Rap­pro­che­ment pos­sible avec les mou­ve­ments an­ti-trump

La pro­po­si­tion du dé­pu­té Fa­la­hat-pi­sheh est ju­gée comme re­flé­tant un po­ten­tiel re­vi­re­ment dans la po­si­tion des conser­va­teurs sur l’at­ti­tude à adop­ter à l’égard des Amé­ri­cains

La Presse (Tunisia) - - INTERNATIONAL -

AFP — Un res­pon­sable conser­va­teur ira­nien s’est dit fa­vo­rable à un dia­logue avec des «mou­ve­ments an­ti­trump» aux Etats-unis, a rap­por­té sa­me­di un jour­nal, une dé­cla­ra­tion per­çue comme une évo­lu­tion de la po­si­tion des conser­va­teurs en Ré­pu­blique is­la­mique.

Les conser­va­teurs en Iran sont gé­né­ra­le­ment hos­tiles à la po­li­tique du pré­sident mo­dé­ré Has­san Ro­ha­ni, no­tam­ment sa vo­lon­té de rap­pro­che­ment avec les Oc­ci­den­taux, en tête des­quels les Etats-unis, pays avec le­quel l’iran n’en­tre­tient pas de re­la­tions di­plo­ma­tiques de­puis 1980. Mais la si­tua­tion éco­no­mique et fi­nan­cière de l’iran pré­oc­cupe les res­pon­sables po­li­tiques de­puis le ré­ta­blis­se­ment en août des sanc­tions amé­ri­caines à la suite du re­trait en mai des Etats-unis de l’ac­cord nu­cléaire conclu en 2015 avec les grandes puis­sances. Fa­rou­che­ment hos­tile au pou­voir en Iran, l’ad­mi­nis­tra­tion de Do­nald Trump pré­voit de ré­ta­blir dé­but no­vembre une deuxième sé­rie de sanc­tions vi­sant spé­ci­fi­que­ment le sec­teur éner­gé­tique ira­nien. «L’amé­rique n’est pas Trump», a af­fir­mé Hesh­ma­tol­lah Fa­la­hat-pi­sheh, dé­pu­té conser­va­teur à la tête de la puis­sante com­mis­sion par­le­men­taire des Af­faires étran­gères et de la sé­cu­ri­té na­tio­nale, se­lon le quo­ti­dien ré­for­ma­teur Ar­man.

Il convient donc, se­lon lui, que «l’iran crée des liens avec des mou­ve­ments an­ti-trump aux Etats-unis». Pour Meh­di Mo­ta­har­nia, un ana­lyste po­li­tique ba­sé à Té­hé­ran, la pro­po­si­tion de M. Fa­la­hat-pi­sheh est «très si­gni­fi­ca­tive» puis­qu’elle re­flète un po­ten­tiel re­vi­re­ment dans la po­si­tion des conser­va­teurs sur l’at­ti­tude à adop­ter avec les Amé­ri­cains. «Cette po­si­tion est ex­pri­mée par un conser­va­teur, alors que des membres de cette fac­tion avaient trai­té le mi­nistre des Af­faires étran­gères Ja­vad Za­rif de traître pour avoir né­go­cié avec les Etats-unis», a rap­pe­lé l’ex­pert, ci­té par le quo­ti­dien ré­for­ma­teur Ham­de­li.

«Mais main­te­nant nous n’avons plus de telles ré­ac­tions quand le chef de la com­mis­sion des Af­faires étran­gères et de la sé­cu­ri­té na­tio­nale pro­pose des né­go­cia­tions», a-t-il ajou­té.

M. Ro­ha­ni n’avait ces­sé de faire les frais des at­taques des ul­tra­con­ser­va­teurs, qui ont vu dans la dé­non­cia­tion de l’ac­cord de Vienne par les Etats-unis, la preuve, a pos­te­rio­ri, du bien-fon­dé de leur mé­fiance vis-à-vis de l’oc­ci­dent.

En août der­nier, le guide su­prême ira­nien Ali Kha­me­nei a écar­té tout es­poir de dia­logue avec Wa­shing­ton mais il a dans le même temps cri­ti­qué ceux qui ont ap­pe­lé au dé­part de M. Ro­ha­ni, af­fir­mant qu’«ils font le jeu des en­ne­mis».

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