Kak­ku, une fo­rêt de stou­pas

La Bir­ma­nie re­gorge de sites sa­cr és. Kak­ku, si­tué sur le pla­teau Pa-Oh, à deux pe­tites heures de route du lac In­lé, est l’un d’eux. Le site est ja­lou­se­ment gar­dé par l’Or­ga­ni­sa­tion Nationale des Pa-ohs (PNO), qui ne re­con­naît au­cune autre au­to­ri­té que la

Gavroche Thaïlande - - Première Page -

Les fonc­tion­naires bir­mans por­tant l’uni­forme s’abs­tiennent de mon­trer leurs ga­lons. La tra­ver­sée de la ré­gion Pa-Oh (elle en­toure tout le lac In­lé) est plu­tôt agréable. Les champs consa­crés à la po­ly­cul­ture tra­di­tion­nelle (aulx, choux, riz, blé, maïs, ha­ri­cots) sont om­ni­pré­sents sur le pla­teau Pa-Oh. On y trouve aus­si de nom­breuses plan­ta­tions de san­tal et de tha­nat­pè qui four­nissent les feuilles dans les­quelles on en­ve­loppe les ci­gares bir­mans (chi­routes). Les sites an­ciens sont sou­li­gnés par la pré­sence de ba­nyans sé­cu­laires qui do­minent les pay­sages hu­ma­ni­sés. Contrai­re­ment à ce dont on pour­rait s’at­tendre, le Quar­tier Gé­né­ral des Pa-Ohs (qui ont si­gné un ac­cord de ces­sez-le-feu avec l’ar­mée bir­mane en 1996), n’est ba­sé ni dans la jungle, ni dans une des ca­vernes qui foi­sonnent dans la ré­gion, ni dans une hutte ca­mou­flée au sein d’un vil­lage. Elle a pi­gnon sur rue. Un bel im­meuble dans le quar­tier com­mer­çant, en plein centre de Taung­gyi (la ca­pi­tale de l’Etat Shan). Pour al­ler vi­si­ter Kak­ku, il fau­dra d’abord ob­te­nir l’au­to­ri­sa­tion de l’Or­ga­ni­sa­tion du tou­risme Pa-Oh (qui contrôle éga­le­ment les Gol­den Is­land Cot­tages du lac In­lé). Le bâ­ti­ment est ins­tal­lé dans un quar­tier mar­chand très ani­mé de Taung­gyi. Ar­rêt obli­ga­toire. Le por­trait d’U Aung Kham­ti, chef tra­di­tion­nel des PaOh, do­mine les bu­reaux de ré­cep­tion de la Pa-Oh Na­tio­nal Or­ga­ni­sa­tion ins­tal­lée à Taung­gyi. La PNO ad­mi­nistre les sites tou­ris­tiques pla­cés sous son contrôle. Le chef des Pa-Ohs af­fiche ses convic­tions re­li­gieuses et pa­ci­fiques en re­ce­vant ses vi­si­teurs, quand sa san­té le

