a tout pro­blème com­plexe il existe une so­lu­tion simple et…fausse

L'Economiste Maghrébin - - Bloc-notes de -

Tout ce qui brille n’est pas de l’or, et avec Sha­kes­peare on l’a sou­vent ré­pé­té. Je ne suis pas sûr que ça brille vrai­ment en ce mo­ment pour En­nahd­ha et son nou­veau pou­lain Yous­sef Cha­hed, même si à Mont­plai­sir, on sa­voure et qu’à la Kas­bah, on prend des airs. Ain­si en ont dé­ci­dé nos ho­no­rables dé­pu­tés après leur vote de confiance à l’ARP. Dé­pu­tés du peuple ? J’ai en­vie de rire, sur­tout quand vous en­ten­dez dire un peu à la ma­nière d’un G.B.Shaw, qu’à tout pro­blème com­plexe il existe une so­lu­tion simple et… fausse… De­puis la ré­vo­lu­tion bé­nite, plus rien n’est évident dans ce pays. Je pen­sais très sin­cè­re­ment, comme beau­coup de gens d’ailleurs, que dans la fou­lée de la ré­vo­lu­tion, il suf­fi­sait d’être hon­nête et de croire qu’à tout pro­blème il ne pou­vait y avoir qu’une so­lu­tion juste ; j’ai été naïf ; j’ai pen­sé qu’après avoir été mal­me­née des an­nées du­rant, la ver­tu al­lait re­prendre son cours, et qu’entre le bien et le mal, le che­min était tout tra­cé. J’ai été en­core une fois naïf ; comme vous je sup­pose. C’était sans comp­ter avec tous ces im­pos­teurs de tout bord qui ont pris d’as­saut l’es­pace lais­sé va­cant et qui se sont trans­for­més, comme par en­chan­te­ment, en mi­li­tants de la pre­mière heure. Dans un désordre in­des­crip­tible, j’ai beau cher­ché la to­lé­rance, la gé­né­ro­si­té, la so­li­da­ri­té - la vraie -, l’al­truisme qui sied à une li­ber­té et à une di­gni­té re­trou­vées…je ne vois que cirque, aveu­gle­ment et mau­vaise foi. Com­ment vou­lez-vous être ras­su­rés, quand l’Etat doit se cris­per pour se faire obéir ? Mais où sont donc pas­sés les hommes de pa­role dans ce pays, il doit bien en exis­ter ! Que le gou­ver­ne­ment Cha­hed III ait pu pas­ser alors que cer­tains es­pé­raient une sur­prise voire un séisme po­li­tique, ce­la n’ho­nore guère ceux qui ont fait le coup. Après moult bruits et chu­cho­te­ments, on a fi­na­le­ment ac­cou­ché d’une créa­ture hy­bride qui sent à mille lieux l’en­tour­loupe et la su­per­che­rie ; et je le dis sans am­bages : ce que l’on vient de faire à la Kas­bah et à Mont­plai­sir avec le sou­tien agis­sant des op­por­tu­nistes de ser­vice, n’est rien d’autre qu’un fla­grant dé­lit d’abus de confiance. Li­vrer la Ré­pu­blique ci­vile à ses fos­soyeurs n’est ni plus ni moins qu’une faute en­vers une large ma­jo­ri­té du peuple tu­ni­sien. Une vé­ri­table OPA is­la­miste dont le pays au­ra du mal à se dé­faire si tant est il existe en­core une vo­lon­té de stop­per l’hé­mor­ra­gie. En­nahd­ha est bien par­ti pour gou­ver­ner le pays pen­dant cent ans, a dit un cer­tain Bo­rhane Bsaies, au­jourd’hui der­rière les bar­reaux… Je com­prends mieux que quel­qu’un comme Ma­brouk Kor­chid, le mi­nistre sor­tant des Do­maines de l’Etat, ait pu être re­mer­cié, même si tout le monde s’ac­corde à dire qu’il n’a point dé­mé­ri­té ; idem pour Faou­zi Ab­der­rah­mane éjec­té du mi­nis­tère de l’Em­ploi, comme si la ma­lé­dic­tion Afek avait fait son ef­fet ; il suf­fit de re­gar­der son com­père dis­si­dent Riadh Moua­kher… Je com­prends en­core mieux pour­quoi un Zied Laâd­ha­ri ait pu être main­te­nu, alors que tout le monde sait à quel point il a pu nuire à l’éco­no­mie du pays. Il est vrai que nous avons à faire à un mi­nistre qui, à l’ins­tar de son men­tor de cheikh, croit dur comme fer que si la Tur­quie est là où elle est, c’est bien parce qu’elle est gou­ver­née par des gens qui craignent Dieu… qui se rap­pelle en­core au­jourd’hui d’un cer­tain Faou­zi Ben Mrad ? Alors que l’em­pê­cheur de tour­ner en rond gît sous terre. A Mont­plai­sir, c’est jus­qu’où peut-on al­ler pour prou­ver à l’étran­ger plus qu’au bon peuple que plus que la cra­vate, c’est le bal­lon rond de­ve­nu ha­lal qui compte. On a vu Ghan­nou­chi dans les tri­bunes du stade olym­pique de Ra­dès, sans doute pour conju­rer le mau­vais sort. On di­ra que le mo­ment était pri­vi­lé­gié et la vic­toire de l’Es­pé­rance sur Al Ah­ly d’Egypte belle pour le mo­ral ; comme j’ai­me­rais voir les Tu­ni­siens com­mu­nier pour d’autres causes, d’autres ba­tailles, d’autres guerres… Au Ma­roc, on vient d’inau­gu­rer la pre­mière ligne TGV re­liant Tan­ger à Ca­sa­blan­ca. Long de 200 km, le tra­jet se fe­ra en 2H 10. Dans nos contrées, des lo­co­mo­tives com­plè­te­ment dé­glin­guées conti­nuent à sillon­ner le pays en toute tran­quilli­té sans qu’au mi­nis­tère du Tran­sport on s’en of­fusque ; et te­nez-vous bien, ces ma­chines d’un autre temps mettent près de trois heures, par­fois un peu plus, pour par­cou­rir les 140km qui sé­parent Sousse de Tu­nis…Là-bas, on ac­cé­lère, ici, on in­jecte des bar­bus sans barbe dans un mi­nis­tère de la San­té si­nis­tré pour mieux des­si­ner les contours de la Tu­ni­sie de de­main. J’ai même lu que les pi­lules contra­cep­tives avaient ten­dance à dis­pa­raître de la cir­cu­la­tion

