SOU­TIEN AUX START-UP LAN­CE­MENT DU PRE­MIER IN­CU­BA­TEUR PANAFRICAIN EN AL­GÉ­RIE

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

LARGENTINE est confron­tée de­puis quelque temps à une forte vo­la­ti­li­té fi­nan­cière avec l’ef­fon­dre­ment du pe­so, la si­tua­tion dé­li­cate de son éco­no­mie et le dé­fi­cit de ses comptes cou­rants la pla­çant par­mi les mar­chés émer­gents les plus af­fec­tés par l’im­pact de la hausse du dol­lar et des ren­de­ments obli­ga­taires amé­ri­cains. Les mau­vais sou­ve­nirs du pas­sé re­font sur­face pour l’Ar­gen­tine. Pour évi­ter le re­tour d’une crise fi­nan­cière ma­jeure, le pré­sident ar­gen­tin, Mau­ri­cio Ma­cri, a an­non­cé dans une al­lo­cu­tion té­lé­vi­sée avoir sol­li­ci­té l’aide du Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal pour sta­bi­li­ser les fi­nances du pays, seule­ment quelques jours après la dé­ci­sion de la Banque cen­trale de mon­ter son taux d’in­té­rêt à 40%, un re­cord mon­dial.

AP­PEL AU FMI

Le pré­sident ar­gen­tin, Mau­ri­cio Ma­cri, avait an­non­cé qu’il sol­li­ci­tait l’aide fi­nan­cière du Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal pour contre­car­rer les tur­bu­lences sur les mar­chés qui ont fait chu­ter le pe­so de plus de 7% en un jour, fai­sant re­dou­ter une nou­velle crise. Dans un com­mu­ni­qué pu­blié ré­cem­ment, la di­rec­trice gé­né­rale du FMI Ch­ris­tine La­garde a in­di­qué après sa ren­contre avec le mi­nistre des Fi­nances pu­bliques ar­gen­tin Ni­co­las Du­vo­jne : «Le mi­nistre Du­vo­jne et moi-même avons dis­cu­té de la ma­nière dont le FMI pou­vait ai­der les au­to­ri­tés à ren­for­cer l’éco­no­mie de l’Ar­gen­tine à la lu­mière d’un re­gain de vo­la­ti­li­té im­por­tante des mar­chés fi­nan­ciers [...] Le mi­nistre et moi-même nous sommes mis d’ac­cord sur le fait que notre ob­jec­tif com­mun était de conclure ra­pi­de­ment ces dis­cus­sions», a-t-elle ajou­té, confir­mant que les au­to­ri­tés ar­gen­tines avaient fait une re­quête pour «un ac­cord de confir­ma­tion» (ou Stand-By agree­ment)». Ce type de prêt per­met au Fonds «de ré­pondre ra­pi­de­ment aux be­soins de fi­nan­ce­ment ex­té­rieur des pays et d’ac­com­pa­gner les po­li­tiques des­ti­nées à sor­tir des si­tua­tions de crise et à ré­ta­blir une crois­sance du­rable», se­lon une fiche tech­nique du FMI. Il peut du­rer jus­qu’à trois ans maxi­mum, mais il couvre le plus sou­vent une pé­riode de un à deux ans. Il doit être rem­bour­sé dans les trois à cinq ans sui­vant le dé­bour­se­ment. Dans ce cadre, les pays ont ac­cès «à un maxi­mum de 145% de leur quote-part sur toute pé­riode de 12 mois, et à un maxi­mum cu­mu­lé de 435% de la nou­velle quote-part sur la du­rée de vie du pro­gramme, dé­duc­tion faite des rem­bour­se­ments». Mais le FMI peut aus­si dé­ci­der «un ac­cès ex­cep­tion­nel», c’es­tà-dire de dé­pas­ser au cas par cas ces li­mites. Ré­cem­ment, des pays ont eu re­cours ou font en­core ap­pel à ce type de cré­dit comme la Ser­bie, le Ke­nya ou la Grèce. Ch­ris­tine La­garde ajoute avoir in­for­mé le co­mi­té de di­rec­tion des pro­grès dans les dis­cus­sions avec les au­to­ri­tés ar­gen­tines et «avoir char­gé les équipes du FMI de pour­suivre les dis­cus­sions en vue d’un pro­gramme ap­puyé par le FMI». De son cô­té, la Mai­son-Blanche par l’in­ter­mé­diaire la porte-pa­role Sa­rah Hu­cka­bee San­ders a dé­cla­ré : «Les Etats-Unis ap­prouvent le pro­gramme de ré­forme éco­no­mique du pré­sident Mau­ri­cio Ma­cro, qui est orien­té vers les mar­chés, cen­tré sur la crois­sance et de­vrait amé­lio­rer l’ave­nir de l’Ar­gen­tine. Le pré­sident Ma­cri pos­sède une vi­sion juste pour l’éco­no­mie ar­gen­tine et a réa­li­sé d’im­por­tantes avan­cées pour la mo­der­ni­sa­tion de la po­li­tique éco­no­mique du pays».

DE MAU­VAIS SOU­VE­NIRS

Ces der­niers épi­sodes pour­raient rap­pe­ler des cau­che­mars pour les Ar­gen­tins. En 2001, l’Ar­gen­tine avait été se­couée par la pire crise fi­nan­cière de son his­toire, qui avait fait chu­ter suc­ces­si­ve­ment quatre pré­si­dents en dix jours et me­né le pays au dé­faut de paie­ment, vé­ri­table trau­ma­tisme na­tio­nal. En 2006, le pays avait rem­bour­sé sa dette au­près du FMI, pour 9,6 mil­liards de dol­lars. Mais il avait en­suite sus­pen­du pen­dant dix ans les mis­sions du FMI dans le pays. Fin 2015, à l’ar­ri­vée au pou­voir du pré­sident de centre-droite Ma­cri, fa­vo­rable aux mar­chés, l’Ar­gen­tine était re­ve­nue au change flot­tant, après des an­nées de contrôle strict sous le gou­ver­ne­ment de Cris­ti­na Kirch­ner (centre-gauche), qui sur­éva­luait ar­ti­fi­ciel­le­ment le pe­so face au dol­lar. Re­par­tie en 2017 sur le che­min de la crois­sance, l’Ar­gen­tine es­pé­rait cette an­née conte­nir son in­fla­tion à 15%, mais la dé­va­lua­tion risque de do­per la hausse des prix alors que le pe­so a fon­du de 10% face au dol­lar sur un mois.

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