per­met, au mi­lieu de sa col­lec­tion de sta­tues du Boud­dha. Quant à ses convic­tions po­li­tiques et éco­no­miques, il suf­fit de sa­voir que, de­puis les ac­cords de ces­sez-le-feu si­gnés avec le gé­né­ral Khin Nyunt, alors puis­sant Pre­mier se­cré­taire de la junte, il en­tre­tient les meilleurs rap­ports avec les gé­né­raux bir­mans qui lui au­raient of­fert une belle conces­sion dans la zone des mines de jade de l’Etat Ka­chin. Ra­vi de ce ca­deau, il se dit qu’il a of­fert à la junte un gi­gan­tesque ro­cher de jade de trois mille tonnes, dé­cou­vert par ha­sard sur son ex­ploi­ta­tion. Ce se­rait le plus gros bloc de jade du monde. Compte-te­nu de l’énor­mi­té des moyens financiers et tech­niques né­ces­saires pour ex­ploi­ter ce bloc, d’au­cuns ajoutent qu’il ne pou­vait évi­dem­ment faire face aux be­soins. A l’évi­dence, il était trop loin du ter­ri­toire Pa-Oh pour ti­rer plei­ne­ment pro­fit de sa dé­cou­verte. Après avoir rem­pli les pa­pe­rasses ha­bi­tuelles sous l’oeil dé­bon­naire d’U Aung Kham­ti, l’au­to­ri­sa­tion de vi­si­ter Kak­ku est ac­cor­dée sans dé­lai avec un ver­se­ment de trois dol­lars. Mais il faut obli­ga­toi­re­ment prendre un jeune «guide Pa-Oh» qui, pour cinq dol­lars de plus, est sup­po­sé nous ex­pli­quer les lieux et ser­vir d’in­ter­prète. Sa ru­di­men­taire com­pé­tence en langue an­glaise, cou­plée avec des bribes de connais­sances cultu­relles et his­to­riques, est ga­ran­tie par le fait qu’il a sui­vi quelques cours d’in­for­ma­tique à l’Uni­ver­si­té de Tech­no­lo­gie de Taung­gyi. Bien que l’en­trée sur le site soit gra­tuite pour le guide, elle ne l’est pas pour les tou­ristes. A Kak­ku, pour pé­né­trer dans les lieux, il faut en­core ver­ser une obole de 10 dol­lars pour ali­men­ter un « fond de do­na­tion pour les mul­tiples ré­no­va­tions et res­tau­ra­tions des pa­godes an­ciennes du ter­ri­toire Pa-oh ». Si l’on en juge par les « ré­no­va­tions » opé­rées sur la fo­rêt de stou­pas qui peuplent le site à l’in­fi­ni, les do­na­tions af­fluent sans pro­blème. Les ad­mi­ra­teurs d’art boud­dhique ont donc du sou­ci à se faire. L’en­trée sur le site de Kak­ku est mar­quée par un porche d’hon­neur. Grâce aux pay­sa­gistes et ma­çons qui sont pas­sés par là, des mil­liers de stu­pas ré­no­vés ont fière al­lure. Mais les om­brelles at­tendent en­core leurs do­rures. Les fa­çades res­tau­rées, ali­gnées au cor­deau, ont ga­gné en ci­ment ce qu’elles ont per­du en stucs. A Kak­ku comme ailleurs, les do­na­teurs (daya­kas) sont tou­jours à l’af­fût d’une ac­tion mé­ri­toire. La « ré­no­va­tion » des stu­pas entre dans ce cadre. Le Boud­dha ne peut qu’être très content puisque ses fi­dèles n’hé­sitent pas à in­ves­tir par­fois des sommes im­por­tantes pour « ré­no­ver »

cer­tains mo­nu­ments. Dans le cas où la struc­ture choi­sie est to­ta­le­ment écrou­lée, la ré­no­va­tion est lais­sée à l’ini­tia­tive d’un construc­teur qui a ap­pris, en plu­sieurs an­nées, l’art de mé­lan­ger de l’eau avec du ci­ment. Le do­na­teur est quand même ré­com­pen­sé car, au mieux, on place de­vant le bâ­ti­ment « ré­no­vé » une plaque de marbre sur la­quelle les noms du do­na­teur et de sa fa­mille (quel­que­fois la somme in­ves­tie), ain­si que sa ville d’ori­gine sont gra­vés. Au pire, la plaque est en­cas­trée dans la nou­velle struc­ture. Toutes les res­tau­ra­tions sont ain­si si­gna­lées à l’ad­mi­ra­tion des fu­turs do­na­teurs qui veulent eux aus­si voir leur nom gra­vé dans le marbre.

