Les par­tis hé­sitent entre lâ­che­té, crainte et sa­tis­fac­tion

Tribune de Geneve - - Genève - Florent Qui­que­rez Berne

● Avant de dire s’il ac­cepte ou re­fuse l’ac­cord-cadre avec l’UE, le Con­seil fé­dé­ral a dé­ci­dé de lan­cer un grand débat public sur le «deal» pro­po­sé. Face à cette stra­té­gie, il y a ceux qui ap­plau­dissent, comme le PLR. «Après cinq ans de spé­cu­la­tions et beau­coup d’in­cer­ti­tudes, un texte concret est en­fin sur la table», se fé­li­cite Laurent Wehr­li (PLR/VD). Pour lui, une consul­ta­tion était né­ces­saire: «C’est dans la tra­di­tion de notre po­li­tique.» Le Vau­dois sou­ligne deux autres points po­si­tifs. «Il n’y a pas de re­prise au­to­ma­tique du droit eu­ro­péen dans l’ac­cord et plu­sieurs ex­cep­tions suisses res­tent au ni­veau des me­sures d’ac­com­pa­gne­ment.» Élo­gieux aus­si, le Par­ti vert’li­bé­ral. «Le pré­sent ac­cord-cadre as­sure et ren­force l’ac­cès de notre économie, re­cherche et so­cié­té à l’Eu­rope. En même temps, il as­sure la pro­tec­tion sa­la­riale», ré­agit la pré­si­dente du groupe, Tia­na Mo­ser (ZH). Le par­ti at­tend du Con­seil fé­dé­ral qu’il s’engage de toutes ses forces pour cet ac­cord. «Ne pas prendre po­si­tion n’est pas une op­tion. Nous ne de­vons pas me­ner nos re­la­tions bi­la­té­rales dans le mur à cause d’un dog­ma­tisme syn­di­cal.»

Car c’est bien du cô­té des syn­di­cats que bute le texte. «Le Con­seil fé­dé­ral confirme nos pires craintes», écrit l’Union syn­di­cale suisse. De son cô­té, le pré­sident du groupe so­cia­liste, Ro­ger Nord­mann (VD), es­time que le gou­ver­ne­ment a bien fait de ne pas pa­ra­pher l’ac­cord. «Comme le constate le Con­seil fé­dé­ral, le texte trans­gresse lar­ge­ment la ligne rouge en ma­tière de pro­tec­tion des sa­laires. Le bi­nôme ga­gnant sur l’Eu­rope qui re­groupe pro­tec­tion des sa­laires et ou­ver­ture vo­le­rait en éclats. En l’état, cet ac­cord n’a pas la moindre chance d’être ac­cep­té.»

À l’autre bout de l’échi­quier po­li­tique, l’UDC est aus­si sou­la­gée que le Con­seil fé­dé­ral n’ait pas pa­ra­phé l’ac­cord, mais se dit en même temps «conster­née» qu’il ne l’ait pas di­rec­te­ment re­fu­sé. «Le gou­ver­ne­ment joue la montre», dé­nonce l’UDC. Vice-pré­si­dente du par­ti, la Ge­ne­voise Cé­line Amau­druz parle d’une dé­ci­sion «d’une lâ­che­té ab­so­lue».

À peine moins sé­vère, mais pour d’autres rai­sons, Ka­thy Rik­lin (PDC/ZH) évoque un manque de cou­rage. «Ça sert à quoi d’avoir né­go­cié pen­dant si long­temps, pour fi­na­le­ment ne rien dé­ci­der? Le Con­seil fé­dé­ral se met à ge­noux de­vant l’UDC et le PS, mais il ne dit pas com­ment il pense sor­tir de l’im­passe.» Pour elle, il n’a au­cune stra­té­gie.

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.