Au Ma­roc, on vient d’inau­gu­rer la pre­mière ligne TGV re­liant Tan­ger à Ca­sa­blan­ca. Long de 200 km, le tra­jet se fe­ra en 2H 10. Dans nos contrées, des lo­co­mo­tives com­plè­te­ment dé­glin­guées conti­nuent à sillon­ner le pays en toute tran­quilli­té sans qu’au mi­nis­tère du Tran­sport on s’en of­fusque ; et te­nez-vous bien, ces ma­chines d’un autre temps mettent près de trois heures, par­fois un peu plus, pour par­cou­rir les 140km qui sé­parent Sousse de Tu­nis ...

au même titre que les autres moyens contra­cep­tifs… Une fa­çon de faire la nique à Bour­gui­ba en en­voyant aux Tu­ni­siennes et aux Tu­ni­siens le mes­sage sui­vant : co­pu­lez, pre­nez du plai­sir et dé­mul­ti­pliez-vous, Dieu vous le ren­dra. Comme par ha­sard, la pi­lule qu’on dit mi­ra­cu­leuse est dis­po­nible sur le mar­ché ; une fa­çon sin­gu­lière pour les mâles du pays en mal d’ins­pi­ra­tion d’ho­no­rer leurs en­ga­ge­ments de­vant l’éter­nel !

Mo­ha­med Faw­zi Blout An­cien am­bas­sa­deur

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