HIS­TOIRE D’EAU

C’est lors d’un ba­var­dage à la ri­go­lade qu’est née l’idée de Son­dos Eu­chi et son ma­ri. Tous les deux vou­laient s’ins­tal­ler à leur propre compte en in­ves­tis­sant dans une en­tre­prise. Une dis­cus­sion aux airs de lé­gè­re­té et quelques ta­po­te­ments plus tard sur

Le Manager - - Décryptage Actu De Mois -

Dans ma quête d’une idée de pro­jet qui soit la plus ap­pro­priée pour moi, j’ai dé­cou­vert celle du net­toyage à sec des voi­tures”. Son­dos Eu­chi, qui ne trou­vait ja­mais le temps de la­ver sa voi­ture, a op­té pour l’idée de dé­ve­lop­per un ser­vice de la­vage à do­mi­cile sur ré­ser­va­tion. Ce­lui-ci se fait à tra­vers une ap­pli­ca­tion hé­ber­gée sur plays­tore et par té­lé­phone pour les ha­bi­tués. Elle a es­ti­mé que ce­la pou­vait conve­nir à ses as­pi­ra­tions. Pe­tit bé­mol, com­ment convaincre que dans un cli­mat tel que le nôtre, où la pous­sière et la boue sont om­ni­pré­sentes, un la­vage à sec d’une voi­ture puisse don­ner des ré­sul­tats pro­bants. “L’idée, au dé­part, me pa­rais­sait dif­fi­cile à réa­li­ser en Tu­ni­sie, voire im­pos­sible ”, nous confie Son­dos Eu­chi. C’est alors qu’a com­men­cé la re­cherche du meilleur pro­duit à uti­li­ser. Une sé­lec­tion de faite et Son­dos Eu­chi opte pour la marque « Eco­touch », la plus re­com­man­dée sur la Toile. “Je me suis fiée à l’avis des uti­li­sa­teurs, qui sont les mieux pla­cés pour j uger de l’ef­fi­ca­ci­té du pro­duit. Nous avons donc dé­ci­dé de nous adres­ser au four­nis­seur le plus agréé, et je dois avouer que nous avons été agréa­ble­ment sur­pris» avoue-t-elle. En ef­fet, Son­dos Eu­chi constate qu’ils ont à faire au grand pa­tron de la marque pour conclure un ac­cord de par­te­na­riat. Les pré­mices de ce der­nier ont dé­mar­ré du bon pied et les af­faires pou­vaient alors fleu­rir. “Ain­si, il nous a en­voyé un kit en vue de tes­ter le pro­duit par nous-mêmes. Il s’est avé­ré que cer­taines fonc­tion­na­li­tés du pro­duit n’étaient pas adap­tées au mar­ché tu­ni­sien”, pré­cise-t-elle. En bonne oreille at­ten­tive, le par­te­naire stra­té­gique du couple a ré­pon­du po­si­ti­ve­ment en ap­por­tant les mo­di­fi­ca­tions sou­hai­tées sur le pro­duit. “Après ce­la, nous avons re­çu un kit du pro­duit mo­di­fié avec le­quel nous avons en­ta­mé notre ac­ti­vi­té”, sou­ligne Son­dos Eu­chi. Par la suite, nous avons es­sayé d’ana­ly­ser le pro­duit dans un la­bo­ra­toire de chi­mie et nous avons dé­ga­gé la for­mule. Au­jourd’hui, nous uti­li­sons un pro­duit 100% tu­ni­sien, bio­dé­gra­dable qui pro­tège l’en­vi­ron­ne­ment et uti­lise de pe­tites quan­ti­tés d’eau d’au­tant plus qu’il en­tre­tient la tôle de la voi­ture. Quelle po­li­tique com­mer­ciale adop­ter? Sur le plan de la com­mu­ni­ca­tion, il est d’usage d’éta­blir un plan de com­mu­ni­ca­tion sur tout nou­veau pro­duit, dans le but de le faire connaître et de ga­gner des parts de mar­ché. Dé­pour­vus de grands moyens mar­ke­ting, le couple fait ses pre­miers pas en ma­tière de com­mu­ni­ca­tion en re­cou­rant au fa­meux bouche-à-oreille. “D’abord nous nous sommes orien­tés vers nos amis, nos connais­sances, nos pa­rents, nos fa­milles etc. Pe­tit à pe­tit, le cercle des clients s’est agran­di, sur quoi notre par­te­naire nous a conseillé de pro­po­ser à la clien­tèle d’autres ser­vices tels que la vi­dange et le net­toyage de la ta­pis­se­rie des sièges de voi­ture. De fil en ai­guille, l’ac­ti­vi­té s’agran­dit et les clients de­viennent plus nom­breux”, dé­clare Son­dos Eu­chi. Le couple a fi­na­le­ment ou­vert une sta­tion-ser­vice où il dis­pense des ser­vices de la­vage et de vi­dange entre autres. Pour une évo­lu­tion et un dé­ve­lop­pe­ment de leur pro­jet, le couple en­vi­sage de s’in­ves­tir da­van­tage sur le plan du mar­ke­ting et de la com­mu­ni­ca­tion afin de dé­ve­lop­per la no­to­rié­té du pro­duit et de conqué­rir plus de clients. “Nous nous sommes lan­cés dans des opé­ra­tions de spon­so­ring sur les ré­seaux so­ciaux, de mar­ke­ting avec un par­te­naire ain­si que des opé­ra­tions de mar­ke­ting di­rect avec les grandes sur­faces”, confie-t-elle. “Convaincre les clients qu’un net­toyage à sec de leur voi­ture peut être ef­fi­cace n’est pas chose ai­sée. C’est la rai­son pour la­quelle nous avons été ame­nés au dé­but à of­frir nos ser­vices gra­tui­te­ment pour prou­ver l’ef­fi­ca­ci­té de nos pro­duits et que notre sa­voir-faire fonc­tionne”, étaye Son­dos Eu­chi. L’idée com­mence à plaire et à convaincre et concerne sur­tout des mé­de­cins, des pro­fes­seurs et par­ti­cu­liè­re­ment les per­sonnes qui n’ont pas le temps de se dé­pla­cer pour la­ver leur voi­ture. Nous avons éta­bli une con­ven­tion avec l’hô­pi­tal Sah­loul pour qu’on s’oc­cupe de leur parc au­to. Il y en au­ra d’autres cer­tai­ne­ment. Son­dos Eu­chi est très op­ti­miste quant à l’ave­nir de son en­tre­prise.

