Quelle place pour les ci­né­mas du Sud ?

Le Temps (Tunisia) - - ARTS & CULTURE -

Les Jour­nées ci­né­ma­to­gra­phiques de Car­thage (JCC) 2018 se­ront ba­sées sur deux grands axes, l’un se rap­porte aux ci­né­philes et l’autre au choix des oeuvres par­mi les meilleurs films afri­cains et arabes, fruits d’un tra­vail de pros­pec­tion qui se fait très à l’avance", a dé­cla­ré Ne­jib Ayed, Di­rec­teur des JCC, mar­di, au cours d’un point de presse en marge du 71ème Fes­ti­val de Cannes.

Loin de vou­loir res­sem­bler à des Ac­com­pa­gné par Hi­chem fes­ti­vals comme Cannes ou Ber­lin, Bel­kham­sa et La­mia Gui­ga, res­pec­ti­ve­ment, les JCC gar­de­ront les bases sur di­rec­teur ar­tis­tique et dé­lé­guée les­quelles elles ont été créées en tant gé­né­rale des JCC, Ayed a que fes­ti­val ci­né­ma­to­gra­phique "très pré­sen­té l'orien­ta­tion de la 52ème spé­ci­fique, qui a été créé comme édi­tion des JCC, pré­vue du 3 au 10 rampe de lan­ce­ment des films afri­cains no­vembre 2018, qui am­bi­tionnent de et arabes". se po­si­tion­ner à l’in­ter­na­tio­nal en Pour l’an­née 2018, se­ra main­te­nu tant que ren­dez-vous ex­cep­tion­nel le choix de l’an­née pas­sée, mar­quée pour les créa­teurs et in­dus­triels dans par une pré­sence plus im­por­tante de le ci­né­ma. l’afrique, avec un fo­cus sur l’afrique du Sud. "L’afrique an­glo­phone, fran­co­phone et lu­so­phone se­ra en­core plus pré­sente en termes de films", d’après Ayed. La di­rec­tion des JCC cherche à pa­lier au manque consta­té au cours de la der­nière quin­zaine d’an­nées pour se di­ri­ger vers cette op­tion de vou­loir être aus­si un fes­ti­val du Sud qui essaye de ré­seau­ter entre les pro­fes­sion­nels du

Sud et du monde en­tier.

Se­ra éga­le­ment pour­sui­vie l’in­vi­ta­tion de cer­tains pays, une ini­tia­tive qui s’ins­crit dans la même lo­gique d’un fes­ti­val afri­cain et arabe et con­ti­nen­tal. Après les fo­cus sur l’al­gé­rie (Monde arabe), l’afrique du Sud (Afrique Subsaharienne), la

Co­rée du Sud (Asie) et l’ar­gen­tine

(Amé­rique La­tine), cette an­née, le fo­cus se­ra sur l’irak, "un pays arabe foi­son­nant avec une jeu­nesse ab­so­lu­ment fa­bu­leuse qui est en train de mon­ter à l’in­té­rieur comme à l’ex­té­rieur", se­lon l’ex­pres­sion de

Ayed.

Le fo­cus afri­cain se­ra sur le

Sé­né­gal, un pays de grande tra­di­tion fil­mique qui connait éga­le­ment une réelle dy­na­mique dans la pro­duc­tion et l’in­fra­struc­ture ci­né­ma­to­gra­phique.

Il s’agit d’un as­so­cié prin­ci­pal des

JCC de­puis sa créa­tion, puisque aux cô­tés de Ta­har Che­riaa, Os­mène

Sem­bène est consi­dé­ré comme étant le co­fon­da­teur de ce fes­ti­val, au­quel a été at­tri­bué le pre­mier Ta­nit d’or des JCC.

Le fo­cus sur l’asie se­ra dé­dié à l’inde, le plus gros pro­duc­teur de ci­né­ma au monde alors que pour l’amé­rique la­tine le fo­cus se­ra dé­dié au Bré­sil, ce grand pays d’ex­pres­sion lu­so­phone.

