Une af­faire mo­bi­lise un co­mi­té de sou­tien

Une cen­taine de per­sonnes créent un co­mi­té de sou­tien pour ai­der les femmes qui se sont plaintes de har­cè­le­ment

Tribune de Geneve - - La Une - Ch­loé De­thu­rens

De­puis quelques mois, l’af­faire sen­sible d’un syn­di­ca­liste har­ce­leur a plu­sieurs fois fait l’ac­tua­li­té. Cer­taines de celles qui ont té­moi­gné contre lui ont en­suite connu quelques dif­fi­cul­tés. Un co­mi­té de sou­tien, qui réunit une cen­taine de per­sonnes des mi­lieux de gauche, s’est créé afin de les épau­ler.

Une cen­taine de per­sonnes, dont de nom­breux élus, ont créé un co­mi­té de sou­tien en fa­veur des vic­times d’un syn­di­ca­liste ge­ne­vois. En dé­cembre, une di­zaine de femmes té­moi­gnaient du com­por­te­ment dé­pla­cé de ce der­nier à leur égard, sur de nom­breuses an­nées. Ces vic­times dé­cri­vaient no­tam­ment les consé­quences de ces gestes sur leur san­té et leur vie pro­fes­sion­nelle, par­fois du­re­ment tou­chées.

Or, de­puis la pa­ru­tion de l’en­quête de la «Tri­bune de Ge­nève», qui a dé­bou­ché sur une pro­cé­dure in­terne au sein du syndicat Unia – ac­tuel em­ployeur du concer­né – cer­taines vic­times es­timent avoir été dé­ni­grées et os­tra­ci­sées «par une mi­no­ri­té». En effet, plu­sieurs voix ont dé­non­cé un «lyn­chage mé­dia­tique» à l’en­contre du syn­di­ca­liste en ques­tion. Ses sou­tiens au sein du syndicat SSP (son an­cien em­ployeur) ont par ailleurs vo­té un texte vi­sant à le dé­fendre, créant de vives ten­sions à l’in­terne.

Élus et mi­li­tants

Face à ces ré­ac­tions, et pour ai­der les vic­times dans leur com­bat, plus d’une cen­taine de per­son­na­li­tés de gauche (syn­di­ca­listes, mi­li­tants po­li­tiques, etc.) ont créé un co­mi­té de sou­tien. «Nous de­vons consta­ter des di­ver­gences au sein même des ins­tances de cer­tains syn­di­cats. Les femmes qui ont osé dé­non­cer ces agis­se­ments ne sont non seule­ment pas sou­te­nues, mais pas même en­ten­dues», re­late leur lettre ou­verte.

Ces per­sonnes, par­mi les­quelles fi­gurent la conseillèr­e na­tio­nale éco­lo­giste Delphine Klop­fen­stein-Brog­gi­ni, le conseiller ad­mi­nis­tra­tif de la Ville de Ge­nève Ré­my Pa­ga­ni, le dé­pu­té Jean Ba­tou ou l’an­cienne pré­si­dente de la CGAS Ma­nue­la Cat­ta­ni, ap­pellent à ce que tous les mi­li­tants des or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales, po­li­tiques et fé­mi­nistes «qui adhèrent à la lutte contre toutes les in­éga­li­tés et les dis­cri­mi­na­tions» les re­joignent.

Le co­mi­té dé­nonce les cri­tiques faites aux plai­gnantes. «Leur re­pro­cher leur dé­marche, c’est ou­blier le dé­ni­gre­ment dont elles ont dé­jà été vic­times et la dif­fi­cul­té à oser por­ter pu­bli­que­ment plainte pour har­cè­le­ment.» Pour les si­gna­taires, «ce qui de­vrait nous scan­da­li­ser n’est pas tant que la presse se soit em­pa­rée du su­jet, mais plu­tôt que des com­por­te­ments qui du­raient de­puis des an­nées, et dont on en­tend dire que «tout le monde était au cou­rant», n’aient pas été abor­dés de front par les ins­tances syn­di­cales». Les faits dé­non­cés par les vic­times datent ef­fec­ti­ve­ment pour cer­tains de très longue date, et sont ré­cur­rents.

De­mandes re­fu­sées

Une par­tie des vic­times se sont réunies au sein d’un col­lec­tif afin d’être dé­fen­dues par deux avo­cates, Mes Cla­ra Sch­neuw­ly et Camille Mau­li­ni. Le sou­hait de ces der­nières, qui de­man­daient à être da­van­tage im­pli­quées dans l’en­quête, vient d’être à nou­veau re­fu­sé ce mer­cre­di, a ap­pris la «Tri­bune de Ge­nève».

Celles-ci vou­laient no­tam­ment avoir ac­cès à la po­si­tion du syn­di­ca­liste concer­né au su­jet de leurs dé­cla­ra­tions, mais aussi aux conclu­sions de l’in­ves­ti­ga­tion avant qu’elles ne soient trans­mises à l’em­ployeur. Elles sou­hai­taient aussi être mises au cou­rant des me­sures dé­ci­dées par Unia avant leur pu­bli­ca­tion, tout en étant libres de com­mu­ni­quer en tout temps sur ce dos­sier, «ce dans le res­pect de la pro­tec­tion de la per­son­na­li­té du mis en cause».

À notre connais­sance, une nou­velle vic­time du syn­di­ca­liste, sus­pen­du de ses fonc­tions, a pris contact di­rec­te­ment avec l’or­ga­nisme ex­terne Be­trieb, char­gé de l’en­quête, qui se pour­suit.

«Leur re­pro­cher leur dé­marche, c’est ou­blier le dé­ni­gre­ment dont elles ont dé­jà été vic­times et la dif­fi­cul­té à oser por­ter plainte pour har­cè­le­ment» Le co­mi­té de sou­tien

Newspapers in French

Newspapers from Switzerland

© PressReader. All rights reserved.