EN­JEU POUR LA TU­NI­SIE D’ADHÉ­RER AUX GROU­PE­MENTS ÉCO­NO­MIQUES AFRI­CAINS

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Sar­rah O. BAKRY

Pour Ba­dred­dine Oua­li, il s’agit d’un dé­fi où il op­pose 3 axes de for­ma­tion à 3 axes de fai­blesse qui en­travent l’em­ploi des jeunes : leur ni­veau tech­nique en de­çà des a entes de l’en­tre­prise, des pro­blèmes ca­tas­tro­phiques de langue, et le dé­faut d’évo­luer dans un en­vi­ron­ne­ment pro­pice à la fé­con­di­té des idées. “Ces trois constats nous ont di­rec­te­ment ins­pi­rés pour la créa­tion des Hubs du pro­gramme Elife”, a este-t-il.

AL­LANT tout de suite au fond du su­jet, Ba­dred­dine Oua­li ré­pond d’une ma­nière té­lé­gra­phique à l’in­ter­ro­ga­tion cen­trale sur l’hy­per­tro­phie du chô­mage des di­plô­més : pour­quoi les jeunes is­sus des Iset ne sont-ils pas re­cher­chés par les en­tre­prises alors que celles-ci ont be­soin d’éle­ver leur taux d’en­ca­dre­ment ? “Il y a trois raisons qui en­travent l’em­ploi de ces jeunes : d’abord leur ni­veau tech­nique n’est pas en phase des at­tentes de l’en­tre­prise, en­suite ils ont des pro­blèmes ca­tas­tro­phiques de langue alors que les com­pé­tences tech­niques ont be­soin d’ex­cel­lence en an­glais, en fran­çais…, en­fin les étu­diants des Iset de l’in­té­rieur du pays ne sont pas en train d’évo­luer dans un en­vi­ron­ne­ment pro­pice à la fé­con­di­té des idées comme ils le sont dans les plus grandes villes. Ces trois constats nous ont di­rec­te­ment ins­pi­rés pour la créa­tion des Hubs du pro­gramme Elife”, ré­pond notre in­ter­lo­cu­teur.

LA FOR­MA­TION SE­RA GRA­TUITE MAIS SUR CONCOURS

Se­lon lui, le manque fla­grant de Soft Skills ju­me­lé à l’ab­sence de for­ma­tion/ stage en en­tre­prise est pré­ci­sé­ment ce que le pro­gramme sou­haite re­dres­ser. “Nous avons donc créé un pro­cé­dé en al­ter­nance ; 6 mois en for­ma­tion et 6 mois en en­tre­prise et, au bout, un di­plôme in­ter­na­tio­nal”, nous confie-t-il. Un large sou­rire, ce­pen­dant, quand nous lui de­man­dons si dé­jà, en aval, ce di­plôme est adop­té par le mi­nis­tère : “In­chal­lah… En tous cas, notre di­plôme est dé­jà re­con­nu par la Confé­rence des grandes écoles de France sur la base de notre cur­sus !” Une pointe de se­mi-hu­mour qu’il aban­donne ra­pi­de­ment pour in­sis­ter

sur le fait que la for­ma­tion se­ra tout à fait gra­tuite et que le pro­jet s’oc­cupe de tout mais, évi­dem­ment, les étu­diants doivent pas­ser par un concours pour pré­tendre re­joindre le pro­gramme Elife. “Le centre Elife de Si­lia­na inaugure le désenclavement to­tal des ré­gions. Il s’agit ici de la pre­mière pierre. Il y a une autre grande pre­mière : le par­te­na­riat entre notre fon­da­tion, l’Etat tu­ni­sien et nos par­te­naires fran­çais. La fon­da­tion a pour but de pro­mou­voir et d’ac­com­pa­gner, dans le cadre de la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et so­cial de la Tu­ni­sie, par­ti­ci­per à l’essor éco­no­mique de la jeu­nesse tu­ni­sienne par des ac­tions di­rectes ou bien en par­te­na­riat avec des ins­ti­tu­tions”, com­mente-t-il.

ELIFE PART DE SON CONSTAT DES IN­ÉGA­LI­TÉS

C’est avec cette phi­lo­so­phie que, le 15 mai, le pre­mier des 10 Hubs pré­vus dans les gou­ver­no­rats de l’in­té­rieur a été lan­cé à Si­lia­na. Sui­vront Le Kef, Jen­dou­ba, Si­di Bou­zid, Kai­rouan, Kas­se­rine, Mé­de­nine, To­zeur et Ga­bès. Pour faire simple, le pro­gramme Elife consiste en la construc­tion et l’ani­ma­tion des 10 centres de tech­no­lo­gie, d’en­tre­pre­neu­riat, de for­ma­tion et de culture dans ces 10 villes moyennes in­té­rieures du pays. Mais, pour­quoi jus­te­ment ce choix ? “Les ré­gions vi­sées sont celles qui dis­posent le moins d’in­fra­struc­tures, qui pré­sentent les taux de chô­mage les plus éle­vés du pays, et co­rol­lai­re­ment, les taux de dé­ve­lop­pe­ment hu­main les plus bas. Chaque centre ac­cueille­ra cinq pour cent par an de la jeu­nesse (19-29 ans) de la ville. Nous par­tons d’un constat : il existe une pro­fonde in­éga­li­té dans les ré­gions in­té­rieures de la Tu­ni­sie, où le taux de chô­mage est deux fois plus éle­vé, où le PIB par ha­bi­tant est in­fé­rieur d’un tiers aux ré­gions cô­tières. Le pro­jet «Elife» est un pro­jet qui tente de ré­pondre à ces pro­blé­ma­tiques en don­nant ac­cès à un es­pace cultu­rel et de loi­sir avec du co­wor­king à des­ti­na­tion de la jeu­nesse qui pour­ra dé­ve­lop­per ses pro­jets. Le «Pro­jet» vise à four­nir des in­fra­struc­tures de qua­li­té qui se­ront amé­na­gées en trois es­paces de tra­vail adap­tés aux dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés pro­po­sées : un es­pace cultu­rel et de loi­sir ; un es­pace de tra­vail pour mettre en place des pro­jets in­no­vants et en­fin, au der­nier étage et en der­nière étape de ce centre, un es­pace de co­wor­king pour faire abou­tir ces pro­jets.” En dé­fi­ni­tive, l’am­bi­tion de la Fon­da­tion Tu­ni­sie pour le dé­ve­lop­pe­ment est d’être un lien es­sen­tiel afin de re­pré­sen­ter et pro­mou­voir les in­té­rêts de la Tu­ni­sie, spé­ci­fi­que­ment dans le sec­teur du nu­mé­rique et de l’Off­sho­ring en France. Par le biais de ses struc­tures des deux cô­tés de la mé­di­ter­ra­née, et grâce à l’ac­tion conjointe de Ba­dred­dine Oua­li, di­ri­geant de Ver­meg et pré­sident de la Fon­da­tion, et de Serge De­gal­laix, an­cien am­bas­sa­deur de France en Tu­ni­sie, la fon­da­tion oeuvre pour la réus­site du pro­gramme Smart Tu­ni­sia et la créa­tion des 50.000 em­plois. Pour ce faire, la Fon­da­tion Tu­ni­sie pour le dé­ve­lop­pe­ment a si­gné une conven­tion de co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale avec l’Etat tu­ni­sien re­pré­sen­té par le mi­nis­tère des Tech­no­lo­gies de la com­mu­ni­ca­tion et de l’Eco­no­mie nu­mé­rique.

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