Vous ve­nez de lan­cer la deuxième phase de la cam­pagne “En­na­jem”, de quoi s’agit-il ? En fait, la cam­pagne “En­na­jem” qui est en cours s’ins­crit dans le cadre de l’axe édu­ca­tion à l’en­tre­pre­neu­riat et à la culture en­tre­pre­neu­riale du plan d’ac­tion de la stra­té­gie na­tio­nale à l’en­tre­pre­neu­riat. Cette cam­pagne a, en ef­fet, ados­sé une iden­ti­té par­ti­cu­lière avec la pro­mo­tion de l’en­tre­pre­neu­riat pour les femmes, et ce, dans le but d’avoir une ré­ponse adé­quate et spé­ci­fique à cette ca­té­go­rie de la po­pu­la­tion qui ren­contre des obs­tacles qu’il faut prendre en consi­dé­ra­tion et qu’il faut dé­pas­ser. La phase 3 de cette cam­pagne va dé­mar­rer dès le prin­temps pro­chain et va se concen­trer sur les di­plô­més de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle pour mettre en avant leurs ex­pé­riences en­tre­pre­neu­riales et leurs réus­sites. Cette stra­té­gie a, en ef­fet, pour ob­jec­tif d’ai­der à ré­ha­bi­li­ter l’image de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle dans notre so­cié­té et à lui rendre la consi­dé­ra­tion qui lui re­vient face à un sec­teur pri­vé qui se plaint sans cesse de l’ab­sence de main-d’oeuvre. Rendre ses lettres de no­blesse à la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle passe es­sen­tiel­le­ment par la ré­no­va­tion des fi­lières. En té­moigne le bud­get de l’ordre de 460 mil­lions de di­nars consa­cré au fi­nan­ce­ment de la ré­forme du dis­po­si­tif na­tio­nal de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle. Ce pro­jet se­ra réa­li­sé en par­te­na­riat avec l’union Eu­ro­péenne, l’agence Fran­çaise de Dé­ve­lop­pe­ment (AFD), l’al­le­magne et la Coo­pé­ra­tion Suisse.

Si vous nous pré­ci­siez un peu ? S’agit-il d’une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion ou des mé­ca­nismes qui vont être dé­ployés ? Il s’agit bien de l’une et de l’autre. C’est d’abord une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion où on a cher­ché quatre suc­cess sto­ries dans tout le pays pour la phase 2 d’en­na­jm. On a es­sayé de don­ner une autre image en al­lant cher­cher les bonnes pra­tiques et les bonnes ex­pé­riences. On vou­lait mon­trer aux per­sonnes in­té­res­sées que ces suc­cess sto­ries ont bé­né­fi­cié des mé­ca­nismes de l’etat, afin de les en­cou­ra­ger à ve­nir de­man­der nos ser­vices qui ont été mis en place pour leur fa­ci­li­ter la tâche. L’autre as­pect que nous vou­lons trai­ter c’est, en fait, ré­pondre à ce grand dé­fi qu’est le chô­mage des jeunes femmes di­plô­mées du su­pé­rieur. Ce sont, de sur­croît, des femmes qui ha­bitent dans les ré­gions dé­fa­vo­ri­sées et qui ne bé­né­fi­cient d’au­cune mo­bi­li­té.

