Un re­tour en ar­rière ?

Après le vi­rus du Nil oc­ci­den­tal, la pré­sence du mous­tique Tigre a été éga­le­ment si­gna­lée.

La Presse (Tunisia) - - LA UNE - I.H.

La Tu­ni­sie risque-t-elle de tom­ber de son pié­des­tal dans le do­maine de la san­té? Nous sommes, en ef­fet, en train d’ob­ser­ver ces der­niers temps une ré­émer­gence in­quié­tante de ma­la­dies qu’on croyait éra­di­quées et qui ré­ap­pa­raissent au­jourd’hui comme par ma­gie mais qui ne sont en fait que le ré­sul­tat d’une mul­ti­tude de fac­teurs ex­ternes et in­ternes : chan­ge­ments cli­ma­tiques, manque de moyens, laxisme des au­to­ri­tés lo­cales… En l’in­ter­valle de quelques se­maines, nous avons en­ten­du par­ler du cho­lé­ra, de la pré­sence du vi­rus du Nil oc­ci­den­tal qui peut cau­ser des ma­la­dies neu­ro­lo­giques graves chez l’être hu­main et main­te­nant on parle même de la pré­sence in­quié­tante du mous­tique Tigre qui a été si­gna­lé par le Dr Ali Bouat­tour, mé­de­cin vé­té­ri­naire et chef de ser­vice d’en­to­mo­lo­gie à l’ins­ti­tut Pas­teur de Tu­nis. Des foyers de ce mous­tique, vec­teur de trans­mis­sion de plu­sieurs ma­la­dies tro­pi­cales à l’ins­tar de la Dengue ou du Chi­kun­guya, au­raient, en ef­fet, été lo­ca­li­sées dans des zones iso­lées. Si ces foyers ne sont pas trai­tés à temps, ce mous­tique risque de prendre la re­lève après le vi­rus du Nil oc­ci­den­tal et cau­ser l’ap­pa­ri­tion de symp­tômes graves chez les ci­toyens qui ha­bitent à proxi­mi­té de ces zones. Le Dr Ali Bouat­tour n’est pas le seul à ti­rer la son­nette d’alarme. Le 11 oc­tobre der­nier, le Centre tu­ni­sien de la san­té pu­blique (as­so­cia­tion) s’est fen­du d’un com­mu­ni­qué dans le­quel il s’in­quiète du dé­clin ac­tuel de la Tu­ni­sie dans le do­maine de la lutte contre les ma­la­dies endémiques et né­gli­gées alors que, du­rant plus de deux dé­cen­nies, notre pays s’est tar­gué de s’être construit une ré­pu­ta­tion so­lide et s’être même po­si­tion­né en pion­nier dans le monde afri­cain et arabe en ma­tière de pro­grammes de lutte contre les fléaux endémiques. Il y a lieu de rap­pe­ler à ce pro­pos que les trois der­nières dé­cen­nies ont consti­tué l’âge d’or de la Tu­ni­sie au cours des­quelles le pays a no­tam­ment réus­si à éli­mi­ner des ma­la­dies comme la bil­har­ziose ou le pa­lu­disme. Au­jourd’hui, l’épée de Da­mo­clès pèse sur ces ac­quis qui sont sé­rieu­se­ment me­na­cés. Il est temps de se re­prendre pour ne pas perdre le lea­der­ship si dif­fi­ci­le­ment ac­quis dans le do­maine de la lutte contre les ma­la­dies et les fléaux endémiques et qui a été construit grâce au long tra­vail de four­mi réa­li­sé par les pré­dé­ces­seurs qui se sont suc­cé­dé à la tête des ins­ti­tu­tions pu­bliques oeu­vrant dans le do­maine de la san­té.

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