«RF» et la lé­gè­re­té du «rien à perdre»

Ro­ger Fe­de­rer lance son 16e Mas­ters di­manche avec cette convic­tion: «Je dois jouer re­lax»

Tribune de Geneve - - SPORTS - Ma­thieu Aes­ch­mann

C’est une le­çon qui va ras­su­rer les plus in­cor­ri­gibles joueurs de club: Ro­ger Fe­de­rer re­dé­couvre aus­si par­fois des choses simples. Même à 37 ans, même après avoir tout ga­gné, tout connu sur un ter­rain de ten­nis, une se­maine aux contours in­at­ten­dus peut sou­dain jouer les pi­qûres de rap­pel. C’est en tout cas ain­si que «le Maître» a pré­sen­té, hier à Londres, son es­ca­pade plus ou moins pla­ni­fiée du cô­té de Ber­cy (dé­faite épique contre Djo­ko­vic en de­mi-fi­nale).

«J’y suis ar­ri­vé re­lax car je pen­sais avoir deux matches dans les jambes, pas plus. Mais le for­fait de Mi­los Rao­nic a chan­gé la dy­na­mique et j’ai joué le tour­noi à fond.» À fond. Mais en sou­plesse, avec ce pe­tit sup­plé­ment de lé­gè­re­té qui ac­com­pagne les épo­pées im­pré­vues. «C’est vrai, j’étais plus re­lâ­ché. D’ailleurs, je de­vrais pen­ser plus sou­vent: «tu n’as rien à perdre, re­garde ce qu’il se passe». Parce que, fran­che­ment, ce n’est pas à moi d’être le fa­vo­ri à 37 ans.» Une évi­dence comp­table que le Bâ­lois a pour­tant eu du mal à in­té­grer cet été. «Ces der­niers mois, ce n’était pas simple de pen­ser comme ça. Car quand tu joues peu, tu n’as vrai­ment pas en­vie de perdre vite. Je ne di­rais pas que j’étais cris­pé mais j’ai par­fois joué pour ne pas perdre. Or à Ber­cy, j’étais plus re­lax. C’était bien.»

Contre Ni­shi­ko­ri

Ro­ger Fe­de­rer sau­ra-t-il pro­lon­ger cet état de «dé­ta­che­ment contrô­lé» la se­maine pro­chaine dans l’am­biance sur­chauf­fée de l’O2 Are­na? C’est tout l’en­jeu de son sei­zième tour­noi des Maîtres qu’il lan­ce­ra di­manche face à Kei Ni­shi­ko­ri (21 h). Dans les faits, «RF» joue­ra un peu pour l’his­toire (100e titre – «ce n’est pas l’en­jeu: le Mas­ters est trop im­por­tant par lui-même») et beau­coup pour trans­for­mer sa sai­son en un cru mil­lé­si­mé (il n’a plus ga­gné le Mas­ters de­puis 2011). «Mais 2018 est dé­jà une ex­cel­lente an­née. Il y a douze mois, j’au­rais si­gné pour un Grand Che­lem de plus. En 2016, pen­dant ma bles­sure, aus­si. Et pa­reil il y a cinq ans.» Le rap­pel est utile. Il s’im­pose comme un pre­mier pas vers ce re­lâ­che­ment qui est de­ve­nu le meilleur al­lié de l’homme aux vingt titres du Grand Che­lem.

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