Quelles sont les autres ac­tions pré­vues en termes d’édu­ca­tion en­tre­pre­neu­riale ? Dans ce même cadre concer­nant les ef­forts conju­gués dans la mise en place de la stra­té­gie na­tio­nale de l’en­tre­pre­neu­riat, le mi­nis­tère de l’en­sei­gne­ment Su­pé­rieur s’est, en ef­fet, char­gé d’as­su­rer des pro­grammes spé­ci­fiques à l’édu­ca­tion à la culture en­tre­pre­neu­riale. Ce pro­jet a pour ob­jec­tif de dé­ve­lop­per la vie com­mu­nau­taire au sein des uni­ver­si­tés et no­tam­ment toutes les ini­tia­tives qui sont prises par les étu­diants. Il vise aus­si à en­ri­chir le dé­bat au­tour de l’éco­sys­tème de l’en­tre­pre­neu­riat. Le mi­nis­tère de l’edu­ca­tion est éga­le­ment ac­tif dans ce même cadre en tra­vaillant sur un pro­gramme par­ti­cu­lier pour la ré­forme d’une par­tie de l’ap­proche pé­da­go­gique et la ré­in­tro­duc­tion de tous les ate­liers d’édu­ca­tion non for­melle en rap­port avec l’en­tre­pre­neu­riat. Ce pro­gramme in­ti­tu­lé « Edu­pre­neu­riat » va être lan­cé à la pro­chaine ren­trée sco­laire. Il pré­voit l’or­ga­ni­sa­tion d’un cer­tain nombre d’ac­ti­vi­tés par- ti­cu­lières qui vont avoir lieu dans des centres de for­ma­tion. En ma­tière de culture en­tre­pre­neu­riale, la so­cié­té ci­vile et le sec­teur pri­vé jouent un rôle tout aus­si im­por­tant, no­tam­ment dans les ré­gions. Leur im­pli­ca­tion rend plus réelles, plus vraies et plus proches les ex­pé­riences en­tre­pre­neu­riales. On s’ins­crit ain­si dans une ap­proche plus dé­mo­cra­tique et plus par­ti­ci­pa­tive.

Avez-vous pré­vu des so­lu­tions pour les pro­blèmes d’ac­cès au fi­nan­ce­ment ? A ce ni­veau, le mi­nis­tère de la For­ma­tion Pro­fes­sion­nelle et de l’em­ploi oeuvre en par­te­na­riat, d’une part, avec la Caisse des Dé­pôts et Con­si­gna­tions (CDC) et le mi­nis­tère des Nou­velles Tech­no­lo­gies qui a ré­ser­vé des fonds qui vont per­mettre le fi­nan­ce­ment des start-up. D’autre part, le mi­nis­tère, en col­la­bo­ra­tion avec la BTS, est sur le point de mettre en oeuvre un con­trat-cam­pagne qui per­met­tra à ceux qui passent par l’es­pace En­tre­prendre de l’agence Na­tio­nale pour l’em­ploi et du Tra­vail In­dé­pen­dant (ANETI) de bé­né­fi­cier d’une au­to­route pour l’ac­cès au fi­nan­ce­ment qui est dis­po­nible au sein de la BTS.

Quel est exac­te­ment le rôle de votre mi­nis­tère à ce ni­veau ? Notre rôle es­sen­tiel est d’être un fa­ci­li­ta­teur pour l’oc­troi d’un fi­nan­ce­ment se­lon les ré­gions. Les bé­né­fi­ciaires sont ceux qui s’en­gagent dans des pro­jets ayant pour ob­jec­tif de dé­ve­lop­per des chaînes de va­leur iden­ti­fiées par les di­rec­tions gé­né­rales. L’in­ter­ven­tion de notre mi­nis­tère à ce ni­veau per­met de re­mé­dier à ces dé­lais exor­bi­tants dans le trai­te­ment des dos­siers au sein des ins­ti­tuts fi­nan­ciers pu­blics. Dans le même cadre, la So­cié­té Tu­ni­sienne de Ga­ran­tie (SOTUGAR) est en train de pré­pa­rer un plan de ré­no­va­tion avec pour ob­jec­tif prin­ci­pal d’avoir un ou­til de fa­ci­li­ta­tion de l’ac­cès à un cré­dit pour les mi­cros et les pe­tites en­tre­prises, jus­qu’à 150 mille di­nars. La ga­ran­tie n’est plus exi­gée. Celle-ci est, en réa­li­té, un vrai frein à l’ac­cès au cré­dit, au fi­nan­ce­ment et même à l’ac­cès au fonds de rou­le­ment. Il s’agit d’un mé­ca­nisme de mise à dis­po­si­tion de res­sources fi­nan­cières pour le sau­ve­tage des PME qui en ont be­soin.

