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La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

NAFAÂ En­neif­fer, co­or­di­na­teur gé­né­ral du «Tu­ni­sia eco­no­mic fo­rum», 4e fo­rum de l’Ins­ti­tut arabe des chefs d’en­tre­prise (Iace) réclame que les nou­veaux in­ves­tis­se­ments dans la fa­bri­ca­tion des tis­sus en Tu­ni­sie doivent être do­tés d’équi­pe­ments éco­nomes en eau et de tech­no­lo­gies perme ant la ré­cu­pé­ra­tion de l’eau uti­li­sée. Il as­sure qu’«en Tu­ni­sie la pro­duc­tion du co­ton qui est très consom­ma­trice d’eau est ex­ter­na­li­sée à d’autres pays». A rap­pe­ler que l’em­preinte eau (un in­di­ca­teur de l’usage di­rect et in­di­rect de l’eau pour pro­duire un pro­duit), pour un ki­lo de co­ton brut est de 8.500 litres d’eau. Ac­tuel­le­ment, pour fa­bri­quer un T-shirt, il faut 2 mille litres d’eau, dont 85% du co­ton est im­por­té. De même, pour une paire de Djean qui né­ces­site 20 mille litres d’eau, ou on ne consomme que près de 3.000 litres d’eau, qui est une consommation juste par rap­port à la va­leur ajou­tée qu’elle confère au pro­duit. In­ter­ve­nant, lors de ce fo­rum or­ga­ni­sé sur le thème «Les po­li­tiques éco­no­miques et la contrainte des res­sources rares en Tu­ni­sie», En­neif­fer pré­cise que le fait de ra­me­ner la pro­duc­tion de tis­su en Tu­ni­sie, au lieu de l’im­por­ter, perme ra de pé­ren­ni­ser les 180 mille em­plois dans le sec­teur. Tou­te­fois, ce e ac­ti­vi­té est très consom­ma­trice d’eau, qui est une source très rare et de­vient de plus en plus chère. Se­lon lui, c’est iné­luc­table d’intégrer dans ce genre d’in­dus­trie, de nou­velles tech­no­lo­gies perme ant de ré­cu­pé­rer et de trai­ter le maxi­mum d’eau, et de se confor­mer aux normes en­vi­ron­ne­men­tales, aux­quelles les clients de­viennent de plus en plus exi­geants. En­nei­fer in­dique que les in­ves­tis­seurs dans le sec­teur in­dus­triel, qui n’est pas très consommateur d’eau, sont conscients du vo­let en­vi­ron­ne­men­tal ain­si que de ses im­pacts tant sur la va­lo­ri­sa­tion de l’eau que sur le ren­de­ment fi­nan­cier de l’en­tre­prise. En contre­par­tie les ac­teurs dans le sec­teur agri­cole, pre­mier consommateur d’eau, à hau­teur de 80%, «ne font pas du tra­vail sé­rieux pour rationaliser la fac­ture d’eau». Pour sa part, le mi­nistre de l’In­dus­trie et des Pe­tites et moyennes en­tre­prises Slim Fé­ria­ni, sou­ligne le rôle im­por­tant de l’Etat, du gou­ver­ne­ment, et des mi­nis­tères dans l’in­ci­ta­tion des ini­tia­tives pri­vées et vo­lon­taires de ra­tio­na­li­sa­tion de la consommation d’eau. «Toute en­tre­prise tu­ni­sienne ou étran­gère ins­tal­lée en Tu­ni­sie doit avoir une res­pon­sa­bi­li­té so­cié­tale en­vers le ci­toyen et l’en­vi­ron­ne­ment, en pen­sant aux gé­né­ra­tions fu­tures», as­sure-t-il. Le mi­nistre re­con­naît que son dé­par­te­ment ne dis­pose pas, ac­tuel­le­ment, d’un pro­gramme spé­ci­fique à la maî­trise de l’eau, et ce fo­rum est une oc­ca­sion pour ré­flé­chir et ras­sem­bler les pro­po­si­tions

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