‘‘Le sa­lut de la Tu­ni­sie passe par le dé­ve­lop­pe­ment du ca­pi­tal in­ves­tis­se­ment’’

Ka­rim TRAD co­fon­da­teur d’afri­cin­vest

Le Manager - - Decryptage -

Co­fon­da­teur d’afri­cin­vest avec Ahmed Ab­del­ka­fi, Aziz Me­ba­rek et Ziad Oues­la­ti, le pion­nier du pri­vate equity tu­ni­sien, haut de ses vingt-deux ans de mé­tier, Ka­rim Trad a me­né de main de maître plu­sieurs tran­sac­tions de pri­vate equity au Magh­reb et dans la ré­gion d’afrique sub­sa­ha­rienne. Ka­rim Trad est ha­bi­té par l’idée que le ca­pi­tal-in­ves­tis­se­ment est une in­dus­trie à part en­tière, qu’il y a lieu de dé­ve­lop­per et ren­for­cer son rôle au­jourd’hui insuffisant dans le fi­nan­ce­ment de la créa­tion d’en­tre­prises et l’ac­com­pa­gne­ment des PME. Com­ment ? En uti­li­sant le le­vier ré­gle­men­taire et no­tam­ment fis­cal pour mettre en place un dis­po­si­tif in­ci­ta­tif, clair, stable et pré­vi­sible ain­si qu’une po­li­tique de fonds (au tra­vers de la CDC Tu­ni­sie), avec un ef­fet de le­vier de 1 pour 5 et d’en­traî­ne­ment des in­ves­tis­seurs pri­vés/ ins­ti­tu­tion­nels ( lo­caux et étran­gers), pour créer des fonds ré­gio­naux/sec­to­riels et thé­ma­tiques cou­vrant l’en­semble du cycle de vie de l’en­tre­prise (amor­çage, créa­tion, dé­ve­lop­pe­ment, re­tour­ne­ment, trans­mis­sion) et en­cou­ra­ger de nou­velles équipes de ges­tion et les ac­com­pa­gner jus­qu’à at­teindre une taille cri­tique.

Le ca­pi­tal in­ves­tis­se­ment joue un rôle proac­tif dans la ma­tu­ra­tion des PME, en fa­vo­ri­sant leur ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion et l’ali­gne­ment des

Seule­ment 5% des pro­jets re­çus passent le pre­mier filtre de sé­lec­tion au ni­veau des Fonds d’in­ves­tis­se­ment, a af­fir­mé Tha­meur Cha­gour. C’est gé­né­ra­le­ment un filtre tri­pède qui éva­lue le pro­mo­teur, son pro­duit – exa­mi­nant si le concept est suf­fi­sam­ment ma­ture – et fi­na­le­ment le mar­ché as­so­cié à ce pro­duit. Il y va sans dire que l’élé­ment prin­ci­pal reste le pro­mo­teur du pro­jet qui doit jus­ti­fier d’une mai­trise suf­fi­sante du concept, de la tech­no­lo­gie et du po­ten­tiel de son pro­jet, conso­li­dée par un es­prit en­tre­pre­neu­rial, une at­ti­tude de bon ges­tion­naire et, idéa­le­ment, une ex­pé­rience confir­mée dans le sec­teur d’ac­ti­vi­té.

En Tu­ni­sie, il faut tra­vailler sur la pré­pa­ra­tion des pro­mo­teurs. A ce titre, de vrais suc­cess sto­ries peuvent être source d’ins­pi­ra­tion sti­mu­lantes pour faire émer­ger des en­tre­pre­neurs à même de dé­ve­lop­per de nou­velles Suc­cess Sto­ries. En ma­tière de « pri­vate equity », les en­tre­prises peuvent se fi­nan­cer soit sous forme de ca­pi­tal, soit en re­cou­rant à la dette mez­za­nine par le biais no­tam­ment des obli­ga­tions conver­tibles en ac­tions (OCA) ou des ap­ports en compte cou­rant as­so­cié in­dexés sur la per­for­mance. Néan­moins, le re­cours à ces ins­tru­ments de qua­si fonds propres reste li­mi­té aus­si bien par la rè­gle­men­ta­tion que par les pra­tiques peu fa­vo­rables à ces ins­tru­ments. Tha­meur Cha­gour pré­cise que ces li­mites en­travent les fonds à op­ti­mi­ser l’al­lo­ca­tion de leurs res­sources. « Au­jourd’hui les so­cié­tés sont sous-ca­pi­ta­li­sées. Com­bler la to­ta­li­té de leurs be­soins en fi­nan­ce­ment par une in­jec­tion en ca­pi­tal est de na­ture à di­luer for­te­ment l’ac­tion­naire his­to­rique et à en­ta­mer sa mo­ti­va­tion. La so­lu­tion se­rait qu’une pro­por­tion soit af­fec­tée sous forme de ca­pi­tal et une autre en qua­si fonds propres », a-t-il pré­ci­sé. Il a af­fir­mé que cette me­sure s’avè­re­rait bé­né­fique pour toutes les par­ties pre­nantes. C’est dire qu’elle per­met

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