Soit Cha­hed soit Ta­bou­bi !

Le Temps (Tunisia) - - PROXIMITE - Sal­ma BOU­RAOUI

Pacte de Car­thage ver­sion 2.0

Le re­pré­sen­tant de l’union pa­trio­tique libre (UPL) au sein de la Com­mis­sion tech­nique du pacte de Car­thage, Na­bil Se­baï, a dé­cla­ré que la deuxième ver­sion du Pacte de Car­thage a été fi­na­li­sée et qu’elle se­ra pré­sen­tée, de­main ven­dre­di, aux si­gna­taires (les par­tis po­li­tiques et les or­ga­ni­sa­tions na­tio­nales) pour une va­li­da­tion fi­nale.

Af­fir­mant que toutes les com­po­santes de la­dite Com­mis­sion ont fait des conces­sions pour fi­na­li­ser le do­cu­ment, Na­bil Se­baï a ex­pli­qué que les nou­velles prio­ri­tés éco­no­miques et so­ciales de­mandent un mi­ni­mum de cinq an­nées pour être exé­cu­tées alors que le gou­ver­ne­ment ac­tuel ne dis­pose plus que de vingt mois de tra­vail avant les pro­chaines élec­tions. Tou­jours se­lon l’in­té­res­sé, la re­struc­tu­ra­tion de l’ac­tuelle équipe gou­ver­ne­men­tale a été par­mi les points de dis­corde les plus im­por­tants ; après plu­sieurs re­ports, cette ques­tion au­rait fi­na­le­ment été ré­so­lue mer­cre­di der­nier.

De son cô­té, le re­pré­sen­tant du mou­ve­ment d’en­nahd­ha, l’éco­no­miste Rid­ha Ch­kan­da­li, a rap­pe­lé que le pré­sident de la Ré­pu­blique, Bé­ji Caïd Es­seb­si, a ré­cla­mé que le nou­veau do­cu­ment soit pré­sen­té de­vant les si­gna­taires sans au­cune di­ver­gence pour que les dis­cus­sions ne prennent pas trop de temps. Se­lon l’in­té­res­sé, la Com­mis­sion a réus­si à ré­soudre un grand point de di­ver­gence avec l’union gé­né­rale tu­ni­sienne du tra­vail (UGTT) re­la­tif aux conven­tions de 2011 por­tant sur des aug­men­ta­tions sa­la­riales que l’etat ne peut plus as­su­rer. Par ailleurs la ré­forme édu­ca­tive au­rait été aban­don­née vu la ten­sion qui conti­nue de pri­mer entre la Fé­dé­ra­tion gé­né­rale de l’en­sei­gne­ment se­con­daire et le mi­nis­tère de l’edu­ca­tion na­tio­nale.

Dans son édi­tion d’hier, le jour­nal Achaab a ren­du pu­blic les nou­velles me­sures éco­no­miques et so­ciales pré­vues par le nou­veau Pacte de Car­thage. Des prio­ri­tés pas très nou­velles puisque l’on y parle de la ré­forme des Caisses so­ciales, de la lutte contre la contre­bande et contre l’éva­sion fis­cale. La par­tie la plus in­té­res­sante du nou­veau do­cu­ment n’a pas été évo­quée et pour cause ; ce nou­veau do­cu­ment va dé­ter­mi­ner, une fois pour toute, le sort de Yous­sef Cha­hed et de son gou­ver­ne­ment.

Le se­cré­taire-gé­né­ral de L’UGTT, Nou­red­dine Tab­bou­bi, ne cache plus son jeu et ré­clame le dé­part im­mé­diat du gou­ver­ne­ment ou, au mi­ni­mum, il ap­pelle à la né­ces­si­té d’un im­por­tant re­ma­nie­ment mi­nis­té­riel pour mettre du sang neuf à la Kas­bah. De son cô­té, le pré­sident de la Ré­pu­blique ne se­rait pas très mo­ti­vé par un chan­ge­ment gou­ver­ne­men­tal à seule­ment vingt mois des pro­chaines élec­tions. Se­lon les bruits de cou­loir, la so­lu­tion du juste mi­lieu vien­drait du cô­té d’en­nahd­ha qui au­rait pro­po­sé de gra­der Yous­sef Cha­hed tout en l’obli­geant à s’en­ga­ger à ne pas se pré­sen­ter à la Pré­si­den­tielle de 2019. Une so­lu­tion qui n’est pas étrange au mou­ve­ment is­la­miste dont le chef, Ra­ched Ghan­nou­chi, a ap­pe­lé, en août 2017, le jeune chef du gou­ver­ne­ment à ne pas se pré­sen­ter à la­dite élec­tion. Un ap­pel qui, à l’époque, a été mal pris par Bé­ji Caïd Es­seb­si qui n’a pas man­qué d’y ré­pondre en af­fir­mant qu’il n’était pas au cou­rant d’une telle pro­po­si­tion.

Au­jourd’hui, et alors que la si­tua­tion éco­no­mique et so­ciale ap­proche dan­ge­reu­se­ment de la zone rouge, les es­prits sont ailleurs et tous les yeux sont ri­vés sur les élec­tions de 2019 : que ce­la soit du cô­té des deux présidents, des chefs de par­tis ou des di­ri­geants des or­ga­ni­sa­tions so­ciales, la ques­tion est claire : qui pla­ce­rons-nous à la tête de l’etat d’ici ces quelques pe­tits vingt mois ?

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