Vieux stucs et boud­dhas bles­sés

A Kak­ku, des res­tau­ra­tions im­po­lies ont été ef­fec­tuées de­puis une ving­taine d’an­nées sur les mo­nu­ments et la plu­part des per­son­nages qui ornent les stu­pas. Mais la qua­li­té des nou­veaux stucs est loin d’éga­ler celle des ma­té­riaux uti­li­sés par les an­ciens dé­co­ra­teurs. Ceux de la pé­riode de Pa­gan, qui ont fait la gloire de la ci­té an­cienne, fa­bri­quaient des stucs de grande qua­li­té : leurs oeuvres ad­mi­rables, na­tu­rel­le­ment conser­vées, sont en­core vi­sibles sur tout le ter­ri­toire de la ci­té an­cienne. Mais à Kak­ku, que l’on peut da­ter, au plus tôt, du XVIIe siècle, les stucs semblent avoir moins bien ré­sis­té aux in­tem­pé­ries, sans doute en rai­son des pluies abon­dantes pen­dant la sai­son hu­mide. Les vieux dé­cors stu­qués, qui avaient été épar­gnés par les trem­ble­ments de terre, n’ont pas échap­pé aux pics des ré­no­va­teurs. Les mor­ceaux de stucs et d’in­nom­brables sta­tues du Boud­dha, pri­vées de leur tête et de leurs membres, dé­sa­cra­li­sées, ont été je­tées en vrac et tête-bêche dans des ré­serves grilla­gées qui tiennent plus du dé­po­toir que du dé­pôt de sta­tues an­ciennes. Il y en a trois sur le site. Au­tre­fois, tous les temples et stu­pas de Bir­ma­nie étaient re­cou­verts d’un en­duit pro­tec­teur de cou­leur blan­châtre lors­qu’ils n’étaient pas do­rés. Cette sorte de stuc avait la ré­pu­ta­tion de les rendre plus so­lides. La re­cette tra­di­tion­nelle de sa fa­bri­ca­tion s’est conser­vée : neuf doses de ky­we­gauk (peau de buffle bouillie jus­qu’à ce qu’elle at­teigne la consis­tance de la colle), sept doses de plâtre et deux doses de jag­ge­ry (sucre de palme ob­te­nu à par­tir de la sève du pal­mier Bo­ras­sus fla­bel­li­fer). Pen­dant la construction de Man­da­lay (vers 1855-1857), le Vé­né­rable The­pin dé­cla­ra que les gens qui ha­bi­taient la par­tie nord du pays étaient plus in­tel­li­gents que ceux qui ha­bi­taient la par­tie sud. Un autre moine cé­lèbre, Thin­ga­za, l’ap­prou­va en pré­ci­sant que les sa­vants ha­bitent tou­jours dans le nord « parce que le Boud­dha pré­fère le jus de palme du nord ». Comme le rai­son­ne­ment lais­sait ses co­re­li­gion­naires stu­pé­faits, il ajou­ta : « Lors­qu’on pré­pare du stuc avec le jus de la par­tie nord, il est de meilleure qua­li­té. Si on l’uti­lise pour construire un stu­pa, il est plus beau. Donc ce­la fait plai­sir au Boud­dha. En re-

connais­sance le Boud­dha accorde plus de fa­veurs aux ha­bi­tants de la par­tie nord du pays ! » Ar­gu­ment im­pa­rable pour les fi­dèles per­sua­dés d’avance, mais en contra­dic­tion avec l’His­toire puisque les Bri­tan­niques oc­cu­paient la par­tie sud de la Bir­ma­nie de­puis 1826.

