La pre­mière vic­time de guerre, Charles Fi­scher, était

Tribune de Geneve - - SPORTS -

UVous connais­sez le ca­po­ral Peu­geot? En France, c’est un mythe na­tio­nal. Dans l’im­mé­diat après-guerre, la Ré­pu­blique triom­phante a éle­vé, à Jon­che­ry, en Haute-Marne, un mo­nu­ment et un vé­ri­table culte à Jules An­dré Peu­geot, 21 ans, pre­mier mi­li­taire fran­çais de la Grande Guerre à tom­ber sous les balles al­le­mandes. Nous étions le 2 août, 10 h, quand cet ins­ti­tu­teur mo­bi­li­sé et dé­ployé près de la fron­tière était tué par une pa­trouille du 5e Jä­ger-Re­gi­ment zu Pferde, vrai­sem­bla­ble­ment éga­rée. C’était quelques heures avant l’ou­ver­ture des hos­ti­li­tés, la guerre étant dé­cla­rée le 3 août. Une au­baine pour la pro­pa­gande fran­çaise qui se ser­vi­ra de l’ac­cro­chage pour dé­non­cer la bar­ba­rie al­le­mande, fai­sant du ca­po­ral Peu­geot une vic­time prise en traître et le pre­mier «mort pour la France» d’une longue sé­rie.

Or, c’est faux. Le 1er août 1914, un jour plus tôt, un autre mi­li­taire au­rait pu pré­tendre au si­nistre titre et aux hon­neurs de la pa­trie.

Cet homme, c’est le sol­dat Charles Fi­scher, un Bâ­lois en­ga­gé au 42e ré­gi­ment d’in­fan­te­rie, et sta­tion­né sur la route du Bal­lon d’Al­sace, dans le Haut-Rhin. Il est éga­le­ment tué avant la dé­cla­ra­tion de guerre, mais, lui, abat­tu par sa propre pa­trouille:

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