Les taxes saou­diennes à l’ori­gine de la hausse

Le Temps - Tout le monde parle de la crise éco­no­mique et so­ciale, mais per­sonne ne fait rien pour ai­der à l’éra­di­quer, comme l’ont mon­tré le gas­pillage du mois de Ra­madhan et les dé­penses consen­tis en de­vises son­nantes et tré­bu­chantes, pour l’ac­com­plis­sem

Le Temps (Tunisia) - - LA UNE -

Le Temps - Tout le monde parle de la crise éco­no­mique et so­ciale, mais per­sonne ne fait rien pour ai­der à l'éra­di­quer, comme l'ont mon­tré le gas­pillage du mois de Ra­madhan et les dé­penses consen­tis en de­vises son­nantes et tré­bu­chantes, pour l'ac­com­plis­se­ment du rite du pè­le­ri­nage.

Aug­men­ta­tion des ta­rifs du pè­le­ri­nage

Le nombre des can­di­dats au pè­le­ri­nage n’a ces­sé d’aug­men­ter, mal­gré la hausse des coûts et qui s’élèvent cette an­née à 11.750 DT, contre 9.510 DT, l’an­née der­nière, et cette aug­men­ta­tion n’a dis­sua­dé per­sonne. Pour­tant, tous les can­di­dats au pè­le­ri­nage qui ont vu leur nom sor­tir de la lo­te­rie sont cer­tains d’avoir été ar­na­qués quelque part. D’ailleurs, pa­reilles oc­ca­sions sont pro­pices pour la spé­cu­la­tion, les pots-de-vins et les mal­ver­sa­tions.

Les taxes im­po­sées par les au­to­ri­tés saou­diennes sur l’en­semble des ser­vices sont à l’ori­gine de l’aug­men­ta­tion, cette an­née, du ta­rif du pè­le­ri­nage, a fait sa­voir le mi­nistre des Af­faires re­li­gieuses Ah­med Ad­houm.

Pré­si­dant, lun­di soir, à Kai­rouan, une cé­ré­mo­nie mar­quant la cé­lé­bra­tion de la nuit du des­tin, Ad­houm a as­su­ré que son dé­par­te­ment est tout à fait prêt pour la sai­son du pè­le­ri­nage 2018, louant les ef­forts four­nis par toutes les par­ties in­ter­ve­nantes pour réunir les meilleurs condi­tions de suc­cès du Ha­jj. " Le mi­nis­tère s’en­gage à tout mettre en oeuvre pour que la sai­son de pè­le­ri­nage 2018 puisse se dé­rou­ler dans les meilleurs condi­tions ", a-t-il pro­mis.

Alors qu’ils coû­taient 9510 en 2017, " les frais du pè­le­ri­nage pour la sai­son 2018 ont été fixés à 11710 di­nars ", avait an­non­cé le mi­nistre lors d'une confé­rence de presse. Sur un to­tal de 236672 can­di­dats ins­crits au pè­le­ri­nage, 10982 ont été re­te­nus pour ac­com­plir les rites du pè­le­ri­nage pour cette sai­son, a-t-il ajou­té, fai­sant état, à ce pro­pos, de l’aug­men­ta­tion du nombre des pè­le­rins pour cette an­née par rap­port à la sai­son pré­cé­dente.

Par ailleurs, Ad­houm a in­di­qué que les gui­chets consa­crés au pa­ra­chè­ve­ment des for­ma­li­tés de voyage vers les lieux saints se­ront ou­verts, à par­tir de mer­cre­di 20 juin 2018.

Pour­tant, il au­rait suf­fi de dé­pen­ser l’ar­gent des­ti­né au pè­le­ri­nage pour ve­nir en aide à des pauvres, à des han­di­ca­pés ou autres fa­milles dans le be­soin, pour que ce geste soit consi­dé­ré par Dieu comme un pè­le­ri­nage, se­lon les pré­ceptes du Co­ran.

Mais, les can­di­dats au pè­le­ri­nage n’ont pas la même concep­tion, puisque, pour eux, le Ha­jj, c’est la vi­site des Lieux Saints de l’is­lam et l’ac­com­plis­se­ment des rites qui s’en suivent.

Une cer­taine an­née, le Ma­roc a don­né l’exemple, avec l’ap­pel du roi re­la­tif au mou­ton du sa­cri­fice.

Au­jourd’hui, la Tu­ni­sie vit une si­tua­tion pire que celle du Ma­roc, lors de l’ap­pel… mais faut-il, en­core, que les ci­toyens soient convain­cus de la va­leur et de la no­blesse d’un geste qui peut rendre heu­reux des mil­liers de pauvres.

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