Les Au­tom­nales ré­sistent dans un sec­teur en crise

Alors que, faute de vi­si­teurs, le Comp­toir Suisse de Lau­sanne pour­rait fer­mer, la foire de Ge­nève se dis­tingue par sa sta­bi­li­té

Tribune de Geneve - - GENÈVE - Ro­land Ros­sier @Ro­landRos­sier

Les nuages at­ten­dus pour ce wee­kend pour­raient être une bonne nou­velle pour les or­ga­ni­sa­teurs des Au­tom­nales. Par temps in­cer­tain, la po­pu­la­tion choi­sit sou­vent une des­ti­na­tion qui est à l’abri. Di­manche soir, la dif­fu­sion du nombre de vi­si­teurs per­met­tra de prendre le pouls de cette ma­ni­fes­ta­tion. Et, à lire les chiffres so­vié­tiques an­non­cés de 2014 à 2017 – exac­te­ment 145 000 vi­si­teurs à chaque édi­tion – une cer­taine sta­bi­li­té est pré­vi­sible.

Les Au­tom­nales ne vont donc pas connaître le sort fu­neste du Comp­toir Suisse, dont la fré­quen­ta­tion s’est écrou­lée, le nombre de vi­si­teurs étant pas­sé de 108 000 en 2017 à 61 000 lors de l’édi­tion de sep­tembre der­nier. Cette dé­grin­go­lade pour­rait être fa­tale à ce qui fut na­guère un des ren­dez-vous in­con­tour­nables des Ro­mands.

Revenons aux Au­tom­nales: cô­té ex­po­sants, c’est le sou­rire qui do­mine. Di­rec­teur com­mer­cial Suisse ro­mande de la marque Roche Bo­bois, Tho­mas Pe­nin qua­li­fie cette édi­tion de «bonne an­née». La marque haut de gamme fran­çaise rem­pi­le­ra l’an pro­chain, conso­li­dant une fi­dé­li­té de trente ans. Tho­mas Pe­nin par­ti­ci­pe­ra à l’édi­tion de 2019. «Notre sur­face d’ex­po­si­tion est d’ailleurs pas­sée de 168 m2 l’an der­nier à 220 m2 cette an­née.» Pa­tron de A-Tec Cui­sines, Ha­gop Ka­zan­jian se­ra aus­si là l’an pro­chain. Il sa­lue les ef­forts d’ani­ma­tion et de di­ver­si­fi­ca­tion des or­ga­ni­sa­teurs, en men­tion­nant les es­paces dé­diés au nau­tisme ou à la mon­tagne. Ce chef d’en­tre­prise pré­sent sur tout l’arc lé­ma­nique a ex­po­sé à deux re­prises au Comp­toir de Lau­sanne. «Mais j’étais si­tué à cô­té d’un con­cur­rent n’ex­ploi­tant au­cun ma­ga­sin dans la ré­gion. Pour moi, il est im­por­tant que le client puisse se rendre en­suite dans une ar­cade pour de­man­der des com­plé­ments d’in­for­ma­tion puis, le cas échéant, conclure une tran­saction.»

Fait-on des af­faires aux Au­tom­nales? Du re­pré­sen­tant de Roche Bo­bois à Ha­gop Ka­zan­jian, en pas­sant par Alexandre Bar­blan, ma­na­ger d’une so­cié­té d’ar­ticles de sport aqua­tiques, la ré­ponse est iden­tique: leur pré­sence est im­por­tante d’abord pour une ques­tion d’image. «Mais si les cou­loirs se vident, je né­go­cie­rai à la baisse mon contrat de lo­ca­tion», lâche un ex­po­sant. Par­tout en Suisse, les foires doivent se ré­in­ven­ter. En un an, Pa­lex­po a per­du près de 100 000 vi­si­teurs. Quant au groupe MCH, qui ex­ploite le Comp­toir Suisse mais aus­si Ba­sel­world, il a des sou­cis à se faire: en une an­née, le cours de son ac­tion est pas­sé de 65 à 27 francs. En re­vanche, la Foire du Va­lais car­tonne avec 224 000 vi­si­teurs. Sa fré­quen­ta­tion est en hausse, as­sure son di­rec­teur, Da­vid Ge­no­let. Cette an­née, 474 cha­lands de plus ont été ré­per­to­riés.

Ven­dre­di, la plu­part des ex­po­sants étaient sa­tis­faits de cette édi­tion des Au­tom­nales, la foire de Ge­nève.GEORGES CA­BRE­RA

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