Quelle est la pro­ve­nance de ces fonds? Ces fonds pro­viennent, pour le mo­ment, de la BTS et de la BFPME. Les banques com­mer­ciales sont ap­pe­lées, éga­le­ment, à as­su­mer leurs res­pon­sa­bi­li­tés dans le fi­nan­ce­ment de ces PME puis­qu’elles bé­né­fi­cient de l’ac­cès à des lignes de cré­dit mises à leur dis­po­si­tion par des bailleurs de fonds ou des pays amis et par­te­naires comme l’union Eu­ro­péenne, la Banque Eu­ro­péenne d’in­ves­tis­se­ment (BEI), la France ou

Y a-t-il des me­sures qui fa­ci­litent l’ac­cès au mar­ché dans la stra­té­gie na­tio­nale de l’en­tre­pre­neu­riat? D’ici 2020, les mar­chés pu­blics et l’ex­por­ta­tion se­ront notre prio­ri­té en ma­tière de dé­ve­lop­pe­ment du mar­ché puisque l’etat de­meure le prin­ci­pal ache­teur. Pour plus de clar­té, je di­rais que le vo­let ex­por­ta­tion ne com­pren­dra pas uni­que­ment les po­li­tiques clas­siques à l’ex­por­ta­tion des so­cié­tés to­ta­le­ment ex­por­ta­trices et des so­cié­tés off­shore, il s’agit plu­tôt de la mise en place de tout un pro­gramme in­ti­tu­lé « Pri­mo Ex­port » qui s’in­té­resse aux pri­mo-en­tre­pre­neurs qui oeuvrent dans l’ar­ti­sa­nat, l’agri­cul­ture, le sec­teur di­gi­tal ou ar­tis­tique, im­pli­quant es­sen­tiel­le­ment le CEPEX et la SOTUGAR qui sont en train de pas­ser par des phases de re­struc­tu­ra­tion en ma­tière de fonc­tion­ne­ment et de res­sources hu­maines. Nous avons éga­le­ment en­ta­mé le pro­gramme de « La nou­velle gé­né­ra­tion d’en­tre­pre­neurs » en par­te­na­riat avec le mi­nis­tère de l’equi­pe­ment qui fait que l’etat consomme et achète dans un sec­teur en par­ti­cu­lier à tra­vers de nou­veaux pro­mo­teurs. Bien qu’il y ait une loi de 2004 qui spé­ci­fie clai­re­ment le fait que l’etat a l’obli­ga­tion de mettre à dis­po­si­tion au mi­ni­mum, chaque an­née, 20% du mar­ché pu­blic aux pri­mo et aux jeunes en­tre­pre­neurs, on n’en voit en­core au­cune trace et la loi n’est pas res­pec­tée.

Com­ment le vé­ri­fier ? Qui ga­ran­tit la re­de­va­bi­li­té du don­neur d’ordre pu­blic? Per­son­nel­le­ment, je conseille aux en­tre­pre­neurs de se re­grou­per dans des as­so­cia­tions pour la dé­fense de leurs droits. Parce qu’en fait, les lois, dont de­vraient bé­né­fi­cier les en­tre­pre­neurs exis­taient mais elles n’ont ja­mais été ap­pli­quées.

Votre mi­nis­tère est as­sez trans­verse, avez–vous ef­fec­tué des par­te­na­riats avec d’autres mi­nis­tères ? Nous avons ef­fec­tué des par­te­na­riats avec les mi­nis­tères pour per­mettre aux en­tre­prises qui leur sont sous tu­telle d’ex­ter­na­li­ser cer­taines ac­ti­vi­tés pour fa­vo­ri­ser la créa­tion de mi­cro-en­tre­prises. Ce genre d’ex­pé­rience per­met de dé­ve­lop­per un tis­su éco­no­mique dans les ré­gions et d’avoir un cer­tain nombre de so­cié­tés, d’en­tre­prises et de star­tup qui pro­posent des ser­vices dans leur ré­gion sans de­voir à chaque fois contrac­ter avec les grands noms connus des dif­fé­rents sec­teurs. L’ONAS, à titre d’exemple, a si­gné de nom­breuses conven­tions avec dif­fé­rents mi­nis­tères afin de leur four­nir de la maind’oeuvre moyen­nant un bud­get bien dé­fi­ni pour chaque opé­ra­tion. Faute de res­sources hu­maines spé­cia­li­sées, L’ONAS a sen­ti le be­soin de s’ex­ter­na­li­ser. C’est ain­si que 93 en­tre­prises ont vu le jour dans des spé­cia­li­tés di­verses telles que l’en­tre­tien, la ca­na­li­sa­tion, l’en­tre­tien des es­paces verts, la pu­ri­fi­ca­tion Gé­né­ra­le­ment les en­tre­pre­neurs se plaignent de la mul­ti­pli­ci­té des ad­mi­nis­tra­tions et des ac­teurs ? Ef­fec­ti­ve­ment, cette stra­té­gie com­prend éga­le­ment l’as­pect de la gou­ver­nance de l’en­tre­pre­neu­riat qui touche la ma­nière dont fonc­tionne l’etat, no­tam­ment sa po­li­tique pu­blique en ma­tière d’en­tre­pre­neu­riat. Il est, en ef­fet, es­sen­tiel de s’ac­cor­der sur le manque de co­or­di­na­tion et par­fois même de l’in­co­hé­rence et du double em­ploi dans cer­taines ad­mi­nis­tra­tions. D’où la né­ces­si­té de la créa­tion d’une pla­te­forme col­la­bo­ra­tive pour la ré­or­ga­ni­sa­tion des tâches. Cette pla­te­forme se­ra un ou­til ac­ces­sible, no­tam­ment aux ci­toyens, en tant que source d’in­for­ma­tions. En iden­ti­fiant les prin­ci­pales ins­ti­tu­tions dans notre do­maine dont l’es­pace En­tre­prendre, L’ANETI, L’API, L’APIA, les centres d’af­faires re­la­tifs au mi­nis­tère de l’in­dus­trie, les pé­pi­nières d’en­tre­prises, les tech­no­pôles, les cy­ber-parcs, la BTS, la BFPME et la CDC, on par­vient à cer­ner la tâche pré­cise de chaque ac­teur pour qu’ils soient tous au même ni­veau de l’in­for­ma­tion et dans une même lo­gique col­la­bo­ra­tive.

