ENIGME ET MA­GIE DU CHIFFRE 3

Le Manager - - BILLET -

La plu­part des for­mules et autres dé­cla­ra­tions mar­quantes, aux­quelles nous sommes ré­gu­liè­re­ment confron­tées, res­pectent, d’une cer­taine ma­nière, la règle dite des trois, à ne pas confondre avec celle de trois. Dé­jà à l’école, dans les cours de ma­thé­mat iques, spé­ci­fi­que­ment en géo­mé­trie, l’on ap­pre­nait qu’il fal­lait au moins trois points pour dé­ter­mi­ner un plan fixe. Un peu plus tard il nous a été en­sei­gné que l’es­pace dans le­quel nous évo­luons, tout comme le vo­lume, se dé­fi­nit ou se cal­cule par trois di­men­sions, lon­gueur, lar­geur et hau­teur, et que la nature conte­nait 3 règnes, mi­né­ral, vé­gé­tal, ani­mal Avec des études un peu plus pous­sées, l’on ap­prend, plus tard, que se­lon un prin­cipe fon­da­men­tal des dé­mo­cra­ties, il y a sé­pa­ra­tion des pou­voirs, qui sont au nombre de trois, le lé­gis­la­tif, l’exé­cu­tif et le ju­di­ciaire. Mais mis à par les études il y a aus­si le vé­cu. Rap­pe­lons-nous que le slo­gan de la ré­vo­lu­tion, en 2011, por­tait sur trois re­ven­di­ca­tions: Tra­vail, Li­ber­té et Di­gni­té. Cette même ré­vo­lu­tion a même réus­si à faire évoluer les de­vises de la Ré­pu­blique, qui étaient au nombre de trois suc­ces­si­ve­ment; Ordre, Li­ber­té, Jus­tice, à quatre, (une autre ré­vo­lu­tion), en y in­cluant la Di­gni­té pour être dé­cli­nées, comme ins­crit dans la Cons­ti­tu­tion de 2014, en: Li­ber­té, Di­gni­té, Jus­tice Ordre. L’on re­mar­que­ra, au pas­sage, que l’ordre, qui était en pole po­si­tion pré­cé­dem­ment, est pas­sé à la qua­trième place. Ce­ci, du reste, se re­flète bien à tra­vers la si­tua­tion ac­tuelle du pays. Res­tons donc, cette ex­cep­tion mise à part, dans notre règle des trois. Le sport lui-même n’y échappe pas. Dans ce­lui dit roi, le foot­ball, les équipes, sur le ter­rain, sont or­ga­ni­sées en trois lignes: at­taque, mi­lieu et dé­fense. Idem pour cer­tains sports de com­pé­ti­tion ou le top dé­part est don­né après l’énon­cé des trois chiffres 1,2 et 3 par­tez! Al­lez sa­voir pour­quoi s’être li­mi­té à trois plu­tôt qu’à 5 ou 10? En outre le rythme ter­naire dis­pose éga­le­ment d’une di­men­sion mé­lo­dique. Un nom ou un slo­gan, ba­sé sur la règle des trois, pré­sente par­fois quelque chose de chan­tant. Ain­si nous ne man­que­rons pas de nous rap­pe­ler ce slo­gan adop­té, par les sup­por­ters al­gé­riens, pour sou­te­nir leur équipe na­tio­nale, slo­gan dé­cli­né en an­glais, avec ce fa­meux « One, two Th­ree…» Dans un dis­cours, c’est la même chose. Il faut trois ar­gu­ments ou « idées­forces » pour convaincre ef­fi­ca­ce­ment. Un ou deux, c’est trop peu, faible même. Plus de cinq, c’est trop voire contre-pro­duc­tif, car en as­som­mant l’au­di­toire d’in­for­ma­tions, ce­lui-ci risque de sa­tu­rer et, au fi­nal, n’en re­te­nir pas grand chose. Tous les grands ora­teurs maî­trisent cette règle des trois et, dans leur im­mense ma­jo­ri­té, leurs in­ter­ven­tions, sont struc­tu­rées en trois temps. A pro­pos du temps ce­lui-ci se di­vise éga­le­ment en 3, à sa­voir le pas­sé, le pré­sent et le fu­tur et la jour­née est de même par­ta­gée en trois pé­riodes, le ma­tin, l’après-mi­di et le soir! L’on pour­rait éga­le­ment com­plé­ter par les trois âges de la vie, nais­sance, vie et mort, ou en­core la troi­sième voie tou­jours pré­sen­tée comme op­tion al­ter­na­tive. Et, si l’on veut ver­ser dans la rhé­to­rique, les nom et pré­nom mêmes de notre pré­sident est dé­cli­né en trois Be­ji Caid Es­seb­si. Etait-ce pré­mo­ni­toire? Tout ce­la n’est que constat et n’a, évi­dem­ment, rien de scien­ti­fique, il faut bien l’avouer. Des contra­dic­teurs avan­ce­ront, à rai­son, que ce n’est pas le seul chiffre à avoir cette pro­prié­té. Le chiffre 7 par exemple, pour cer­taines évi­dences, mé­ri­te­rait bien sa place. Ce­pen­dant le ci­toyen, comme le lec­teur, en ont été abreu­vé 23 an­nées du­rant, nous n’al­lons pas re­ve­nir là-des­sus sans risque de se voir trai­ter de nos­tal­gique, si ce n’est de pas­séiste.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.