann s’est heurté à «un mur d’indifféren­ce, voire de mépris, surtout dans les milieux branchés». Par réaction, le spécialist­e du couple s’est transformé en «militant d’une fête à réinventer.» Avant d’imaginer l’avenir, il s’est penché sur l’histoire aux multiples rebondisse­ments de cette fête qui remonte à l’époque romaine.

Qui est saint Valentin? Il y en a au minimum huit qui sont répertorié­s, voire plus. Les saints étaient utilisés pour protéger contre ceci, favoriser cela. La plupart d’entre eux n’étaient pas évoqués pour l’amour. Le bon, lui, va jouer un rôle dans l’histoire malgré lui. Les quelques éléments biographiq­ues nous disent qu’il était rempli d’amour et qu’il est mort un 14 février.

Les fêtes de la jeunesse à l’origine de la Saint-Valentin étaient brutales à leurs débuts? Dans les sociétés anciennes, les fêtes de février et leurs rituels servaient de soupape. Dans les régions montagneus­es de l’Europe, par exemple, les hommes se déguisaien­t en ours et attrapaien­t des femmes qui étaient descendues sur la place publique. Ils les emmenaient dans leurs «tanières». On ne sait pas trop ce qui s’y passait, mais ça pouvait dépasser le simple flirt. On peut imaginer une certaine violence.

Comment ces traditions ont-elles évolué? La Saint-Valentin est l’histoire de l’adoucissem­ent des moeurs et d’un respect de plus en plus grand des femmes de la part des hommes. La galanterie se développe en parallèle. Dans mon enquête pour savoir quand Valentin a été repris dans le langage courant pour désigner les fêtes amoureuses, une de mes hypothèses est qu’il vient d’une petite déformatio­n du mot galantin, celui qui faisait rire et qui charmait.

Aujourd’hui, la Saint-Valentin est encore réprimée. Oui. Dans certains pays musulmans traditiona­listes, elle est interdite de manière très ferme. Il y a une police des moeurs qui patrouille le 14 février pour proscrire les petits coeurs, les nounours et empêcher les couples non mariés de s’asseoir en terrasse. Rebecca Mosimann http://warwickhot­els.com/fr/ geneva/dining/dinner-in-the-dark/

Le baiser initié

Judicieuse­ment glissé entre la propriété Picot et Cologny-Parc se cache un discret petit sentier, bordé d’un muret de pierres quasi centenaire­s. A l’abri des regards urbains, ce lieu inspire les murmures exaltés et les odes romantique­s. Rien de plus normal, puisque les usagers l’ont baptisé «chemin des Amoureux». Etabli de longue date, il marquait à l’origine la limite des domaines en même temps qu’il les desservait. Le refuge idéal pour un selfie en mode duo.

Le baiser qui se cherche

Ce sont souvent les bancs qui ont la faveur des couples en goguette. Bonne nouvelle: Genève en regorge. Comme par exemple le long de la Treille, l’immense bleu à poissons de la jetée des Bains, les jolis bancs cachés du cimetière des Rois ou, pourquoi pas, le rare, oublié dans un discret passage de Genève (lire pages 22 et 23). Mais faisons confiance aux amoureux, ils trouvent toujours un banc pour y accrocher leurs baisers.

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