Pas de doute, le LS va ga­gner et re­lan­cer le cham­pion­nat

Tribune de Geneve - - Sports - An­dré Bo­schet­ti Jour­na­liste

Di­manche 26 mai 2019. Pros­tré dans son ves­tiaire du Stade de Ge­nève quelques mi­nutes après une in­utile vic­toire contre Kriens, Alain Gei­ger re­passe pour la énième fois dans sa tête le film de cette sai­son. Et une fois en­core il re­pense à ce si­nistre 8 dé­cembre 2018. Ce soir-là, à la Pon­taise, Ser­vette avait tout en main pour «tuer» le sus­pense. Mais, après sept vic­toires consé­cu­tives, son équipe avait tré­bu­ché. Un re­vers a prio­ri ano­din, puisque les Ge­ne­vois comp­taient alors en­core quatre lon­gueurs d’avance sur le LS. Mais cette vic­toire lau­san­noise dans le der­by lé­ma­nique – de sur­croît ac­quise avec la ma­nière – mar­quait le re­nou­veau de l’équipe de Gior­gio Con­ti­ni.

Le LS n’en est pas en­core là au­jourd’hui. Mais il s’ap­prête à dé­fier le lea­der de Challenge League à un mo­ment idéal. Parce qu’il ne va pas man­quer une si belle oc­ca­sion de mon­trer que cette mé­ta­mor­phose, amor­cée contre Win­ter­thour et Aa­rau, est dé­fi­ni­tive. Un pro­fond chan­ge­ment d’état d’es­prit qui trouve peut-être sa ge­nèse le 14 no­vembre der­nier. Plus qu’aga­cé par ce qu’il voit de­puis deux mois, Da­vid Thomp­son, le pré­sident du Lau­sanne-Sport, dé­cide de s’adres­ser di­rec­te­ment aux joueurs. Un face-à-face, sans le moindre éclat de voix, d’une quin­zaine de mi­nutes qui a pour but de pla­cer l’équipe face à ses res­pon­sa­bi­li­tés. Trois jours après le 100e an­ni­ver­saire de l’ar­mis­tice, l’An­glais in­siste sur les ver­tus incontournables que sont la solidarité et l’es­prit de corps pour qui veut vrai­ment ga­gner. En fi­li­grane, Da­vid Thomp­son fait com­prendre aux joueurs qu’Ineos, le très gé­né­reux pro­prié­taire du club, les a tous trai­tés comme des rois et mais qu’eux se sont trop sou­vent com­por­tés comme des bouf­fons.

La deuxième rai­son prin­ci­pale pour la­quelle le LS va battre Ser­vette sa­me­di, et to­ta­le­ment re­lan­cer le cham­pion­nat, a pour nom Gior­gio Con­ti­ni. La sur­pre­nante pro­mo­tion conquise à la tête de Va­duz en 2014 lui avait fait croire que la re­cette uti­li­sée au Liech­ten­stein était par­tout ga­rante de suc­cès. Son li­cen­cie­ment du FC Saint-Gall, après huit mois seule­ment, pour ab­sence de spec­tacle a été un pre­mier aver­tis­se­ment dont le Zu­ri­chois n’a pas vou­lu te­nir compte. À la Pon­taise non plus, du moins jus­qu’à la mi-no­vembre et sa prise de conscience – souf­flée à son oreille ou pas im­porte fi­na­le­ment as­sez peu – que la pro­gres­sion col­lec­tive d’une équipe su­pé­rieure in­di­vi­duel­le­ment à ses ad­ver­saires passe im­pé­ra­ti­ve­ment par le jeu et une at­ti­tude conqué­rante.

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