Du nou­veau pour les en­tre­prises ex­por­ta­trices non ré­si­dentes

Les opé­ra­teurs du sec­teur in­for­mel se­ront in­té­grés dans le sys­tème fis­cal à des condi­tions fa­vo­rables

La Presse (Tunisia) - - ACTUALITÉS -

Le pro­jet de loi de fi­nances 2019 pré­voit de sup­pri­mer pro­gres­si­ve­ment le ré­gime fis­cal pré­fé­ren­tiel aux en­tre­prises ex­por­ta­trices non ré­si­dentes (off­shore), en ma­tière d’im­pôt sur le re­ve­nu et d’im­pôt sur les so­cié­tés, se­lon le mi­nistre des Fi­nances, Rid­ha Chal­ghoum.

Cette me­sure s’ins­crit dans le cadre de la ré­ponse aux de­mandes des mi­nistres des Fi­nances de l’union Eu­ro­péenne pour re­ti­rer la Tu­ni­sie de la liste noire des pa­ra­dis fis­caux, a-t-il af­fir­mé dans une dé­cla­ra­tion à l’agence TAP en marge d’une séance d’au­di­tion à la com­mis­sion des fi­nances, de dé­ve­lop­pe­ment et de la pla­ni­fi­ca­tion à L’ARP.

En dé­cembre 2017, les mi­nistres des Fi­nances de L’UE ont clas­sé la Tu­ni­sie dans la liste noire des pa­ra­dis fis­caux, pour plu­sieurs rai­sons dont les avan­tages fis­caux ac­cor­dés aux en­tre­prises ex­por­ta­trices non ré­si­dentes. Se­lon Chal­ghoum, la Tu­ni­sie de­meure en­core clas­sée dans la liste grise. Le 25 oc­tobre der­nier, le chef de la Dé­lé­ga­tion eu­ro­péenne avait an­non­cé lors de sa ren­contre avec le pré­sident Bé­ji Caïd Es­seb­si, que L’UE a dé­ci­dé de re­ti­rer la Tu­ni­sie de la liste noire.

L’im­pôt sur les so­cié­tés im­po­sé ac­tuel­le­ment aux en­tre­prises ex­por­ta­trices non ré­si­dentes est de 10%, alors que ce taux est de 35% pour les en­tre­prises sou­mises au ré­gime «on­shore». Les en­tre­prises ex­por­ta­trices non ré­si­dentes étaient au­pa­ra­vant exo­né­rées dans le cadre du ré­gime pré­fé­ren­tiel. Se­lon les dis­po­si­tions du pro­jet de loi de fi­nances 2019, la sup­pres­sion de ce ré­gime fis­cal, pour les nou­velles en­tre­prises créées à par­tir du 1er jan­vier 2019, se­ra ap­pli­quée sur les re­ve­nus et bé­né­fices réa­li­sés par les en­tre­prises concer­nées à par­tir de cette date. Quant aux en­tre­prises opé­rant jus­qu’au 31 dé­cembre 2018, cette sup­pres­sion por­te­ra sur les re­ve­nus et bé­né­fices réa­li­sés à par­tir du 1er jan­vier 2021 et dé­cla­rés en 2022 et les an­nées sui­vantes. Des dis­po­si­tions de tran­si­tion se­ront ré­ser­vées à ces en­tre­prises pour bé­né­fi­cier du ré­gime fis­cal pré­fé­ren­tiel sur les re­ve­nus et bé­né­fices réa­li­sés jus­qu’au 31 dé­cembre 2020.

D’autre part, le pro­jet de loi de fi­nances pour 2019 com­porte une me­sure en fa­veur des opé­ra­teurs du sec­teur in­for­mel et des mé­tiers pré­caires afin de les in­té­grer dans le sys­tème fis­cal à des condi­tions fa­vo­rables et leur per­mettre ain­si de bé­né­fi­cier des ser­vices de la sé­cu­ri­té so­ciale et de pen­sion de re­traite ul­té­rieu­re­ment.

Cette me­sure ne vise pas seule­ment la mo­bi­li­sa­tion des res­sources fis­cales au pro­fit de l’etat, mais plu­tôt à ga­ran­tir une cou­ver­ture so­ciale à ces per­sonnes, leurs en­fants et leurs fa­milles, a dé­cla­ré le mi­nistre des Fi­nances, Rid­ha Chal­ghoum, à l’agence TAP, en marge d’une séance d’au­di­tion te­nue jeu­di, par la com­mis­sion des fi­nances, du dé­ve­lop­pe­ment et de la pla­ni­fi­ca­tion re­le­vant de l’as­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple (ARP) . L’ar­ticle 40 du pro­jet de loi de fi­nances pour 2019 per­met­tra à ces per­sonnes n’ayant pas de lo­caux pour exer­cer leur mé­tier d’ob­te­nir des pa­tentes à des condi­tions sim­pli­fiées, a-t-il dit, af­fir­man qu’il ne leur se­ra pas exi­gé, dé­sor­mais, de contrat de lo­ca­tion aux ser­vices des recettes fi­nan­cières.

«Il nous im­porte au­jourd’hui de prendre en consi­dé­ra­tion les spé­ci­fi­ci­tés de cette ca­té­go­rie de po­pu­la­tion ac­tive et nous ne l’obli­ge­rons pas à payer de grandes sommes pour ef­fec­tuer leurs dé­cla­ra­tions fis­cales, puis­qu’elles n’ont pas des re­ve­nus fixes», a-t-il en­core dit. Ces per­sonnes ci­blées au­ront une pé­riode de grâce de trois ans, pour adhé­rer au sys­tème fis­cal et dé­po­ser des dé­cla­ra­tions à par­tir du 1er jan­vier 2019. Leur contri­bu­tion au paie­ment d’im­pôt sur le re­ve­nu an­nuel os­cil­le­ra entre 100 et 200 di­nars, se­lon les lieux de leur ins­tal­la­tion, avec exo­né­ra­tion d’im­pôts et de la TVA sur les re­ve­nus qu’elles ont eus avant l’an­née de la pre­mière dé­cla­ra­tion.

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