Com­bien d’an­nées va du­rer ce pro­jet ? Tous ces pro­jets pu­blics sur les­quels on tra­vaille doivent être clô­tu­rés à l’ho­ri­zon de 2020. D’ailleurs, dans notre plan d’ac­tion nous avons des in­di­ca­teurs qui ont été spé­ci­fiés et notre ob­jec­tif est tra­cé sur quatre an­nées. En ef­fet, l’exemple de la France qui souf­frait, il y a quelques an­nées, de l’in­fla­tion ad­mi­nis­tra­tive et d’un trop-plein de vis-à-vis est le plus proche du cas tu­ni­sien. La France a fi­ni par trou­ver la so­lu­tion : créer un la­bel, la « French Touch » et un éco­sys­tème. Cet exemple réus­si nous per­met réel­le­ment de dy­na­mi­ser l’éco­sys­tème en­tre­pre­neu­rial en Tu­ni­sie et d’en faire bé­né­fi­cier tous les ac­teurs que ce soit des « Men­tors », des « Bu­si­ness An­gels », des as­so­cia­tions, des ONG, des par­te­naires tech­niques in­ter­na­tio­naux ou des bailleurs de fonds. Pour dy­na­mi­ser l’éco­sys­tème en­tre­pre­neu­rial tu­ni­sien, il faut un en­ga­ge­ment fort de l’etat et un en­ga­ge­ment po­li­tique des ins­ti­tu­tions pour pou­voir exis­ter, ce qui va per­mettre de mo­bi­li­ser de l’ar­gent.

Un mes­sage ou un mot de la fin ? Je suis contente d’ob­ser­ver, de­puis l’an­née der­nière, ce grand dy­na­misme sur la ques­tion de l’en­tre­pre­neu­riat. Tout le monde en parle : les mi­nis­tères, la so­cié­té ci­vile et no­tam­ment les mé­dias. Je suis éga­le­ment convain­cue que cette po­li­tique n’est pas li­mi­tée dans le temps mais elle dé­passe de loin les simples consi­dé­ra­tions conjonc­tu­relles. Etre dans une lo­gique en­tre­pre­neu­riale per­met no­tam­ment de chan­ger la vi­sion que nous avons de nous-mêmes, ren­force la confiance en nous-mêmes et en nos propres ca­pa­ci­tés et sti­mule la force d’ac­tion qu’on peut se don­ner à soi-même en tant qu’in­di­vi­du dans un Etat en­ga­gé dans un réel pro­ces­sus de dé­mo­cra­ti­sa­tion.

Glo­bal En­tre­pre­neur­ship Mo­ni­tor ( GEM) Wo­men’s Re­port, pour me­su­rer quoi au juste ? Dans le­dit rap­port, l’en­tre­pre­neu­riat fé­mi­nin est ap­pré­hen­dé à tra­vers deux in­dices. D’abord, le Taux d’ac­ti­vi­té En­tre­pre­neu­riale des femmes, qui cor­res­pond au pour­cen­tage de femmes dans la po­pu­la­tion adulte qui créent leur en­tre­prise. Il s’agit d’en­tre­pre­neures nais­santes: po­pu­la­tion ayant dé­mar­ré une nou­velle en­tre­prise mais qui n’a pas en­core payé de sa­laires du­rant plus de trois mois, ou de nou­veaux en­tre­pre­neures qui di­rigent une en­tre­prise ré­cem­ment créée, en ac­ti­vi­té de­puis 3 à 42 mois. En­suite, ce taux est com­pa­ré à ce­lui des hommes. Ce deuxième in­dice per­met de mettre en va­leur les écarts entre les genres.

