Les Hou­this ne sont «pas sé­rieux»

C’est ce qu’af­firme à la presse Ra­na Gha­nem, membre de la dé­lé­ga­tion du gou­ver­ne­ment yé­mé­nite

La Presse (Tunisia) - - INTERNATIONAL -

AFP — Une re­pré­sen­tante du gou­ver­ne­ment yé­mé­nite a ac­cu­sé hier en Suède les re­belles hou­this de ne «pas être sé­rieux» dans la re­cherche d’un rè­gle­ment à la guerre dé­vas­ta­trice qui les op­pose depuis 2014.

Le gou­ver­ne­ment sou­te­nu par l’ara­bie Saou­dite sun­nite et la ré­bel­lion ap­puyée par l’iran chiite sont réunis près de Stock­holm pour des consul­ta­tions sous l’égide de L’ONU, une pre­mière depuis deux ans et de­mi. «L’ex­pé­rience dé­fi­nit les at­tentes et d’ex­pé­rience je di­rais que non, ils ne sont pas sé­rieux», a dé­cla­ré à la presse Ra­na Gha­nem, une membre de la dé­lé­ga­tion yé­mé­nite. «Mais notre es­poir (...) est d’ai­der à al­lé­ger les ten­sions et les souf­frances des Yé­mé­nites», a-t-elle ajou­té.

Toutes les ten­ta­tives pour mettre fin à la guerre qui dure depuis quatre ans ont jus­qu’ici échoué, alors que la si­tua­tion hu­ma­ni­taire au Yé­men, la pire du monde se­lon L’ONU, se dé­grade de jour en jour. En sep­tembre, des pour­par­lers de paix ont achop­pé sur le re­fus des né­go­cia­teurs hou­this de se rendre à Ge­nève sans ga­ran­ties sur leur voyage de re­tour vers Sa­naa et sur l’éva­cua­tion de re­belles bles­sés vers Oman.

Les consul­ta­tions en Suède ont été ar­ra­chées par l’en­voyé spécial de L’ONU pour le Yé­men, le Bri­tan­nique Mar­tin Grif­fiths, qui agit comme mé­dia­teur entre les deux par­ties.

Mme Gha­nem a confir­mé hier que les dé­lé­ga­tions ne s’étaient pas en­core ren­con­trées di­rec­te­ment mais avaient pu écha­nafp ger de fa­çon «in­for­melle» dans les sa­lons du centre de confé­rences où se tiennent les pour­par­lers.

Par­mi les dos­siers à l’étude fi­gurent la si­tua­tion éco­no­mique ca­tas­tro­phique du pays, l’ou­ver­ture de cor­ri­dors hu­ma­ni­taires, l’ap­pli­ca­tion d’un ac­cord sur l’échange de pri­son­niers conclu cette se­maine, la ré­ou­ver­ture de l’aé­ro­port de la ca­pi­tale Sa­naa et le contrôle de la ville por­tuaire de Ho­dei­da (ouest) par où tran­site l’es­sen­tiel de l’aide hu­ma­ni­taire.

Le gou­ver­ne­ment exige vai­ne­ment le re­trait in­té­gral des re­belles de ce port sur la mer Rouge qu’il les ac­cuse d’uti­li­ser pour im­por­ter des armes, théâtre d’in­tenses com­bats. «Le port doit re­tour­ner sous (le contrôle de) l’ad­mi­nis­tra­tion qui le di­ri­geait en 2014», avant sa conquête par les re­belles, a in­di­qué hier à L’AFP le mi­nistre des Af­faires étran­gères yé­mé­nite, Kha­led Al-yé­ma­ni. L’aban­don de Ho­dei­da «n’est pas à l’ordre du jour», avait pré­ve­nu ven­dre­di un né­go­cia­teur Hou­thi.

Les re­belles de leur cô­té de­mandent la ré­ou­ver­ture de l’aé­ro­port de la ca­pi­tale Sa­naa au tra­fic ci­vil. Les re­belles contrôlent l’aé­ro­port mais l’ara­bie saou­dite reste maître du ciel yé­mé­nite.

M. Yé­ma­ni a ex­pri­mé hier «la vi­sion» du gou­ver­ne­ment, en exil à Aden, de faire de cette grande ville du sud le prin­ci­pal aé­ro­port du pays.

Ra­na Gha­nem, membre de la dé­lé­ga­tion du gou­ver­ne­ment, le 8 dé­cembre 2018 à Rim­bo, en Suède

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