LA MOBILITE DES COMPETENCES EST-ELLE UNE AU­BAINE POUR LA TU­NI­SIE?

La Presse Business (Tunisia) - - À CONTRE-COURANT ! -

SE­LON un rap­port de l’Or­ga­ni­sa­tion de co­opé­ra­tion et de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­miques (Ocde), 95.000 Tu­ni­siens ont choi­si, de­puis 2011, de quit­ter le pays et al­ler s’ins­tal­ler ailleurs. 84% de ces dé­parts se font vers l’Eu­rope. D’après l’Of­fice des tu­ni­siens à l’étran­ger, le pro­fil des ex­pa­triés dé­cla­rés en 2018, s’éta­blit comme suit; 8.200 cadres du su­pé­rieur, 2.300 en­sei­gnants et cher­cheurs, 2.300 autres in­gé­nieurs, 1.000 mé­de­cins et phar­ma­ciens et 450 in­for­ma­ti­ciens. Ces di­plô­més de haut ni­veau sont sou­vent, ten­tés par des pers­pec­tives d’ave­nir plus pro­met­teuses que celles que leur pro­pose la Tu­ni­sie. La ten­dance est mon­diale et le phé­no­mène semble être na­tu­rel pour un pays en mu­ta­tion. Il est à rap­pe­ler que la Tu­ni­sie a connu d’autres vagues de dé­parts, no­tam­ment lors de la crise éco­no­mique de 1986. De­puis quelques an­nées, la Tu­ni­sie est aus­si de­ve­nue un pays de des­ti­na­tion bien pri­sée des étu­diants en pro­ve­nance du Sud. Un phé­no­mène in­vrai­sem­blable, car, pa­ra­doxa­le­ment, la Tu­ni­sie, qui cherche à re­te­nir les cer­veaux qu’elle a for­mées ar­rive à at­ti­rer des com­pé­tences étran­gères. Cer­tains es­timent qu’il n’y a pas lieu de s’in­quié­ter, la mo­bi­li­té étant dans l’ordre des choses. Mais les can­di­dats au dé­part dé­noncent sur­tout des condi­tions de vie en de­çà de leurs at­tentes. Se­lon l’As­so­cia­tion des Tu­ni­siens des grandes écoles (Atuge), un dé­part sur trois est mo­ti­vé par la si­tua­tion du pays et par une dé­gra­da­tion de la confiance. Ceux qui étaient re­ve­nus en 2011 pour des raisons in­verses – ils pen­saient que la ré­vo­lu­tion al­lait as­sai­nir le pays et ou­vrir des pers­pec­tives – ont été très vite échau­dés par la bu­reau­cra­tie et la cor­rup­tion.

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