Trois ques­tions à Pe­ter Cau­we­lier, pré­sident de la Chambre de Com­merce Fran­co-Thaïe (CCFT)

Gavroche Thaïlande - - Le Village I Actu - Propos recueillis par

Vous avez pris la pré­si­dence de la Chambre en mars 2013. Quel pre­mier bilan ti­rez-vous ? 2014 a été une an­née par­ti­cu­lière pour la Thaï­lande. Les ma­ni­fes­ta­tions po­li­tiques ont eu un im­pact très im­por­tant sur cer­taines en­tre­prises, no­tam­ment dans le sec­teur du tou­risme. Pour la CCFT elle-même, l’im­pact a été re­la­ti­ve­ment faible. Evi­dem­ment, nous avons dû an­nu­ler cer­tains évè­ne­ments, soit parce que le centre-ville n’était pas as­sez pai­sible, soit parce que le thème choi­si n’était pas en adé­qua­tion avec l’ac­tua­li­té. Par exemple, il est dif­fi­cile de par­ler de l’éco­no­mie du pays quand l’éco­no­mie est qua­si­ment à l’ar­rêt à cause d’in­cer­ti­tudes po­li­tiques. Mal­gré cette pé­riode ten­due, l’an­née 2014 a été plu­tôt bonne pour la Chambre, avec un nombre de membres stable et un nombre d’évè­ne­ments en crois­sance (51 évé­ne­ments en 2014). Il me semble im­por­tant de sou­li­gner deux ten­dances. D’abord, mal­gré l’image d’une Thaï­lande plu­tôt in­stable et des ques­tions sur l’évo­lu­tion po­li­tique et so­cié­tale pour le fu­tur proche, nous conti­nuons de re­ce­voir beau­coup de re­quêtes de so­cié­tés fran­çaises in­té­res­sées par le pays et son po­ten­tiel. En fait, l’ac­ti­vi­té «ser­vice d’ap­pui aux en­tre­prises» de la CCFT a en­re­gis­tré un nombre re­cord de de­mandes en 2014. D’autre part, de plus en plus de Fran­çais nous contactent pour trou­ver un em­ploi en Thaï­lande. Ce­la concerne des étu­diants qui cherchent un stage comme pre­mière ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle, mais aus­si de jeunes di­plô­més qui tentent de dé­cro­cher leur pre­mier em­ploi ici.

Quels sont les pro­jets et les ob­jec­tifs de la CCFT pour 2015 et au-de­là ? Le plan stra­té­gique que nous avons dé­ve­lop­pé avec le conseil de la CCFT dé­but 2014 a trois axes prin­ci­paux. Le pre­mier est d’avoir une cou­ver­ture plus large, no­tam­ment d’élar­gir notre ré­seau en de­hors de Bang­kok, avec des pos­si­bi­li­tés d’or­ga­ni­ser des évé­ne­ments et de trou­ver de nou­veaux membres à Chiang Mai, Phu­ket, Khon Kaen ou Chon­bu­ri. En plus de cette cou­ver­ture géo­gra­phique, nous sou­hai­tons aus­si sup­por­ter des groupes par­ti­cu­liers. Dans un pre­mier temps, nous avons dé­jà com­men­cé en 2014 à ap­por­ter notre aide aux en­tre­pre­neurs, en leur pro­po­sant des sé­mi­naires dé­diés à leurs pro­blé­ma­tiques ain­si que du men­to­ring pour les ac­com­pa­gner dans la mise en pra­tique de leurs pro­jets. Nous al­lons pour­suivre l’aide aux en­tre­pre­neurs en 2015 et nous conti­nue­rons no­tam­ment de tra­vailler avec d’autres chambres dans la zone pour par­ta­ger des ex­pé­riences. Deuxiè­me­ment, nous de­vons aus­si iden­ti­fier plus de so­cié­tés thaï­lan­daises comme membres po­ten­tiels. Celles-ci pour­ront pro­fi­ter de notre ré­seau exis­tant et de nos sup­ports pour dé­ve­lop­per leurs ac­ti­vi­tés en Eu­rope, et en même temps elles per­met­tront à nos membres exis­tants de dé­ve­lop­per leur ré­seau et de jouir de nou­velles op­por­tu­ni­tés. Le deuxième axe cherche à com­plé­ter les ser­vices que nous of­frons à nos membres. Notre offre est dé­jà si­gni­fi­ca­tive, mais par­fois peu connue. Notre am­bi­tion est d’être le « One-Stop Ser­vice » qui au mi­ni­mum ai­guille nos membres dans la bonne di­rec­tion ou qui offre le ser­vice re­cher­ché. Le troi­sième axe se fo­ca­lise sur le développement et le ren­for­ce­ment de notre équipe.

Quelle est la po­si­tion de la Chambre sur le pro­jet du gou­ver­ne­ment de mo­di­fier le Fo­rei­gn Business Act au dé­tri­ment des in­ves­tis­seurs étran­gers ? Le FBA a beau­coup fait par­ler pen­dant quelques se­maines en no­vembre, avec sou­vent des in­for­ma­tions confuses. La CCFT, à la fois sé­pa­ré­ment et en collaboration avec la JFCCT ( Joint Fo­rei­gn Cham­bers of Com­merce, Ndlr) a très ra­pi­de­ment ré­agi pour ex­pri­mer, aus­si bien d’une fa­çon for­melle que par des moyens plus in­for­mels, notre com­plète op­po­si­tion à un re­tour vers une si­tua­tion plus contrai­gnante. Ce n’est pas dans l’in­té­rêt de la Thaï­lande, dans une pé­riode de crois­sance mon­diale li­mi­tée, de créer des obs­tacles aux in­ves­tis­seurs. Le su­jet a été ra­pi­de­ment clos, et le Pre­mier mi­nistre a d’ailleurs confir­mé ex­pli­ci­te­ment, pen­dant la ses­sion avec les dif­fé­rentes chambres bi­la­té­rales dé­but dé­cembre, qu’il n’y au­rait pas de ré­vi­sion de la FBA. Main­te­nant, nous ne consi­dé­rons pas que ce sta­tu quo soit sa­tis­fai­sant. En terme de li­bé­ra­li­sa­tion du mar­ché, la Thaï­lande n’est clai­re­ment pas en avance par rap­port aux autres pays de la zone. Nous conti­nuons à pro­mou­voir la li­bé­ra­li­sa­tion, en par­ti­cu­lier dans le sec­teur des ser­vices, au­près des au­to­ri­tés. L’ar­ri­vée du pro­jet AEC (Asean Eco­no­mic Com­mu­ni­ty, Ndlr) à la fin de 2015, même s’il ne s’agit que d’une pre­mière étape, contri­bue­ra cer­tai­ne­ment à la li­bé­ra­li­sa­tion de la Thaï­lande par­mi les dix membres de l’ASEAN. Le royaume est très bien po­si­tion­né pour per­mettre à des in­ves­tis­seurs de pro­fi­ter au maxi­mum de la dy­na­mique éco­no­mique de cette zone.

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