Re­gard gé­né­ral : un constat plu­tôt op­ti­miste Fait si­gni­fi­ca­tif ! Le TEA fé­mi­nin a pro­gres­sé de 10% ! Dans le monde, les femmes se­raient plus nom­breuses à créer leur en­tre­prise. Autre fait mar­quant dé­ga­gé, l’écart entre hommes et femmes, lui, s’est ré­duit de 5%. Ain­si, par rap­port au der­nier rap­port pu­blié en 2015, ce ne sont pas moins de 163 mil­lions de femmes qui ont lan­cé leur en­tre­prise et 111 mil­lions de femmes di­rigent des en­tre­prises éta­blies. Se­lon Don­na Kel­ley, co-au­teure du rap­port et pro­fes­seur au Bab­son Col­lege, “ce­la montre non seule­ment l’im­pact gran­dis­sant exer­cé par les femmes en­tre­pre­neures à tra­vers le monde, et sou­ligne éga­le­ment leur contri­bu­tion à la crois­sance et au bie­nêtre de leur so­cié­té. Les femmes en­tre­pre­neures four­nissent des re­ve­nus à leur fa­mille, des em­plois dans leur com­mu­nau­té et des pro­duits et ser­vices qui ap­portent une va­leur ajou­tée au monde qui les en­toure.»

Le TEA fé­mi­nin de la Tu­ni­sie, su­pé­rieur à plu­sieurs pays eu­ro­péens ! Le che­min est en­core long pour l’en­tre­pre­neu­riat fé­mi­nin made in Tu­ni­sia ! Le TEA qui s’éta­blit à 5.3% est bien en de­çà de la moyenne mon­diale même s’il est su­pé­rieur à ce­lui de plu­sieurs éco­no­mies dé­ve­lop­pées d’eu­rope, sa­chant qu’il est de l’ordre de 3.1% en Al­le­magne, de 3.4% en France et de 3.8% en Nor­vège. L’AL­le­magne, quant à elle, dé­tient le TEA le plus faible sur les 74 pays. Le score le plus éle­vé étant ob­ser­vé en Afrique Sub­sa­ha­rienne, au Sé­né­gal, avec un score de 37%. Bien que l’en­tre­pre­neu­riat fé­mi­nin soit moins ré­pan­du en Eu­rope, le conti­nent se dis­tingue par une part plus im­por­tante de femmes di­plô­mées en­tre­pre­neures (22%) com­pa­rées aux hommes. Il est aus­si à no­ter que les ni­veaux de pa­ri­té les plus éle­vés en ma­tière d’ac­ti­vi­té en­tre­pre­neu­riale ne sont pas ob­ser­vés dans les pays les plus dé­ve­lop­pés. Ain­si, ce sont le Viet­nam, les Phi­lip­pines, le Sé­né­gal, le Mexique, l’in­do­né­sie et le Bré­sil qui fi­gurent en tête de pe­lo­ton. Par contre, la Tu­ni­sie, avec l’egypte, la Tur­quie, la Jor­da­nie et le Li­ban, fait par­tie des pays où l’écart entre l’ac­ti­vi­té en­tre­pre­neu­riale des hommes et des femmes est le plus im­por­tant.

Les femmes sont plus in­no­vantes ! Sur l’en­semble des 74 éco­no­mies, les femmes en­tre­pre­neures ont une ca­pa­ci­té d’in­no­va­tion su­pé­rieure de 5% à celle

De­puis 2011, le PNUD s’est en­ga­gé aux cô­tés du gou­ver­ne­ment pour faire face à l’ur­gente pro­blé­ma­tique du chô­mage dans le Sud tu­ni­sien. Grâce à l’ap­pui du gou­ver­ne­ment ja­po­nais, en par­te­na­riat avec l’of­fice de Dé­ve­lop­pe­ment du Sud (ODS), et de­puis 2016, avec l’agence Na­tio­nale pour l’em­ploi et le Tra­vail In­dé­pen­dant (ANETI) et la Banque Tu­ni­sienne de So­li­da­ri­té (BTS), le PNUD a mis en place trois pro­grammes suc­ces­sifs d’ap­pui à la créa­tion d’em­plois en Tu­ni­sie : ap­pui au re­lè­ve­ment éco­no­mique, dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur pri­vé et co­hé­sion so­ciale pour une crois­sance in­clu­sive en Tu­ni­sie (2012-2013), créa­tion ac­cé­lé­rée d’em­plois et ap­pui à l’en­tre­pre­neu­riat (2014-2015), ren­for­ce­ment de l’éco­sys­tème en­tre­pre­neu­rial dans le Sud tu­ni­sien (2016-2017). En ca­pi­ta­li­sant sur les le­çons ap­prises et les bonnes pra­tiques de chaque pro­jet, un en­semble de connais­sances a été gé­né­ré, dans une op­tique d’amé­lio­ra­tion des ap­proches des pro­grammes ci­blant les femmes, en par­ti­cu­lier dans les ré­gions les plus dé­fa­vo­ri­sées.

