L’etat n’a pas cet ar­gent !

La Presse (Tunisia) - - ACTUALITÉS - M’ha­med JAIBI

A voir l’ac­tion syn­di­cale de­ve­nir un fac­teur d’in­éga­li­té sa­la­riale, voire un gé­né­ra­teur d’ar­ro­gance, de chan­tage et d’ex­tré­misme, ce­la de­vrait in­ci­ter le gou­ver­ne­ment à ré­agir avec d’au­tant plus de convic­tion et de fer­me­té

Le train conti­nu que prennent les re­ven­di­ca­tions sa­la­riales dans cer­tains sec­teurs dits «com­ba­tifs» a ap­por­té à ces ca­té­go­ries des avan­tages com­pa­ra­tifs qui prennent l’al­lure de pri­vi­lèges les fa­vo­ri­sant par rap­port au reste des ci­toyens. C’est là, il faut en être cons­cient, une autre forme d’in­jus­tice.

Car, en ces temps de crise mul­ti­forme, et alors que l’on en ap­pelle à la mo­dé­ra­tion et à la pa­tience, les Tu­ni­siens voient, dans leur écra­sante ma­jo­ri­té leur pou­voir d’achat dé­grin­go­ler. A l’ex­cep­tion sans doute d’une pe­tite ca­té­go­rie dif­fi­cile à cer­ner qui tire avan­tage du mar­ché pa­ral­lèle et de la contre­bande. La pro­blé­ma­tique des ac­quis gé­né­rés de par le pres­sing re­ven­di­ca­tif, se pose avec de plus en plus d’élo­quence dans de nom­breux do­maines d’ac­ti­vi­té qui fi­nissent par com­prendre que le syn­di­ca­lisme de­vient un atout concret pour les sa­la­riés des sec­teurs dits com­ba­tifs. Et l’exemple joue de plus en plus.

Pre­nons les exemples de l’en­sei­gne­ment se­con­daire et su­pé­rieur, des grèves mé­mo­rables y ont été me­nées et, ce qui est nou­veau depuis une di­zaine d’an­nées, cer­taines ont dé­bou­ché sur une per­tur­ba­tion des exa­mens et des ac­tions de ré­ten­tion des ré­sul­tats des élèves et étu­diants. Ce qui est in­ac­cep­table.

Or, face à cette ra­di­ca­li­sa­tion, les au­to­ri­tés pu­bliques ont fi­ni par se mon­trer, en fin de par­cours, tou­jours conci­liants. De sorte que dès qu’un mou­ve­ment est cou­ron­né par des ac­quis en fa­veur des sa­la­riés de la ca­té­go­rie, de nou­velles am­bi­tions re­montent en sur­face dans les es­prits. Et ça re­prend de plus belle. Le syn­di­cat du se­con­daire est al­lé le plus loin dans ce phé­no­mène de ra­di­ca­li­sa­tion et est même à l’ori­gine du ren­voi d’un mi­nistre pour­tant ré­pu­té com­pé­tent. Mais le chef du syn­di­cat, lui, tient bon et même fait la loi, de sorte qu’un nou­veau bras de fer me­nace l’ac­tuel mi­nistre. A voir l’ac­tion syn­di­cale de­ve­nir un fac­teur d’in­éga­li­té sa­la­riale, voire un gé­né­ra­teur d’ar­ro­gance, de chan­tage et d’ex­tré­misme, ce­la de­vrait in­ci­ter le gou­ver­ne­ment à ré­agir avec d’au­tant plus de convic­tion et de fer­me­té. Le pays n’a pas les moyens. Ni ceux de ré­pondre à tous les ca­prices syn­di­caux, ni sur­tout de sa­tis­faire tous ceux de deux ou trois sec­teurs en par­ti­cu­lier, tou­jours les mêmes. De la même ma­nière qu’il doit dire clai­re­ment qu’il n’a pas les moyens de ce nou­veau dé­dom­ma­ge­ment que L’IVD et ses sou­tiens veulent dis­tri­buer à des per­sonnes lé­sées sous l’an­cien ré­gime. Le gou­ver­ne­ment Cha­hed s’est pro­mis de faire en sorte que le pays soit re­mis sur les rails d’ici les élec­tions. Ce­la exige de la par­ci­mo­nie et de la ri­gueur, et que ceux que l’on a choyés ne soient plus ca­jo­lés da­van­tage. Car les fi­nances font dé­faut, alors que d’autres bouches sont ou­vertes.

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