Omer­ta…

Le Temps (Tunisia) - - LA UNE - Sa­mia HARRAR

Mus­ta­pha Khed­her im­pli­qué pour ho­mi­cide vo­lon­taire, dans l’af­faire de l’as­sas­si­nat de Mo­ha­med Brah­mi, aux cô­tés d’autres hauts faits d’armes avé­rés, sus­cep­tibles de lui va­loir, au moins, la per­pé­tui­té, c’est en­core un dé­tail de l’his­toire. Pour l’heure, ordre au­rait été don­né de noyer le pois­son en­core une fois, en stop­pant net, l’en­quête sur la « Chambre noire » et l’ap­pa­reil se­cret d’en­nahd­ha, pour ne pas dé­ran­ger en « haut lieu ». A sa­voir, la « tête » de la py­ra­mide de cette fi­liale de la Con­fré­rie des frères mu­sul­mans, cou­leur lo­cale, ain­si que com­plices et as­so­ciés.

Pour­tant, les choses sem­blaient avoir pris une tour­nure sé­rieuse, de­puis que l’en­quête a été of­fi­ciel­le­ment ou­verte au pôle de l’aoui­na, pour en­fin, per­mettre de li­vrer, avec le nom des com­man­di­taires, le fin mot d’une his­toire qui n’au­ra que trop du­ré. Il semble hé­las ! qu’il y a en­core, sur ce plan­là, de l’eau dans le gaz.

Du coup, c’est toutes af­faires ces­santes que la pro­cé­dure a été in­ter­rom­pue. Comme s’il n’y avait rien de plus urgent, que de cal­feu­trer en­core une fois portes et fe­nêtres, en s’ar­ran­geant pour perdre la clé dans la fou­lée, le temps que les né­go­cia­tions et autres mar­chan­dages en « sou­ter­rain », soient abou­ties, afin d’em­pê­cher toute vé­ri­té d’ad­ve­nir, et les cou­pables, d’être dé­si­gnés.

For­cé­ment, ça dé­range quelque part. Au­tre­ment, pour­quoi ter­gi­ver­ser, et em­pê­cher conti­nuel­le­ment, la jus­tice de suivre son cours, si l’en­jeu n’était pas ma­jeur, et les re­tom­bées à ve­nir, pour le moins consé­quentes ?

En­nahd­ha se­rait une ob­ses­sion, un bouc-émis­saire. Et puis quoi en­core ? Si le par­ti de Ra­ched Ghan­nou­chi n’a rien à voir dans cette af­faire, qu’il n’a ja­mais eu de chambre se­crète, qu’il n’a pas mains liées avec les as­sas­si­nats de nos mar­tyrs, qu’il n’a pas in­fil­tré tous les rouages de l’etat pour mieux as­seoir son as­sise, pour­quoi s’em­ploie-t-il à frei­ner à chaque fois, l’avan­cée de l’en­quête, et pour­quoi ses adhé­rents ré­agissent-ils tou­jours d’une fa­çon épi­der­mique et bru­tale, à chaque fois qu’il est ques­tion de le­ver le voile sur ce qui re­pré­sente, l’un des man­que­ments les plus graves à la sû­re­té de l’etat, com­mis par ceux qui sont re­ve­nus au-de­vant de la scène en 2011, sa­chant que par le pas­sé, leurs hauts faits d’armes contre ce même Etat, n’étaient pas, loin s’en faut, des plus exem­plaires ? La ré­ponse est dans la ques­tion. Il faut le­ver l’omer­ta avant de pas­ser à autre chose. La vé­ri­té n’at­tend pas.

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