Pour Ne­jib Ayed , la plus grande fier­té des JCC, est que "c’est le doyen des fes­ti­vals arabes et afri­cains qui de­puis sa créa­tion en 1966 n’a ja­mais ra­té son ren­dez-vous, ni en terme d’an­nées ni en terme de jour­nées". Il a évo­qué un fes­ti­val ex­ces­si­ve­ment po­pu­laire don­nant un bi­lan de l’édi­tion pré­cé­dente qui a en­re­gis­tré 200 milles billets ven­dus en ré­seau dans près de 16 salles du

Grand Tu­nis et en pré­sence de près de 2 mil­lions de per­sonnes dans l’hy­per­centre de Tu­nis.

Cette grande affluence tra­duit une tra­di­tion dans l’his­toire de ce fes­ti­val qui a tou­jours drai­né les foules et conti­nue de sé­duire les an­ciennes comme les jeunes gé­né­ra­tions de ci­né­philes. En contre par­tie, cette grande affluence crée des sou­cis pour les or­ga­ni­sa­teurs, qui se trouvent confron­tés à des si­tua­tions où le pu­blic reste par­fois de­vant les salles combles.

Sans né­gli­ger les ac­quis du pas­sé, les JCC cherchent au­jourd’hui "à in­no­ver, ré­no­ver, al­ler plus loin et cher­cher des pistes dif­fé­rentes de celles sur les­quelles le fes­ti­val a tou­jours vé­cu".

Ce qui est ras­su­rant pour Ayed, est que l’an­née 2017 a été "très faste pour la pro­duc­tion arabe, afri­caine et tu­ni­sienne qui avait pré­sen­té un re­cord de 37 films de longs mé­trages et 41 films de courts mé­trages, ce qui est un mo­tif de fier­té pour la Tu­ni­sie".

La nou­velle Ci­té de la culture qui com­prend 6 salles de spec­tacles et 3 salles de ci­né­ma à la Ci­né­ma­thèque de­vra "per­mettre de mieux gé­rer le fes­ti­val et le désen­gor­ge­ment des

JCC" dont les cé­ré­mo­nies d’ou­ver­ture et de clô­ture au­ront lieu au théâtre de l’opé­ra de Tu­nis d’une ca­pa­ci­té d’ac­cueil de 1800 places.

Les JCC res­te­ront sur l’ave­nue

Bour­gui­ba et des na­vettes se­ront of­fertes pour les in­vi­tés du fes­ti­val entre l’ave­nue et la Cite de la culture, si­tuée à quelques mi­nutes de marche du coeur de la ville.

Un "fes­ti­val afri­cain, arabe et très con­ti­nen­tal"

"Ce que j’ai en­vie de faire pour les deux ou trois an­nées à ve­nir, est de faire en sorte qu’il y ait une vraie pla­te­forme ci­né­ma­to­gra­phique pro­fes­sion­nelle pour tout le monde", a dé­cla­ré Ne­jib Ayed, Di­rec­teur des Jour­nées ci­né­ma­to­gra­phiques de Car­thage (JCC) 2018 dans un point de presse don­né mar­di, sur le stand de la Tu­ni­sie au 71ème Fes­ti­val de Cannes.

Fo­rum la­ti­no-arabe et Car­thage pro aux JCC

En l’ab­sence d’une vé­ri­table pla­te­forme qui réunit les pro­fes­sion­nels de la ré­gion afri­caine et arabe, les JCC se lan­ce­ront dans une nou­velle ap­proche ce qui de­vra aus­si fa­vo­ri­ser ce choix se­ra le dé­bar­que­ment à Tu­nis du Fo­rum la­ti­no-arabe. Ha­bi­tuel­le­ment or­ga­ni­sé, tous les ans, à Mare Del Pal­ma en Ar­gen­tine, il se­ra à par­tir de cette an­née, or­ga­ni­sé an­nuel­le­ment en al­ter­nance, entre la Ca­pi­tale ar­gen­tine, Bue­nos Aires et Tu­nis.

Les sec­tions de "Car­thage Pro", pré­vues cette an­née les 5, 6 et 7 no­vembre en marge des JCC, fi­gurent dans les prio­ri­tés du di­rec­teur qui dit vou­loir "mettre toute notre éner­gie pour don­ner à notre fes­ti­val une di­men­sion en­core plus im­por­tante et in­ter­na­tio­nale". Même si le cô­té ci­né­phile de­meure as­sez im­por­tant aux JCC, la nou­velle orien­ta­tion mise sur la par­tie pro­fes­sion­nelle qui "doit être beau­coup plus im­por­tante que ce qu’elle est au­jourd’hui".

