Dream­lop­ments,

Une voix pour ceux qui n’en ont pas

Gavroche Thaïlande - - Societe -

com­plète pos­sible. C’est alors que l’idée de Dream­lop­ments naît. Dream­lop­ments n’est ni une ONG, ni une fon­da­tion, mais une en­tre­prise so­ciale à but non lu­cra­tif. Si ce vi­rage de l’or­ga­ni­sa­tion à l’en­tre­prise peut éton­ner, il est le fruit d’une grande ré­flexion sur le meilleur moyen d’ap­por­ter une aide du­rable aux po­pu­la­tions ou­bliées. Le mé­de­cin fran­çais dé­montre ain­si qu’une nou­velle forme d’en­tre­pre­neu­riat est pos­sible. A par­tir de va­leurs phi­lan­thro­piques, le « so­cial bu­si­ness » tra­vaille à dé­ve­lop­per des pro­jets du­rables et hu­mains, éloi­gnés d’une op­tique de pro­fit, avec un réel sou­hait de trans­for­mer po­si­ti­ve­ment la so­cié­té. Se­lon Ni­co­las Du­rier, le do­maine pri­vé dis­pose d’une plus grande marge de ma­noeuvre en terme d’aide au dé­ve­lop­pe­ment que les ONG et fon­da­tions qui, par leur sta­tut, pro­diguent une aide sou­vent tem­po­raire et ré­duite. « L’aide au dé­ve­lop­pe­ment n’a de sens que dans sa ca­pa­ci­té à oc­troyer sur le long terme de l’in­dé­pen­dance et du pou­voir aux in­di­vi­dus pour qu’ils puissent agir eux-mêmes sur les condi­tions aux­quelles ils sont confron­tés, ex­plique-t-il. Don­ner la pa­role à ceux qui n’en ont pas, ce n’est pas par­ler pour eux, mais leur don­ner les moyens de prendre la pa­role. » En se don­nant la pos­si­bi­li­té de com­mer­cia­li­ser des services, l’en­tre­prise so­ciale per­met de mettre en place une aide qui ne dé­pen­dra plus des don­na­teurs mais en­tre­ra, à terme, dans une mé­ca­nique d’au­to­suf­fi­sance et trou­ve­ra une place dans un do­maine pé­renne.

Une mi­cro-as­su­rance pour les mi­grants

d’une as­su­rance santé adap­tée et en­tre­prend une étude com­plète de fai­sa­bi­li­té en 2016. Le pro­ces­sus est lan­cé. Grâce à une équipe de tra­vailleurs so­ciaux di­rec­te­ment is­sue de la po­pu­la­tion mi­grante, Dream­lop­ments réunit toutes les mo­da­li­tés que le ser­vice de­vra cou­vrir afin d’être viable et com­plet. L’as­su­rance pro­po­sée de­vra de­man­der un faible pre­mium et être ré­glable de ma­nière men­suelle pour conve­nir à une po­pu­la­tion prin­ci­pa­le­ment payée à la jour­née. Les deux tiers des mi­grants étant non en­re­gis­trés, elle de­vra être ac­ces­sible aux ré­fu­giés en si­tua­tion ir­ré­gu­lière. L’ac­cès aux soins se­ra lui pos­sible dans des struc­tures bir­manes comme thaï­lan­daises, la fron­tière étant par­ti­cu­liè­re­ment po­reuse. Cette étude a été com­plé­tée par un mo­dèle fi­nan­cier com­plet et par une ana­lyse ju­ri­dique et lé­gale. « Le dé­ve­lop­pe­ment de cette mi­cro as­su­rance se fe­ra en trois temps, pré­cise Ni­co­las Du­rier. Son ins­tau­ra­tion le long de la fron­tière, son ex­ten­sion aux alen­tours de Bang­kok et autres zones bir­manes et thaï­lan­daises, et en­fin à d’autres pays de la ré­gion. » Avec un coût fixé à 100 bahts par mois et avec un ob­jec­tif de 50 000 sous­crip­teurs, Dream­lop­ments pré­voit ain­si de cou­vrir près de 80% des coûts de mise en place du pro­jet et des soins mé­di­caux d’ici à trois ans. Pour bou­cler le bud­get, l’en­tre­prise tra­vaille dès à pré­sent sur di­verses ac­tions, comme la créa­tion d’un ser­vice de vi­sites à do­mi­cile payant pour les non membres, et in­vite de nou­velles en­tre­prises à in­ves­tir dans le pro­jet, tou­jours dans une op­tique d’en­tre­pre­neu­riat so­li­daire. Les pre­mières as­su- rances se­ront dis­po­nibles dès le deuxième se­mestre de 2017.

Era­di­quer l’hé­pa­tite C

En Thaï­lande, 80% des per­sonnes qui s’in­jectent des drogues sont at­teintes de l’hé­pa­tite C. Si une ré­cente ré­vo­lu­tion thé­ra­peu­tique à per­mis le dé­ve­lop­pe­ment d’un mé­di­ca­ment pou­vant gué­rir in­té­gra­le­ment le vi­rus, l’ac­cès à ce trai­te­ment est très li­mi­té dans les pays en voie de dé­ve­lop­pe­ment en rai­son de son prix éle­vé, de l’ab­sence de pro­grammes gou­ver­ne­men­taux dé­diés et de la stig­ma­ti­sa­tion des po­pu­la­tions tou­chées. Dream­lop­ments tra­vaille avec trois ONG thaï­lan­daises spé­cia­li­sées dans l’ac­com­pa­gne­ment des toxi­co­manes pour four­nir un ac­cès au trai­te­ment à grande échelle à Bang­kok, Chiang Maï et Song­kh­la. Ce pro­jet est dé­ve­lop­pé sous forme d’étude cli­nique et veut dé­mon­trer que le trai­te­ment peut être ad­mi­nis­tré par des services com­mu­nau­taires, hors des hô­pi­taux, per­met­tant ain­si à la qua­si to­ta­li­té des in­di­vi­dus vul­né­rables d’être soi­gnés, tout en in­ter­rom­pant la trans­mis­sion du vi­rus au sein de cette com­mu­nau­té. Cette étude, qui se­ra mise en place cou­rant 2017, per­met­tra alors un contrôle im­por­tant de l’épi­dé­mie. Ces deux pro­jets d’en­ver­gure ne sont qu’un point de dé­part pour l’en­tre­prise nais­sante. Ni­co­las Du­rier ne compte pas s’ar­rê­ter là et sou­haite mettre en place tou­jours plus de rêves en ma­tière de dé­ve­lop­pe­ment, dans la li­gnée du nom de son en­tre­prise : Dream­lop­ments – mot va­lise fu­sion­nant rêve et dé­ve­lop­pe­ment. Dé­fi­ni­ti­ve­ment rê­veur, ce chef d’en­tre­prise et mé­de­cin hu­ma­ni­taire compte bien dé­mon­trer que l’on peut agir pour réa­li­ser tout ce dont on peut rê­ver. r. G

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