Trump pro­met de pu­nir Ryad

Si le meurtre de Kha­shog­gi est avé­ré

Le Temps (Tunisia) - - LA UNE -

Do­nald Trump a dé­cla­ré sa­me­di à la chaîne CBS que les Etats-unis in­fli­ge­raient une «sé­vère pu­ni­tion» à l’ara­bie saou­dite s’il est confir­mé que le jour­na­liste dis­si­dent saou­dien Ja­mal Kha­shog­gi a été as­sas­si­né à l›in­té­rieur du consu­lat d›ara­bie saou­dite à Is­tan­bul.

Dans cette in­ter­view ac­cor­dée à l’émis­sion «60 mi­nutes» qui se­ra dif­fu­sée di­manche, le pré­sident amé­ri­cain ré­itère néan­moins son op­po­si­tion à une sus­pen­sion des ventes d’armes à Ryad en ex­pli­quant qu’il ne veut pas «pé­na­li­ser l’em­ploi» aux Etats-unis.

Do­nald Trump ne pré­cise pas quelle sanc­tion pour­rait être im­po­sée à l’ara­bie saou­dite si sa res­pon­sa­bi­li­té dans la dis­pa­ri­tion du jour­na­liste était éta­blie.

«Nous al­lons faire toute la lu­mière sur cette af­faire et il y au­ra une pu­ni­tion sé­vère», a-t-il dé­cla­ré.

Ja­mal Kha­shog­gi s’est exi­lé aux Etats-unis il y a un an, crai­gnant que ses opi­nions ne lui causent des re­pré­sailles. Il a quit­té l’ara­bie en sep­tembre 2017 quand les au­to­ri­tés l’ont sommé de ces­ser de s’ex­pri­mer sur Twit­ter.

Au cours de l’an­née écou­lée, il a écrit une sé­rie d’ar­ticles pu­bliés par le Wa­shing­ton Post, dans les­quels il dé­non­çait l’at­ti­tude de Ryad à l’égard du Qa­tar et s’in­di­gnait de la guerre au Yé­men, de la ré­pres­sion po­li­tique ou de la cen­sure.

A la ques­tion de sa­voir si le prince hé­ri­tier saou­dien Mo­ha­med ben Sal­man (MBS) pour­rait être im­pli­qué dans la dis­pa­ri­tion de Ja­mal Kha­shog­gi, Do­nald Trump a ré­pon­du à CBS: «Per­sonne ne le sait mais on pour­ra sans doute le dé­cou­vrir.»

«Nous se­rions très contra­riés et en co­lère si c’était le cas», a-t-il pré­ve­nu, ajou­tant que l’af­faire Kha­shog­gi était «sans doute d’au­tant plus» sen­sible qu’il s’agit d’un jour­na­liste.

Se­lon le jour­nal turc Sa­bah, des en­re­gis­tre­ments ef­fec­tués par Ja­mal Kha­shog­gi à l’aide de sa montre connec­tée pen­dant qu’il était à l’in­té­rieur du consu­lat laissent sup­po­ser qu’il a été tor­tu­ré et tué.

Ces in­for­ma­tions pu­bliées sa­me­di n’ont pas été confir­mées de source of­fi­cielle mais de nom­breux res­pon­sables oc­ci­den­taux, no­tam­ment amé­ri­cains, ont dé­cla­ré ces der­niers jours que les pre­miers élé­ments d’en­quête poin­taient vers la res­pon­sa­bi­li­té d’un com­man­do de 15 Saou­diens, dont un mé­de­cin lé­giste, qui ont fait un al­ler-re­tour de 48 heures à Is­tan­bul au mo­ment de la dis­pa­ri­tion du jour­na­liste. Même si l’im­pli­ca­tion de Ryad était confir­mée, Do­nald Trump n’en­tend pas re­mettre en cause les re­la­tions mi­li­taires entre les Etats-unis et l’ara­bie saou­dite, leur plus grand client en ma­tière de ventes d’armes.

«Je ne veut pas perdre une com­mande comme celle-là», a-t-il dit à CBS en ci­tant l’im­pact qu’au­raient des sanc­tions sur des en­tre­prises comme Boeing, Lock­heed et Ray­theon, ain­si que la concur­rence de la Rus­sie et de la Chine.

«Il y a d’autres fa­çons de pu­nir», a ajou­té le pré­sident amé­ri­cain sans éla­bo­rer.

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