et la bo­ni­fi­ca­tion genre ! En 2014, il a été consta­té, dans l’éva­lua­tion de leur dos­sier de pro­jet, que les femmes ont été pé­na­li­sées par des notes d’éva­lua­tion in­fé­rieures d’une moyenne de l’ordre de 18% par rap­port aux notes d’éva­lua­tion des hommes sur les élé­ments sui­vants : pos­si­bi­li­té de faire dé­mar­rer leur pro­jet juste après la sé­lec­tion, clar­té et co­hé­rence de l’ac­ti­vi­té, sec­teurs d’ac­ti­vi­tés et clar­té des élé­ments du mar­ché. La femme tend à être plus pé­na­li­sée dans ses choix d’ac­ti­vi­té. Adop­té par le pro­gramme En­na­j­jah Ma­chrouii, le « bo­nus » qui leur a été ac­cor­dé lors de la sé­lec­tion des dos­siers, a per­mis de por­ter les can­di­da­tures des femmes sé­lec­tion­nées à 60% (contre 40% de dos­siers dé­po­sés) lors de l’édi­tion 2015 du pro­jet. La même ap­proche a été éga­le­ment adop­tée lors de l’édi­tion 2016 de « En­na­j­jah Ma­chrouii » où le « bo­nus genre » (des points sup­plé­men­taires par dé­faut ac­cor­dés aux plans d’af­faires sou­mis par les femmes) a at­té­nué si­non neu­tra­li­ser les notes sous-éva­luées, qua­si sys­té­ma­ti­que­ment, des femmes par rap­port aux hommes, concer­nant tous les élé­ments d’ap­pré­cia­tion des plans d’af­faires. Ce­ci a éga­le­ment per­mis de ga­ran­tir une sé­lec­tion re­pré­sen­ta­tive (en pas­sant de 38% à 41%). C’est dire que la faible sur-re­pré­sen­ta­tion par rap­port à l’édi­tion 2014 est due à l’obli­ga­tion d’in­té­grer un fi­nan­ce­ment ban­caire dans le sché­ma de fi­nan­ce­ment pour la der­nière édi­tion, ce qui était op­tion­nel lors de la pre­mière.

Les femmes pé­na­li­sées dès la gé­né­ra­tion d’idée. Les femmes ont ten­dance à se can­ton­ner à des pro­jets peu in­no­vants dans des do­maines sa­tu­rés, des pro­jets de taille très mo­deste, ou en­core à des cré­neaux éco­no­mi­que­ment à faible va­leur ajou­tée. Au­tre­ment dit, des pro­jets dont la pé­ren­ni­té n’est pas as­su­rée, ou en­core à des dif­fi­cul­tés d’ac­cès au cré­dit. Un pro­gramme de for­ma­tion spé­ci­fique aux femmes axé sur la gé­né­ra­tion d’idées de pro­jets était donc iné­luc­table. Dans le pro­gramme “En­na­jah Fe­ker­ti”, lan­cé par le PNUD, 60 jeunes femmes ont bé­né­fi­cié d’un pro­gramme de ce genre. Cette ini­tia­tive semble avoir en­cou­ra­gé quelques femmes à se lan­cer. Et par­mi les so­lu­tions en­vi­sa­gées dans le fu­tur : la pos­si­bi­li­té de faire ap­pel à des ex­perts femmes pour ré­pondre aux chal­lenges spé­ci­fiques que peut re­pré­sen­ter le fait d’être une femme en­tre­pre­neure.