Les dieux et les hommes sur les stu­pas de Kak­ku

Com­pa­rés avec les autres struc­tures boud­dhiques du pays, la grande ori­gi­na­li­té de Kak­ku c’est d’ex­po­ser, sur ses stu­pas de style Shan, des dé­cors uniques et un foi­son­ne­ment de per­son­nages co­lo­rés (les cou­leurs d’ori­gine ont sou­vent mal­heu­reu­se­ment dis­pa­ru) qui ornent les bases et les angles des mo­nu­ments : le Boud­dha, les dieux hin­dous qui lui sont as­so­ciés (Brah­ma, Vi­sh­nou) ou en­core Thu­ra­tha­ti as­sise sur sa mon­ture, un ham­sa (le ca­nard brah­mine). Cette déesse est très vé­né­rée en Bir­ma­nie où elle est présente dans toutes les pa­godes. Elle est à la fois la déesse de la culture, de l’édu­ca­tion et de la mu­sique. Sur les mo­nu­ments, d’in­nom­brables gé­nies, des per­son­nages my­thiques et pro­fanes se dis­putent la pré­émi­nence pour ac­cueillir les fi­dèles avec leur meilleur sou­rire. Les pè­le­rins lo­caux font d’ailleurs de même avec les vi­si­teurs étran­gers. En dé­cou­vrant les stu­pas, les fi­dèles peuvent ain­si re­con­naître leurs déi­tés pré­fé­rées : no­tam­ment les ani­maux my­thiques tels Ma­nu­thi­ha/ Ma­nu­this­sa (le gé­nie gar­dien des pa­godes avec un torse d’homme au vi­sage ave­nant et un double ar­rière-train de lion) et les lions tra­di­tion­nels gar­diens des mo­nu­ments. Il ne faut pas hé­si­ter à quit­ter les sen­tiers mar­brés, à s’at­tar­der et à prendre le temps de se dé­pla­cer au mi­lieu des édi­fices, car un stou­pa en cache tou­jours un autre. Un vrai ma­nège qui ne donne pas le tour­nis dans le monde du rêve. Au­cune re­cherche his­to­rique n’a été faite sur le site de Kak­ku. La tâche est d’au­tant plus dif­fi­cile qu’il n’existe au­cune ar­chive ou do­cu­ment connu sur les construc­tions. Ces der­nières ne sont pas da­tées et, quand elles portent une ins­crip­tion, elles donnent seule­ment le nom du do­na­teur. Un guide de pas­sage ex­plique à ses clients que Kak­ku re­groupe 2478 struc­tures, glo­ba­le­ment sem­blables, mais très dif­fé­rentes dans les dé­tails. Le plus vieux stou­pa (fa­cile à re­pé­rer, c’est le plus grand de tous et, par bon­heur, au­cun puis­sant n’a en­core pen­sé à le do­rer) au­rait été construit par le roi bir­man Anô­ra­tha (1044-1077), mais rien ne ré­vèle cette an­ti­qui­té puisque son ar­chi­tec­ture le re­lie clai­re­ment au XIXème siècle. Le guide ras­sure les plus du­bi­ta­tifs en pré­ci­sant que le stu­pa ori­gi­nel a été en­châs­sé dans le mo­nu­ment ac­tuel. La plu­part des stu­pas, construits avec des blocs de cal­caire ou de la­té­rite taillés, sont des mo­nu­ments com­mé­mo­ra­tifs. Mais cer­tains ont une fonc­tion clai­re­ment fu­né­raire. Sur le toit éta­gé des plus pe­tits, on peut dis­tin­guer la forme des cer­cueils en­ro­bés de ta­pis­se­ries bro­dées qui étaient uti­li­sées à Man­da­lay au XIXème siècle pen­dant les fu­né­railles.

Une ga­le­rie de per­son­nages du folk­lore bir­man

Per­son­nages my­thiques, mi­nistres, sol­dats, mu­si­ciens avec leurs ins­tru­ments (flûtes, tam­bours, cym­bales, cla­quettes de bam­bou), acro­bates s’ac­crochent aux bases des stu­pas et sur les pre­mières ter­rasses. Le Pyin­sa­ru­pa (ani­mal aux cinq formes), voi­sine avec un gé­nie ex­hi­bant un livre pour rap­pe­ler les textes sa­crés. Un autre gé­nie à la coiffure éla­bo­rée (chi­gnon sur le som­met du crâne) porte un vase. L’eau lus­trale jouait sans doute un rôle im­por­tant dans ces cé­ré­mo­nies car de nom­breux gé­nies sont équi­pés de ré­ci­pients qui leur per­mettent de ver­ser de l’eau en té­moi­gnage de la re­li­gio­si­té du do­na­teur. Cette eau, ver­sée sur le sol, ab­sor­bée par la déesse de la terre, illus­trait en quelque sorte un contrat sym­bo­lique entre le fi­dèle et la di­vi­ni­té. Les simples mor­tels, vê­tus à la pay­sanne, portent des di­vi­ni­tés sur leurs épaules. Mi­nistres, rois et reines pré­sentent leurs plus beaux atours tan­dis que d’autres per­son­nages im­por­tants ont en­dos­sé beaux cos­tumes et ja­quettes. Cer­taines fi­gures, d’autres en­tur­ban­nés comme les Pa-Ohs ac­tuels, ar­borent des vestes et des coif­fures tra­di­tion­nelles. Cer­taines sta­tues portent des en­fants (des gar­çons) ha­billés, pour le haut, comme des adultes. Les ogres gri­ma­çants (ba­loo) ne sont ja­mais bien loin. Le bes­tiaire est com­plé­té par d’in­nom­brables élé­phants, oi­seaux, tortues, lions et singes te­nant des ba­nanes. Na­gas et pe­tits Kin­na­ris sou­riants sont om­ni­pré­sents sur les stou­pas. Les fa­çades sont jo­li­ment or­nées de fleurs et feuillages en­tre­la­cés. Cer­taines struc­tures sortent de l’or­di­naire, comme celle de la tor­tue por­tant un stu­pa dé­co­ré de feuilles de lo­tus sur sa ca­ra­pace, tan­dis que les do­na­teurs du mo­nu­ment sont pla­cés à l’ar­rière. Un autre temple re­mar­quable, sans doute un des plus an­ciens (pé­riode Nyaung Yan, XVIIIème siècle) montre le Boud­dha gi­sant mort, pla­cé sur le dos (à ne pas confondre avec le Boud­dha au re­pos), en­tou­ré de nom­breux moines dont les sta­tues sont re­cou­vertes de robes oranges. Les dé­cors an­ciens, qui au­raient pu four­nir de pré­cieuses in­di­ca­tions, ont été sys­té­ma­ti­que­ment dé­truits par les ré­no­va­teurs qui ont soi­gneu­se­ment blan­chi l’en­semble à la chaux. Mais les fi­dèles ne sont pas dé­cou­ra­gés par ce qui pour­rait res­sem­bler à un ou­trage. Un moine chi­nois de Pe­nang a fait ré­no­ver la pa­gode at­te­nante et le grand cou­loir d’ac­cès avec des plaques de terre cuite émaillées. Les noms des do­na­teurs chi­nois sont gra­vés sur les stu­pas ré­no­vés. Le cou­loir dé­bouche sur le ves­ti­bule de la pa­gode. On peut y ad­mi­rer une autre cu­rio­si­té : un élé­phant vo­lant qui, na­tu­rel­le­ment, porte une pa­gode sur son dos. Pour les plus aven­tu­reux, un es­ca­lier cou­vert per­met de des­cendre au ni­veau du bas­sin ri­zi­cole de Ho­pong et de flâ­ner sur les bords de la ri­vière. G. L.

