MO­BI­LI­SA­TION DES RES­SOURCES EN DE­VISES UN TRA­VAIL MÉTHODIQUE S’IM­POSE

Pre­mier en son genre en Tu­ni­sie, l’In­ter­na­tio­nal Bu­si­ness Fo­rum (IBF) est un évé­ne­ment dé­dié aux en­tre­pre­neurs tu­ni­siens et in­ter­na­tio­naux. Il vise à dé­ve­lop­per des op­por­tu­ni­tés de bu­si­ness et de net­wor­king.

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Me­riem KHDIMALLAH

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DER­RIÈRE cette idée ori­gi­nale se cache deux en­tre­pre­neurs tu­ni­siens qui ont un par­cours de pro­fes­sion­nels dans deux do­maines dif­fé­rents. Riche d’une car­rière de 20 ans dans le sec­teur ban­caire et d’une ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle à l’échelle na­tio­nale et in­ter­na­tio­nale, Kaïs Saou­di a lan­cé sa propre en­seigne dans le do­maine des res­sources hu­maines, la Ghrs (Glo­bal hu­man re­sources ser­vices). Son par­te­naire, Kha­led Fen­niche, est à la tête de Mas­ter Group, spé­cia­li­sé en com­mu­ni­ca­tion, évé­ne­men­tiel et pro­duc­tion au­dio­vi­suelle. Au­jourd’hui, les deux en­tre­pre­neurs se lancent dans l’aven­ture de l’or­ga­ni­sa­tion d’un évé­ne­ment por­té sur le lea­der­ship des CEO : l’In­ter­na­tio­nal Bu­si­ness Fo­rum (IBF) qui s’est te­nu les 8 et 9 mai à Tu­nis sur le thème «CEO Lea­der : Sha­ping the fu­ture of Tu­ni­sia» (ou «Fa­çon­ner l’ave­nir de la Tu­ni­sie»).

PAR­TA­GER LE SUC­CÈS ET L’ÉCHEC…

Pour les co­or­ga­ni­sa­teurs du fo­rum, la vi­sion est claire : faire de cet évé­ne­ment un es­pace dé­dié aux CEO (chefs d’en­tre­prise) en vue de dé­ve­lop­per des op­por­tu­ni­tés de bu­si­ness, par­ta­ger leurs ex­pé­riences et même les le­çons de leurs échecs et de créer une sy­ner­gie en vue de dé­ve­lop­per les af­faires aus­si bien en Tu­ni­sie qu’à l’étran­ger. Ce fo­rum a donc per­mis de four­nir à des di­ri­geants des en­tre­prises lo­cales et in­ter­na­tio­nales des op­por­tu­ni­tés de dé­ve­lop­pe­ment de par­te­na­riats stra­té­giques et adé­quats à leur bu­si­ness. «C’est une pre­mière en Tu­ni­sie. L’évé­ne­ment est ac­ces­sible à tous les jeunes start-up­peurs et à tous les di­ri­geants d’en­tre­prise. Outre la di­men­sion ma­na­gé­riale, nous vou­drions en faire un fo­rum in­ter­na­tio­nal, ce qui ex­plique d’ailleurs la ve­nue d’un cer­tain nombre de

dé­lé­ga­tions afri­caines et eu­ro­péennes alors que nous en sommes seule­ment à la pre­mière

édi­tion», in­dique Fen­niche. Avec pour ob­jec­tif la mise en place de grandes op­por­tu­ni­tés de net­wor­king entre les en­tre­prises, l’IBF a pour am­bi­tion la créa­tion de po­ten­tiels par­te­na­riats tu­ni­so-in­ter­na­tio­naux. 20 spea­kers na­tio­naux et in­ter­na­tio­naux étaient pré­sents pour ra­con­ter leurs suc­cess sto­ries, mais aus­si les échecs par les­quels ils sont pas­sés et qui leur ont per­mis de se for­ger un vé­ri­table pro­fil de lea­der. «Le mode de bu­si­ness est en train de chan­ger en pro­fon­deur et il se­rait in­té­res­sant de s’ins­pi­rer des ex­pé­riences des autres sociétés et de ti­rer des le­çons de leurs réus­sites et de leurs échecs, ain­si que de dé­ve­lop­per des par­te­na­riats stra­té­giques. A cet égard, bu­si­ness, net­wor­king et in­for­ma­tion sont les maîtres-mots de ce fo­rum», ajoute Saou­di.

L’IBF AU FÉ­MI­NIN

Par­mi ces 20 spea­kers, 9 femmes ont été au pro­gramme afin de don­ner un si­gnal fort de pa­ri­té et de mon­trer qu’être femme n’est pas in­com­pa­tible avec le «lea­der­ship». Ra­chi­da Jeb­noun, pré­si­dente du Con­seil in­ter­na­tio­nal des femmes en­tre­pre­neures (Cife) in­dique qu’il ne faut pas cé­der aux dif­fi­cul­tés, il faut re­dou­bler d’es­poir et res­ter toutes unies. «Le Cife a pour but non seule­ment d’étendre l’al­liance des femmes en­tre­pre­neures en gé­né­ral, mais sur­tout de ra­vi­ver l’image de la femme tu­ni­sienne pour la­quelle ces der­nières an­nées