Son ob­jec­tif est de pas­ser d’un fes­ti­val "à 80% ci­né­phile et 20% pro­fes­sion­nel pour un fes­ti­val à 40%c consa­cré aux pro­fes­sion­nels et à l’in­dus­trie ci­né­ma­to­gra­phique, sans pour au­tant né­gli­ger le cô­té ci­né­phile".

Pour la ca­té­go­rie Car­thage Pro com­po­sée de 5 sec­tions, "il y a au­ra plus de tra­vail sur la sec­tion Pro­du­cers net­work, en es­sayant de mieux la dé­ve­lop­per, à l’ins­tar de ce qui existe dans d’autres fes­ti­vals comme ce­lui de Cannes". Cette sec­tion dé­diée aux pro­jets en dé­ve­lop­pe­ment ne les a jusque là ac­com­pa­gnés que sur le plan tech­nique, ex­per­tise et ré­seau­tage qui avait dans un pre­mier stade cou­vert les pro­jets des réa­li­sa­teurs, puis ceux des réa­li­sa­teurs et des pro­duc­teurs. "A par­tir de cette an­née, il y au­ra des bourses de dé­ve­lop­pe­ment qui de­vront per­mettre aux pro­jets sé­lec­tion­nés de mieux se po­si­tion­ner et es­sen­tiel­le­ment cher­cher des fi­nan­ce­ments ". La sec­tion Tak­mil se­ra aus­si ren­for­cée sur­tout que les pré­cé­dents films pas­sés par Tak­mil ont eu de la vi­si­bi­li­té aus­si bien dans les pays res­pec­tifs de leurs créa­teurs que dans de grands fes­ti­vals in­ter­na­tio­naux. Les Car­thage Talks qui sont des pa­nels de dis­cus­sions sur des seuls su­jets d’in­dus­trie aux­quels sont sé­lec­tion­nés tous les ans deux à trois su­jets sus­cep­tibles d’in­té­res­ser les pro­fes­sion­nels du film, à tra­vers la mise en re­la­tion des pro­fes­sion­nels afri­cains et arabes avec des ex­perts in­ter­na­tio­naux dans le ci­né­ma.

Il y au­ra aus­si une fixa­tion sur la sec­tion Confé­rences et celle des Mas­ter­class où des jeunes di­plô­més et ceux en­core en for­ma­tion sont mis en re­la­tion avec des ex­perts in­ter­na­tio­naux dont des réa­li­sa­teurs, pro­duc­teurs et cri­tiques, tel qu’à été le cas en 2017 avec l’in­vi­ta­tion de deux réa­li­sa­teurs de grand calibre, le Bur­ki­na­bé Gas­ton Ca­bo­ré et le Ja­po­nais Kat­suya To­mi­ta.

Cette nou­velle op­tion des JCC, in­ter­vient au mo­ment où cer­tains fes­ti­vals dans la ré­gion sont en train de disparaitre de l’agen­da ci­né­ma­to­gra­phique de cette an­née, à l’ins­tar du Fes­ti­val In­ter­na­tio­nal du film de Du­bai (DIFF), de­ve­nu un fes­ti­val bian­nuel. Ce que Ne­jib Ayed "qua­li­fie d’une mau­vaise nou­velle pour un fes­ti­val qui de­puis une di­zaine d’an­nées a per­mis aux réa­li­sa­teurs, pro­duc­teurs et les pro­fes­sion­nels en gé­né­ral d’avoir une pla­te­forme pro­fes­sion­nelle et qui n’au­ront pas d’autres al­ter­na­tives sur la ré­gion, arabe et afri­caine.

En vue de mettre les JCC sur les rails d’un fes­ti­val in­ter­na­tio­nal, mon­dia­le­ment connu, la dé­marche est de se lan­cer dans un tra­vail plus in­tense à par­tir de cette an­née, qui se­ra orien­té vers les pro­fes­sion­nels et l’in­dus­trie ci­né­ma­to­gra­phique.

En plus de sa vo­ca­tion afri­caine et arabe, les JCC se­lon Ayed est "un fes­ti­val du Sud mais qui est es­sen­tiel­le­ment très con­ti­nen­tal, qui réunit non seule­ment l’afrique et un zest mé­di­ter­ra­néen mais aus­si l’asie et l’amé­rique la­tine. "

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