es fa­mi­liers de la Thaï­lande et de ses moeurs po­li­ti­co-sexuelles peuvent quand même es­sayer de trans­po­ser la scène dans l’an­cien royaume de Siam. Le lieu ? Le tri­bu­nal de la prin­ci­pale mé­tro­pole du nord du pays, par exemple Chiang Mai. Le mo­tif ? Le pro­cès pour « proxé­né­tisme ag­gra­vé et es­cro­que­rie » de qua­torze ac­cu­sés, dont un sou­te­neur avé­ré, un en­tre­met­teur hô­te­lier, deux en­tre­pre­neurs lo­caux, un avo­cat... et sur­tout l’homme au­tour de qui tout ce­la tourne : un an­cien mi­nistre des Fi­nances de­ve­nu, un temps, le puis­sant pa­tron du Fonds Mo­né­taire In­ter­na­tio­nal. Nous sommes, vous l’avez com­pris, au pro­cès dit du « Carl­ton » qui, dans sa ver­sion thaï­lan­daise, pour­rait s’ap­pel­ler « pro­cès du Mon­tien », ou pro­cès de « l’hô­tel Me­nam ». Vous êtes as­sis dans la salle d’au­dience, à cô­té de cu­rieux ve­nus dès l’aube pour as­sis­ter au dé­pe­çage pu­blic du grand homme. Les ca­mé­ras et les mi­cros ont dû res­ter de­hors. Le triste film de sé­rie B peut com­men­cer....

LVous me sui­vez ? L’homme qui vous tourne le dos, mas­sif, dans son cos­tume gris an­thra­cite, a tout du « par­rain ». Vous l’aviez

Ci-des­sus : un pe­tit temple fu­né­raire. Au centre : Les per­son­nages co­lo­rés sont ca­rac­té­ris­tiques de l’art de Kak­ku. Ci-contre : Ma­nu­thi­ha, per­son­nage my­thique.

GUY LU­BEIGT (texte et pho­tos) Membre de l’Ecole doc­to­rale de Géo­gra­phie de Pa­ris, cher­cheur par­te­naire de l’Ins­ti­tut de Re­cherche sur l’Asie du Sud-Est Contem­po­raine (IRASEC), an­cien di­rec­teur de la Mis­sion per­ma­nente du CNRS en Bir­ma­nie. Ci-des­sus :...

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