Fré­né­sie, quand tu nous tiens !

A l’ap­proche de Ra­ma­dan, les grandes sur­faces com­mer­ciales en­re­gistrent une grande af­fluence

La Presse (Tunisia) - - SOCIÉTÉ - H. SAYADI

Quelques jours avant l’avè­ne­ment du mois de Ra­ma­dan, les su­per­mar­chés et les grandes sur­faces connaissent une grande af­fluence d’une clien­tèle fi­dèle, ve­nue pour s’ap­pro­vi­sion­ner en ali­ments, en nour­ri­ture et tout autre genre de pro­duits comme si on avait an­non­cé la fin du monde ! Lors de cette pé­riode, pen­dant la ma­ti­née ou à n’im­porte quel autre mo­ment de la jour­née, si on songe à se di­ri­ger vers un su­per­mar­ché, il faut pa­tien­ter au moins une de­mi-heure pour pou­voir ar­ri­ver à la caisse et payer ses courses. En­com­bre­ment, fré­né­sie d’achat, éta­lages presque vides, de grandes quan­ti­tés de pro­duits dans les cha­riots des consom­ma­teurs… Ce phé­no­mène frappe presque tous les su­per­mar­chés et grandes sur­faces du pays… Mar­di après-mi­di, dans un grand su­per­mar­ché si­tué dans la ban­lieue sud, les clients s’y sont ren­dus en grand nombre. Mu­nis de grands cha­riots, ils cir­culent tran­quille­ment entre les dif­fé­rents rayons du centre, rem­plissent les cha­riots avec tout ce dont ils ont be­soin : pro­duits lai­tiers, ali­ments su­crés, huiles, fruits, lé­gumes… et même des pro­duits mé­na­gers. L’équipe du ma­ga­sin, ren­for­cée à l’oc­ca­sion, n’épargne au­cun ef­fort pour ser­vir et sa­tis­faire tout le monde ! Na­jet, une sexa­gé­naire, ren­con­trée dans ce ma­ga­sin, est ve­nue ac­com­pa­gnée de son ma­ri pour faire des courses. «Je pré­fère me rendre au su­per­mar­ché, pen­dant la fin de l’après-mi­di et faire les courses une fois pour toutes. De cette ma­nière, je se­rais tran­quille et je ne man­que­rais de rien, au moins pen­dant la pre­mière quin­zaine du mois de Ra­ma­dan», ex­plique-t-elle.

La fo­lie des achats

«Lors­qu’on an­nonce, via SMS ou tout autre moyen de pu­bli­ci­té, qu’il y a des pro­mo­tions im­por­tantes sur cer­tains pro­duits, il faut en pro­fi­ter», nous pré­cise une autre cliente, qui est ve­nue spé­cia­le­ment pour dé­ni­cher les bonnes af­faires et les re­mises que pro­pose le centre com­mer­cial sur cer­tains pro­duits ali­men­taires. «Quand on a une fa­mille com­po­sée de quatre per­sonnes, il est très ef­fi­cace de pro­fi­ter des pro­mo­tions «spé­cial Ra­ma­dan». Ache­ter un pack de yaourt, de lait ou de pâtes à moi­tié prix me per­met­tra de bien gé­rer le bud­get que j’ai ré­ser­vé pour af­fron­ter les grandes dé­penses de ce mois saint», ex­plique en­core cette cliente au mi­lieu d’une file d’attente, at­ten­dant son tour pour payer ses achats. Con­trai­re­ment à ces consom­ma­teurs qui pré­fèrent s’ap­pro­vi­sion­ner d’une grande quan­ti­té d’ali­ments et de pro­duits, d’autres ont adop­té un autre mode de vie et un autre com­por­te­ment tout à fait dif­fé­rent. Pour ceux et celles qui vivent seuls, no­tam­ment les cé­li­ba­taires ou les étu­diants qui pour­suivent en­core leurs études à l’uni­ver­si­té et qui doivent pas­ser les pre­miers jours du mois de Ra­ma­dan dans les foyers uni­ver­si­taires, ils se dé­brouillent pour ef­fec­tuer leurs achats, rai­son­na­ble­ment et en pe­tite quan­ti­té. Et pour évi­ter l’en­com­bre­ment et les longues files d’attente de­vant les caisses, ces der­niers choi­sissent de se rendre aux ma­ga­sins pen­dant la ma­ti­née. «A ces heures, gé­né­ra­le­ment, les ma­ga­sins ne connaissent pas une grande af­fluence de consom­ma­teurs. Je peux donc me pro­cu­rer tout ce dont j’ai be­soin, no­tam­ment les ali­ments ba­siques, pour pré­pa­rer le dî­ner du soir. Je n’ai pas be­soin d’une grande quan­ti­té de pro­duits pour pré­pa­rer un fes­tin ! Et je ne com­prends d’ailleurs pas cette at­ti­tude ab­surde qu’adoptent les Tu­ni­siens, sur­tout pen­dant les pre­miers jours du mois saint !», s’ex­clame Sen­da, en­core étu­diante. Et d’ajou­ter : «Avant-hier, j’ai vi­si­té la grande sur­face de mon quar­tier pour faire quelques courses. J’ai quit­té le ma­ga­sin im­mé­dia­te­ment sans rien y ache­ter, car le grand nombre de per­sonnes qui at­ten­dait de­vant la caisse était tout sim­ple­ment in­des­crip­tible. Je me suis di­ri­gée vers l’épi­ce­rie la plus proche de chez moi. C’est plus simple et moins stres­sant».

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