La nour­ri­ture bou­dée par les élèves

La Presse (Tunisia) - - SOCIÉTÉ - Mo­ha­med Sa­lem KECHICHE

Fade et in­si­pide, la nour­ri­ture ser­vie lors du re­pas de mi­di dans cer­taines cantines sco­laires offre un mo­ment déses­pé­rant pour de nom­breux élèves contraints à res­ter dans leur éta­blis­se­ment toute la jour­née

Que sert-on à man­ger dans les cantines sco­laires ? Cette ques­tion ta­raude l’es­prit de bon nombre de pa­rents dont les en­fants sont obli­gés de prendre leur re­pas sur place pour de nom­breuses rai­sons. Beau­coup ont du mal à ava­ler le re­pas de mi­di qu’on leur sert et qui est loin d’être ap­pé­tis­sant. Au­jourd’hui, ils sont de plus en plus nom­breux à cri­ti­quer la mau­vaise qua­li­té des re­pas ser­vis dans les cantines sco­laires de fa­çon gé­né­rale. Quand on ap­prend que ce­la concerne éga­le­ment les cantines pri­vées, on en dé­duit qu’il y a un vrai pro­blème !

Re­pas in­si­pides

Ali M. est un col­lé­gien de treize ans ins­crit dans un éta­blis­se­ment sco­laire pri­vé à Mu­tuel­le­ville. Il ra­conte l’amer­tume et le dé­goût qui s’em­parent de lui les jours où il doit se ré­soudre à dé­jeu­ner au sein de l’en­ceinte sco­laire. Ce­la concerne no­tam­ment le mar­di et le jeu­di étant don­né que per­sonne ne peut ve­nir le ré­cu­pé­rer pour ren­trer chez lui. Il narre son désar­roi : «Comme beau­coup de per­sonnes, ma seule op­tion c’est d’al­ler à la can­tine car la ca­fé­té­ria qui sert des sand­wichs est uni­que­ment ré­ser­vée aux ly­céens. Tou­te­fois, ce­ci ar­rive seule­ment quel­que­fois car il m’ar­rive par­fois de ren­trer man­ger à la mai­son à rai­son de deux fois par se­maine. Le pro­blème c’est qu’il n’y a pas for­cé­ment de choses bonnes à man­ger. Il n’y a pas as­sez de goût avec un manque de sel, un manque d’épices. Si bien que quand je sors de la can­tine, j’ai en­core faim». Qu’est-ce qu’on sert en gé­né­ral à la can­tine ? Il re­prend : «Sou­vent de la soupe est ser­vie sur­tout en hi­ver mais qui a plus l’as­pect de l’eau qu’autre chose !». Il af­firme que 90% de ses ca­ma­rades de classe par­tagent son avis et boudent en ma­jo­ri­té les plats ser­vis, ob­jet de toutes les raille­ries pour dé­tendre l’am­biance maus­sade. Il ar­rive même à cer­tains de ses ca­ma­rades de vo­mir à pro­fu­sion à cause d’une in­toxi­ca­tion ali­men­taire. « La nour­ri­ture est froide, fade, in­odore et sans sa­veur. De sur­croît on nous sert ra­re­ment de la viande mais sur­tout du pou­let cuit à l’eau. Il est beau­coup trop cuit. C’est comme si on mor­dait dans une se­melle de chaus­sure. Après s’être re­froi­di, il ne fait que dur­cir da­van­tage. Bref ma prin­ci­pale source nu­tri­tive, c’est le pain». S’agis­sant du des­sert, là aus­si il y a des re­proches à faire. Les des­serts pro­po­sés sont trop gras et su­crés.

Il faut ad­mettre que cer­taines cantines coûtent cher sous pré­texte qu’elles consti­tuent un abri sûr pour les en­fants qui sont en sé­cu­ri­té au sein de leur éta­blis­se­ment. Il consomme réel­le­ment pour le prix d’un di­nar par re­pas alors que les pa­rents payent huit di­nars en moyenne par re­pas. Une si­tua­tion af­fli­geante qui n’a pas l’air de sou­le­ver po­lé­mique.

Les re­pas ser­vis dans cer­taines cantines ne sont pas du goût des élèves

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