Mise sur pied d’une pla­te­forme d’échanges

Le Temps (Tunisia) - - ARTS & CULTURE -

C’est à l’ini­tia­tive du Re­grou­pe­ment des Pro­fes­sion­nels des Arts et Culture d’afrique Cen­trale (RE.P.A.C) que s’est te­nue, cou­rant mars, la deuxième ren­contre cultu­relle Afrique du Nord/afrique

Lorsque l’on parle de re­la­tions nord-sud, on pense tout de suite aux re­la­tions entre «au nord» de la Mé­di­ter­ra­née et «au sud» de la Mé­di­ter­ra­née. Or, il existe un autre type de re­la­tions nord-sud. Ces re­la­tions sont conti­nen­tales, c’es­tà-dire entre le nord de l’afrique et sa par­tie subsaharienne. Bien que ces re­la­tions soient en­core clair­se­mées, elles existent bel et bien. Elles sont, avant tout, d’ordre po­li­tique et éco­no­mique.

Au ni­veau cultu­rel, ces re­la­tions laissent en­core à dé­si­rer car elles ne rentrent dans au­cun cadre. Ces re­la­tions se font lors de dif­fé­rents fes­ti­vals qui se dé­roulent sur notre conti­nent, et ce, plus dans d’autres pays afri­cains, comme, à titre d’exemple, au Bur­ki­na Fa­so avec le Fes­pa­co, au Sé­né­gal avec la Bien­nale de l’art afri­cain contem­po­rain (et dont la Tu­ni­sie est, cette an­née, in­vi­tée d’hon­neur), que chez nous –et de ce­la je m’en ex­pli­que­rais par la suite.

Ce­pen­dant, les choses pour­raient bien chan­ger à l’ini­tia­tive du Re­grou­pe­ment des Pro­fes­sion­nels des Arts et Culture d’afrique Cen­trale (RE.P.A.C). En ef­fet, ce re­grou­pe­ment a mis en route une ma­chine afin que les re­la­tions cultu­relles nord-afri­caines et afri­caines sub­sa­ha­riennes ne soient pas li­mi­tées à des évé­ne­ments cultu­rels ponc­tuels mais soient en per­pé­tuelle évo­lu­tion. Ain­si, lors du MASA 2018, à Abid­jan, la ca­pi­tale éco­no­mique ivoi­rienne, s’est te­nue la deuxième ren­contre cultu­relle Afrique du Nord/afrique subsaharienne, qui a per­mis à plus d’une cen­taine de par­ti­ci­pants en pro­ve­nance de 26 pays afri­cains (Tu­ni­sie com­prise), eu­ro­péens, et sud-amé­ri­cains, d’échan­ger afin de créer une pla­te­forme pour de meilleures re­la­tions entre le Maghreb et le reste de l’afrique. Car comme l’a si bien dé­cla­ré le Mo­zam­bi­cain Lup­wi­shi Mbuyam­ba, pré­sident de la ren­contre, la coo­pé­ra­tion Afrique du Nord et Afrique subsaharienne est un «su­jet subsaharienne, lors de la 10e édi­tion du Mar­ché des Arts du Spec­tacle d’abid­jan (MASA). La Tu­ni­sie était pré­sente à tra­vers Las­saad Ja­mous­si, Ha­fedh Za­lit et Yas­sine Ou­ni. dé­li­cat». In­ter­ve­nant, Las­saad Ja­mous­si, ex-di­rec­teur des JTC, a in­sis­té sur le fait que «les en­ga­ge­ments des Jour­nées théâ­trales de Car­thage de s’ou­vrir da­van­tage aux ar­tistes afri­cains par l’or­ga­ni­sa­tion de ren­contres pro­fes­sion­nelles à Tu­nis en 2016 avec la par­ti­ci­pa­tion de nom­breux opé­ra­teurs cultu­rels afri­cains tels que Wê­rèwê­rè Li­king avaient été en­tiè­re­ment res­pec­tés». Il a éga­le­ment sou­li­gné «la né­ces­si­té de don­ner de l’im­por­tance à la so­cié­té ci­vile et de mettre en place de struc­tures fortes au ni­veau de l’union Afri­caine».

Mais voi­là, ce qui était vrai pour les JTC 2016 ne l’ont plus été pour les JTC 2017 et c’est en­core à craindre pour les JTC 2018. Au­tant Las­saad Ja­mous­si a ou­vert les Jour­nées à l’afrique subsaharienne, au­tant le di­rec­teur des JTC 2017 et des JTC 2018, sui­vant un mau­vais conseiller, a to­ta­le­ment fer­mé la porte des Jour­nées théâ­trales de Car­thage à l’afrique subsaharienne. Les ar­tistes afri­cains sub­sa­ha­riens ont été consi­dé­rés comme une don­née in­fi­ni­té­si­male, alors que les JTC, de­puis leur créa­tion en 1983, sont un fes­ti­val ara­boa­fri­cain… Mal­heu­reu­se­ment, pen­dant que notre gou­ver­ne­ment met tout en oeuvre pour rap­pro­cher la Tu­ni­sie de l’afrique subsaharienne, des per­sonnes font tout ce qui est en leur pou­voir pour l’en éloi­gner… Es­pé­rons qu’avec la mise en place de la pla­te­forme

de coo­pé­ra­tion et d’échanges cultu­rels, cer­taines per­sonnes ré­tro­grades pour ne pas écrire ra­cistes chan­ge­ront de men­ta­li­tés.

Lors de cette deuxième ren­contre, deux axes ont été choi­sis : la mise sur pied, donc, d’une pla­te­forme informative avec ins­crip­tion des pro­fes­sion­nels et dif­fu­sion de l’in­for­ma­tion, et l’ani­ma­tion d’un pro­gramme d’ac­tions d’en­ver­gure pan­afri­caine.

Ar­té­rial Net­work «a ac­cep­té le prin­cipe de ser­vir de sup­port tech­nique en col­la­bo­ra­tion avec le RE.P.A.C», et plu­sieurs struc­tures se sont en­ga­gées «à ac­com­pa­gner la pla­te­forme en com­men­çant par le pro­ces­sus de mise en place». Las­saad Ja­mous­si est al­lé jus­qu’à pro­po­ser d’ac­cueillir des sta­giaires afri­cains dans di­vers do­maines de for­ma­tion dans le cadre d’échanges in­ter­uni­ver­si­taires.

Cette pla­te­forme n’est pas uni­que­ment d’ordre cultu­rel et ar­tis­tique puisque pour les ini­tia­teurs et toutes les per­sonnes qui y ont adhé­rée les re­tom­bées se­ront éga­le­ment me­su­rables sur les plans «éco­no­mique, tou­ris­tique et di­plo­ma­tiques de dif­fé­rents pays im­pli­qués».

Zou­hour HAR­BAOUI

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