n’ont pas été si simples», sou­ligne-t-elle. Jeb­noun, qui n’ar­rête pas de vou­loir por­ter à tout prix son sou­tien et ce­lui de son équipe aux en­tre­pre­neures à tra­vers toutes les cel­lules ré­gio­nales, ajoute que la base du pro­jet prend ra­cine en Tu­ni­sie où le Cife s’oc­cupe de pe­tites et moyennes en­tre­prises (PME). Coa­ching, con­seil, de l’idée du pro­jet au fi­nan­ce­ment en pas­sant par l’étude de mar­ché, la struc­ture

ap­porte un réel sou­tien aux femmes. Avec une base bien stable en Tu­ni­sie, le Cife a tou­jours eu pour pro­jet l’in­ter­na­tio­nal. D’où l’idée d’ins­tau­rer l’évé­ne­ment Tu­ni­sia Days, qui consiste à in­no­ver (les pro­cé­dures, les pro­duits, les mar­chés) pour mieux ex­por­ter. Et de­puis, des cel­lules ont été ins­tal­lées à l’étran­ger, en par­ti­cu­lier à New York et, évi­dem­ment, à Pa­ris. Per­çue par les «ci­foises» comme une mi­li­tante pure, dure et noble dans sa lutte contre la pré­ca­ri­té de la femme, Ra­chi­da Jeb­noun af­firme que per­sé­vé­rer, être po­si­tif, don­ner le mieux de soi-même, avoir une vo­lon­té so­lide sont les qua­li­tés pre­mières dans la vie de chaque en­tre­pre­neure. Au coeur d’une en­tre­prise qui bouge en Côte d’Ivoire, Sa­li­ma­ta Oua­ta­ra, P.-D.G. de Wa­tas Hol­ding, in­dique que plu­sieurs idées maî­tresses ont ins­pi­ré la créa­tion de son en­tre­prise et en portent tou­jours le dé­ve­lop­pe­ment. C’est un rêve ba­sé sur un en­semble de va­leurs, ce qui a per­mis de ras­sem­bler une équipe ex­tra­or­di­naire

d’hommes et de femmes qui s’y sont re­con­nus et qui ont à coeur de bâ­tir une en­tre­prise à la

hau­teur de leurs as­pi­ra­tions. «Wa­tas Hol­ding a construit sa réus­site sur des va­leurs qui forment le pi­lier de notre so­cié­té : tech­ni­ci­té, proxi­mi­té, adap­ta­bi­li­té, dé­ve­lop­pe­ment. Ces va­leurs nous ont per­mis de nous im­po­ser dans le tis­su lo­cal comme une en­tre­prise per­for­mante, hu­maine, res­pec­tueuse de ses clients et de ses en­ga­ge­ments», pré­cise-t-elle. Oua­ta­ra ajoute qu’en tant que chef d’en­tre­prise, elle a eu le mal­heur de vivre une grande crise en Côte d’Ivoire et de perdre énor­mé­ment d’ar­gent puisque son en­tre­prise est ac­tive dans des sec­teurs-clés à l’ins­tar du BTP-gé­nie ci­vil, ma­nu­ten­tion

lo­gis­tique, im­port-ex­port, in­ter­mé­dia­tion et com­mu­ni­ca­tion. Au mo­ment où l’éco­no­mie et les in­fra­struc­tures ivoi­riennes ont été fra­gi­li­sées par des an­nées de crise (entre 2011 et 2015), Wa­tas Hol­ding a tou­jours gar­dé es­poir et avan­cé en toute confiance. Nei­la Ben­zi­na, CEO Bu­si­ness&De­ci­sion Tu­ni­sie (une so­cié­té de con­seil et d’in­gé­nie­rie en sys­tèmes d’in­for­ma­tion), in­dique que plu­sieurs ac­teurs sont pré­sents au­jourd’hui sur le mar­ché tu­ni­sien et qu’il y a en­core de la place pour en at­ti­rer d’autres et gé­né­rer des mil­liers d’em­plois. Dans un pays où le taux de chô­mage ne cesse d’aug­men­ter, il faut va­lo­ri­ser l’exis­tence d’un vi­vier de com­pé­tences qui n’est pas en­core ex­ploi­té : des di­plô­més du su­pé­rieur qui sont au

chô­mage et qui ont be­soin d’une for­ma­tion com­plé­men­taire pour de­ve­nir em­ployables. «Si nous ar­ri­vons à la fois à pré­pa­rer cette po­pu­la­tions de di­plô­més aux mé­tiers re­cher­chés et que nous at­ti­rons d’autres ac­teurs de taille, nous pour­rions créer une vé­ri­table source de

ri­chesse dans le pays», sou­ligne-t-elle. La jeune femme en­tre­pre­neure est per­sua­dée que la Tu­ni­sie peut jouer un rôle ma­jeur en tant que hub tech­no­lo­gique, car nous dis­po­sons de grands atouts : ma­tière grise, sa­voir-faire et com­pé­tences. Il faut sa­voir les va­lo­ri­ser, tra­vailler sur l’image et ins­tau­rer ain­si un cercle ver­tueux en ce sens où une bonne image at­tire les grands ac­teurs et ces der­niers amé­liorent en­core da­van­tage l’image de la Tu­ni­sie en la ma­tière. «Il faut mi­ser sur le nu­mé­rique. Le pays doit tra­vailler da­van­tage sur son image en tant que des­ti­na­tion tech et d’in­no­va­tion», sou­ligne-t-elle.

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