Ils sont ve­nus, ils sont tous là…

Le Temps (Tunisia) - - LA UNE - Sa­mia HARRAR

Une réunion de fa­mille. Mais pas pour se dire adieu. Théo­ri­que­ment, c’est sur­tout pour mieux se re­trou­ver. Après s’être per­dus de vue ? Cha­cun a pu chaus­ser ses lu­nettes. A sa guise bien sûr ! Afin de re­lire au­tre­ment la par­ti­tion. D’autres, par contre, ont pré­fé­ré les en­le­ver. C’est plus com­mode pour ne plus voir ce qui dé­range. «Zap­per» ce qui fait tâche dans le pay­sage, sans avoir à s’en sen­tir gê­né. Aux en­tour­nures des mots, cha­cun fait son lit, et s’y couche. On a beau être Pré­sident, l’on n’en n’est pas moins hu­main pour au­tant. Jus­qu’à quel point ? Le point fi­nal. De der­rière les fa­gots, BCE, dans l’ar­mé­nie d’az­na­vour.

Il s’en est bien ti­ré, et, dans la fou­lée, Ma­cron s’est sur­pas­sé. Dans la dé­me­sure ? Tu­nis mé­rite bien une messe, et même une gé­nu­flexion. Des fois où, des fois que…, avec des si­gnaux vi­sibles, et d’autres qui pré­fèrent se ca­cher. Peu im­porte en tout cas, si c’est dans la même di­rec­tion qu’ils re­gardent, BCE et Ma­cron, si les in­té­rêts convergent, qui sont aus­si nos in­té­rêts, même si le linge du pays doit être la­vé en fa­mille, ac­cep­tons de chaus­ser les mêmes lu­nettes, pour ré­ap­prendre à es­pé­rer, en se ju­rant de gar­der le cap, à la ma­nière de Bour­gui­ba.

Le reste : les ar­ran­ge­ments de fa­çade comme ceux fa­çon­nés en cou­lisse, qui surfent sur les vagues maî­tresses comme d’autres en ont dans leur manche, lorsque les vents tournent pour cer­tains, s’ils ne tra­hissent pas les at­tentes, des hé­ri­tiers de Bour­gui­ba, dans le mot comme dans la lettre, alors, oui, nous ap­plau­di­rons à tout rompre, mais nous ne rom­prons pas le pacte avec notre in­time convic­tion : Bour­gui­ba avait, et a tou­jours rai­son.

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