Les migrants de l’«aqua­rius» vont fi­na­le­ment dé­bar­quer en Es­pagne

Le Temps (Tunisia) - - LA UNE -

Mi­gra­tion

Les 629 migrants se­cou­rus en Mé­di­ter­ra­née par le na­vire « Aqua­rius » et blo­qués au large suite à un bras de fer entre l'ita­lie et Malte vont fi­na­le­ment pou­voir dé­bar­quer en Es­pagne, qui a pro­po­sé de les ac­cueillir, a an­non­cé, hier, L'ONG SOS Mé­di­ter­ra­née. Le centre de com­man­de­ment des se­cours de Rome « pla­ni­fie de trans­bor­der les res­ca­pés plus tard sur des na­vires ita­liens après quoi nous met­trons le cap en­semble sur Va­lence », a ajou­té L'ONG.

La dé­ci­sion es­pa­gnole d'ac­cueillir sur son ter­ri­toire les ré­fu­giés de l'aqua­rius pour­rait mettre un terme au bras de fer en­ga­gé ce week-end avec l'ita­lie et Malte, qui re­fu­saient de le lais­ser ac­cos­ter. « Des vivres se­ront li­vrés sous peu à l'aqua­rius par un na­vire ita­lien », a pré­ci­sé L'ONG sur Twit­ter ci­tée par L'AFP. Le centre de com­man­de­ment des se­cours de Rome « pla­ni­fie de trans­bor­der les res­ca­pés plus tard sur des na­vires ita­liens après quoi nous met­trons le cap en­semble sur Va­lence », a-t-elle ajou­té.

Le na­vire de SOS Mé­di­ter­ra­née, qui peut nor­ma­le­ment por­ter se­cours à 500 migrants, croise de­puis trois ans au large de la Li­bye, dé­bar­quant les migrants qu'il a sau­vé de la noyade en Ita­lie. Mais ce week-end, le nou­veau mi­nistre ita­lien de l'in­té­rieur, le pa­tron de la Ligue (ex­trême droite) Mat­teo Sal­vi­ni, à la ma­noeuvre de­puis le dé­but de cette crise en Mé­di­ter­ra­née, a re­fu­sé l'ac­cos­tage.

Ra­vi­taille­ment en nour­ri­ture pen­dant la nuit

L'es­pagne avait pro­po­sé d'ac­cueillir le na­vire mais les di­ri­geants de L'ONG SOS Mé­di­ter­ra­née qui af­frète le ba­teau ju­geaient que les condi­tions de sécurité ne sont pas réunies pour le me­ner jus­qu'à l'es­pagne. Malte avait ra­vi­taillé le na­vire en nour­ri­ture dans la nuit. L'ita­lie, qui a vu quelque 700 000 migrants dé­bar­quer sur ses côtes de­puis 2013, a ré­gu­liè­re­ment ac­cu­sé les Eu­ro­péens d'avoir dé­tour­né les yeux et de l'avoir lais­sée seule face à la crise mi­gra­toire.

Bien que les dé­ci­sions en ma­tière de droit d’ac­cos­tage d’un na­vire dans un port Ita­lien ap­par­tiennent à la fois au mi­nistre de l’’in­té­rieur et à ce­lui des Trans­ports - en l’oc­cur­rence Da­ni­lo To­ni­nel­li membre du Mou­ve­ment Cinq étoiles - on a sur­tout en­ten­du Mat­teo Sal­vi­ni et ses di­rec­tives mus­clées. Le mi­nistre de l’in­té­rieur s’est d’ailleurs dé­cla­ré « fier » du ré­sul­tat qu’il pense avoir ob­te­nu en fai­sant la grosse voix. C'est-à-dire faire bou­ger les par­te­naires eu­ro­péens, no­tam­ment l’es­pagne.

Sal­vi­ni veut bar­rer la route aux hu­ma­ni­taires

Mais son am­bi­tion, à peine voi­lée, in­dique notre correspondante en Ita­lie, Anne Le Nir, est de bar­rer dé­fi­ni­ti­ve­ment la route aux ONG hu­ma­ni­taires, qu’il ac­cuse de fa­vo­ri­ser le bu­si­ness des tra­fi­quants de migrants. En clair, les ports ita­liens ne se­raient ou­verts qu’aux ba­teaux mi­li­taires. D’ailleurs, un na­vire des gardes-côtes ita­liens qui trans­porte 937 migrants se­cou­rus ces der­nières heures au large de la Li­bye, dé­bar­que­ra à Ca­tane en Si­cile, ce soir ou de­main se­lon l’évo­lu­tion des condi­tions mé­téo­ro­lo­giques.

Des ré­fu­giés à bord de l'«aqua­rius»

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