Les jeunes femmes di­plô­mées du su­pé­rieur se­raient-elles plus désa­van­ta­gées ? Un constat plu­tôt mé­mo­rable : on dis­pose de peu d’in­for­ma­tions sur les jeunes femmes di­plô­mées du su­pé­rieur, no­tam­ment lors­qu’il s’agit d’ac­ti­vi­té en­tre­pre­neu­riale ! Le mi­cro­cré­dit, cir­cuit gé­né­ra­le­ment em­prun­té pour ac­com­pa­gner les jeunes en­tre­pre­neurs, n’est sou­vent pas adap­té à cette po­pu­la­tion, pour­tant lar­ge­ment re­pré­sen­tée dans le pour­cen­tage de chô­meurs en Tu­ni­sie et dont la gé­né­ra­tion d’idées de pro­jet s’aligne peu aux sché­mas im­po­sés par le mi­cro­cré­dit. Ain­si donc, les mi­cro-fi­nan­ce­ments sont da­van­tage ap­pro­priés aux femmes is­sues des zones ru­rales, avec un ni­veau d’ins­truc­tion pri­maire ou se­con­daire, pour ce qui est des ré­gions du Sud, où les femmes pré­sen­tant des ac­ti­vi­tés de com­merce pour le pé­ri-ur­bain des grandes villes. D’un autre cô­té, les jeunes femmes di­plô­mées ont un faible ac­cès aux pro­grammes de fi­nan­ce­ment ou aux ser­vices de fi­nan­ce­ment tout court (en ma­tière d’en­ve­loppe de cré­dits of­ferte par la BTS, 80% sont des­ti­nés aux hommes et 20% aux femmes, tous ni­veaux d’édu­ca­tion confon­dus). Se­lon les ac­teurs lo­caux, il y au­rait une “spé­ci­fi­ci­té fé­mi­nine” dans les de­mandes de fi­nan­ce­ment pour créer son en­tre­prise : les femmes sont plus fri­leuses ! Elles ap­pré­hendent plus que les hommes l’idée de cré­dit. Et si elles dé­cident de le faire, elles de­mandent un mon­tant plus faible que les hommes, ce qui n’aide pas à la réus­site et à la pé­ren­ni­sa­tion du pro­jet

Nom­breuses à suivre les pro­grammes de for­ma­tion mais ça s’ar­rête là! “70%/30%” vs “30%/70%. Que peuvent bien ré­vé­ler ces chiffres ? Il s’agit d’un pa­ra­doxe consta­té au ni­veau d’un des gou­ver­no­rats où les for­ma­tions CEFE (Créa­tion d’en­tre­prise et For­ma­tion En­tre­pre­neu­riale) sont sui­vies par 70% de femmes et 30% d’hommes, alors que les dos­siers ob­te­nant l’ac­cord de fi­nan­ce­ment par la suite sont ré­par­tis 30% pour les femmes et 70% pour les hommes, confir­mant ain­si l’uti­li­té de pré­voir un mé­ca­nisme de fi­nan­ce­ment spé­ci­fique sous forme d’amor­çage, don ou rem­bour- Pro­gramme de for­ma­tion vs pro­gramme d’ac­com­pa­gne­ment. Alors que plus de 60% des bé­né­fi­ciaires des pro­grammes de for­ma­tion en en­tre­pre­neu­riat sont des femmes, elles ne re­pré­sentent qu’en­vi­ron 40% des dos­siers dé­po­sés pour les pro­grammes d’ac­com­pa­gne­ment aux jeunes por­teurs de pro­jets du PNUD. Quelques pistes is­sues des ob­ser­va­tions de l’équipe de pro­jet et de l’etude qua­li­ta­tive sur la vul­né­ra­bi­li­té des jeunes femmes di­plô­mées pour l’ac­cès à l’em­ploi et la pro­mo­tion de pro­jets dans les Gou­ver­no­rats de Mé­de­nine et Ta­taouine (CAWTAR) peuvent ex­pli­quer cette dif­fé­rence : les femmes di­plô­mées de l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur ou de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle sont sou­vent par­ties étu­dier loin de la mai­son, et se sont ha­bi­tuées à plus d’in­dé­pen­dance. Les pro­grammes de for­ma­tion re­pré­sentent donc une oc­ca­sion pour elles de s’éloi­gner de la mai­son. Pour les hommes, la né­ces­si­té de tra­vailler est plus ur­gente, ce der­nier étant tou­jours per­çu comme le ga­rant de la sta­bi­li­té fi­nan­cière du mé­nage. Les hommes ne peuvent donc pas se per­mettre le loi­sir de se for­mer !

De la concep­tion à la mise en oeuvre des pro­grammes : il faut écou­ter les ac­teurs lo­caux ! Culture, his­toire, men­ta­li­tés, be­soins, un en­semble de fac­teurs fai­sant que les cons­tel­la­tions éco­no­miques, so­ciales et cultu­relles dif­fèrent sen­si­ble­ment d’une ré­gion à l’autre. Une ap­proche par­ti­ci­pa­tive pour son­der les be­soins de la po­pu­la­tion lo­cale au­rait plus de suc­cès en agis­sant à un double ni­veau : adap­ter les pro­grammes d’ap­pui à l’en­tre­pre­neu­riat fé­mi­nin aux par­ti­cu­la­ri­tés de la po­pu­la­tion fé­mi­nine et ga­ran­tir la mo­bi­li­sa­tion des ac­teurs lo­caux, qu’il s’agisse d’ins­ti­tu­tions pu­bliques, d’or­ga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nelles, ou de la so­cié­té ci­vile. Il y a lieu de no­ter que les as­so­cia­tions des di­plô­més chô­meurs jouent un rôle dé­ter­mi­nant dans la mo­bi­li­sa­tion des jeunes et les femmes y sont très ac­tives. Ces struc­tures ga­gne­raient à être da­van­tage sen­si­bi­li­sées sur la culture en­tre­pre­neu­riale.

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